Cf. Giobbio, ouv. et t. cit., pp
Le concordat français de 1801 stipulait (art. 10) que les évéques, eu nommant aux cures, ne devaient choisir que des personnes agréées par le gouvernement. En Autriche régnait naguère, pour ces sortes de nominations, le droit de patronage ^ privé et césarien. Et, en vertu de ce droit, l'Empereur pouvait choisir et présenter à l'Ordinaire, parmi trois candidats ayant subi, sous l'œil de l'Evêque ou de ses représentants, l'examen d'aptitude, celui qu'il préférait ". Même privilège pour le roi d'Espagne, que l'Eglise autorise à lui désigner un nom sur une liste de candidats jugés préalablement dignes ^ En Prusse, par concession bienveillante de Léon XIIL et en vue d'assurer une révision plus satisfaisante des lois persécutrices, il fut statué que les évêques notifieraient au gouvernement l'acte de nomination des curés *. Que si le choix fait par l'autorité diocésaine donnait lieu à des objections, on les pesait et les discutait ; mais c'est Févêque, en dernier ressort, qui prononçait sur leur valeur.
Ce point est important ; il marque la prédominance essentielle et persévérante du pouvoir religieux, jusqu'en ses octrois de fa- A'eurs. Les paroles de Pie IX dans sa lettre du 30 juin 1857 ^ l'évêque de Rotenbourg '', valent pour tous les temps et pour tous les pays :
Remarquez bien, disait le Pape, que ce Siège apostolique, en permettant que l'on soumette à l'autorité séculière les noms des candidats aux cures, n'a
1. On appelle ainsi un régime spécial constitué par l'Eglise en faveur du fondateur ou du bienfaiteur insigne d'un bénéfice ecclésiastique. Parmi les droits octroyés au patron peut se trouver celui de présenter, pour la cure fondée, le nom d'un candidat jugé digne après examen. Le droit de présentation que l'Eglise accorde aux patrons est un acte de reconnaissance pour la protection et les faveurs reçues. Et si, d'une part, cette concession semble restreindre quelque peu l'exercice des droits de l'autorité ecclésiastique, d'autre part elle contribue, par la générosité qu'elle provoque ou qu'elle récompense, à assurer le service du Seigneur et la splendeur du culte. (Dictionnaire de théologie catholique, Vacant-Mangenot, t. III, col. 2443).