L'ACTION PONTIFICALE
Dans un corps bien organisé, la tête influe sur tous les membres.
Le Pape est le chef de l'Eglise, de l’Église une, indivisible, universelle. Son influence doit donc s'étendre à tous les pays et se faire sentir en toutes le: sphères de l’activité religieuse :.
C'est sur ce principe est fondée la doctrine, désormais reconnue par tous les catholiques, de la juridiction habituelle et immédiate dont jouit le Pontife roriain en tous les diocèses de l'univers chrétien.
Cette juridiction souveraine peut s’ex...er, soit dan: le domaine de la foi et de la science sacrée, st: dans le champ plus concret de la pratique et de l’action.
Le Pape enseigne de plusieurs manières : par la définition des vérités dogmatiques et morales ; par la réfutation et la condamnation des erreurs; par les décisions et les précisions doctrinales que les circonstances suggèrent ; par les iettres encycliques et les di:ections apostoliques qu’il ne cesse d'adresser à tous les fidèles ?.
Il imprime en même temps sur le domaine des choses pratiques le sceau d’un triple pouvoir, du pouvoir législatif, du pouvoir
1. “Le Souverain Pontife est le chef du corps mystique formé de tous les fidèles de Jésus-Christ. Or, toutes les sensations et tous les mouvements du <orps viennent de la tête” (saint Thomas, de Regim. brinc., op. XX, c. 10, Vivès, Paris),
2. Sur l'infaillibilité du magistère apostolique, voir Dom Guéranger, De la Monarchie pontificale (Paris, 1870).
chacune des Eglises particulières, Cette autorité est indéniable, clairement et solennell
oulu le prétendre ;
immédiat de l’intérieur de tous les di rs tenu pour maxime, on diocèse, le conserva
, le consentement de in, remplisssant toutes les formes établies Par une loi nationale... Un jugement ou une décision du pape ne peut être proposé aux fidèles qu'après l'aveu des évêques. »
"Eglise. Pie IX, écrivan les idées relatives à
1. Const. de Ecclesia, ch, II, 2. Em. Ollivier, Nouveau Manuel de Droit eccl. français, pp. 186-18>.
pontife, lui tenait ce ferme langage‘: « Vous n'hésitez pas à soutenir que le pouvoir du Pontife romain sur les diocèses épis- Copaux n'est ni ordinaire ni immédiat. Nous ne pouvons ne pas être en proie à une vive affliction en vous voyant favoriser par vos façons d’agir et de sentir les doctrines fausses et erronées de Febronius... Votre proposition est contraire à l'usage con- Stant de l’Eglise catholique, à la doctrine reçue et transmise d'âge en âge jusqu’à ce jour par l'Eglise et tous les évêques, doctrine par laquelle l'Eglise a toujours tenu et enseigné, enseigne et tient que ces paroles divines : Pais mes agneaux, pais mes brebis, ont été dites par Notre-Seigneur Jésus-Christ au bienheureux prince des apôtres, en ce sens qu’en vertu de ces paroles, tous les fidèles en général, et chacun d'eux en particulier, doivent rester soumis immédiatement à Pierre et à ses successeurs, comme aux Chefs Suprêmes et ordinaires de l'Eglise tout entière et de la religion, de même qu’ils le sont tous et chacun à Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont le Pontife romain est le vrai vicaire sur cette terre ©. »
Ces paroles de Pie IX établissent sur des bases dogmatiques inébranlables l'autorité immédiate et souveraine attribuée, pour tous les diocèses, à l’Evêque de Rome, et qui le constitue, dans toutes les sphères de l’action religieuse, le commandant général des forces catholiques.
Aussi bien, pouvons-nous ajouter avec les écrivains ecclésiastiques, « si tel n’était pas le pouvoir des Papes, comment expliquer la conduite qu’ils ont tenue dans tous les siècles, et l’humble soumission avec laquelle l'univers entier a obéi à leurs décrets? Ne les a-t-on pas vus, antérieurement à tout consentement des évêques, statuer sur les affaires des différentes Eglises; juger toutes les controverses de la foi, en quelque lieu du monde qu’elles se soient élevées ; régler la discipline générale ; recevoir les appels des évêques et rétablir sur leurs sièges ceux qui en avaient été