SECTION IL
MODES DE PERCEPTION DES REVENUS DE LA PROVINCE d'ÉGYPTE. PBINCIPAUX AGENTS DE L'ADMINISTRATION FINANCIÈRE, ETC.
Des deux modes de perception des revenus publics possibles : la perception directe par les agents de l'État ou régie et la ferme des recettes publiques, le premier suppose une organisation administrative savante et une comptabilité minutieuse; le second convient davantage aux États dont l'administration n'est guère développée ; il leur assure pour chaque recette un revenu fixe, connu d'avance, tout en les déchargeant du souci de la perception; mais il est plus onéreux pour le contribuable qu'il met aux prises avec des spéculateurs affamés de gain.
L'Egypte pharaonique avec sa bureaucratie luxuriante semble avoir particulièrement affectionné la perception directe. On trouve l'un et l'autre procédé employés sous les Ptolémées : le premier, en règle générale, pour les impôts directs et l'administration du domaine, le second pour les impôts indirects. — Les documents pour cette
i. Letronne, Rec. des inscrip. de l'Ég. I, 338. Recherches^ p. 301.
époque sont des plus instructifs. C'est ainsi qu'on possède toute une circulaire ofticielle (02" papyrus du Louvre) relative aux adjudications d'impôts qui devaient avoir lieu dans le nome Oxyrynchites, les pièces qui constatent l'expropriation des biens d'un fermier et de ses cautions qui ne pouvaient satisfaire aux engagements qu'ils avaient assumés en se rendant ailjudicataires d'une recette publique (pap. de Zois),et d'autres actes, assez nombreux, relatifs à une atfaire compli(|uée de fournitures dues par l'Etat à deux prêtresses jumelles du Sérapeum de Memphis, etc., etc. Les documents sont moins abondants pour l'époque romaine, bien qu'elle soit plus rapprochée de nous. A part les données des anciens auteurs et de l'épigraphie grecque et latine, on n'a pour se guider ici, dans la recherche des institutions de l'Egypte romaine, que les deux célèbres édits de Capiton et de ïib. Alexandre, les Ostraca provenant de la Haute Egypte, et une multitude de petits fragments de papyrus financiers qu'on a récemment exhumés dans le Fayoum, mais qui sont d'un faible secours vu l'état de mutilation dans lequel ils se trouvent '.
L Les terres du domaine étaient exploitées directement ou affermées à des colons (yctopyo',) -, moyennant une redevance qui ne devait pas être inférieure à la moitié des produits du sol, dans un pays où les travaux de l'agriculture ne sont pas bien pénibles '. Elles étaient également adjugées à des fermiers qui les sous-louaient aux cultivateurs égyptiens. Ce sont les [i-iTOoTSi; oucaxai de l'édit do Tib. Alexandre (1. 11). Les cultures du domaine étaient sous la surveillance de fonctionnaires spéciaux, les épi-
1. On sait qm^ Wilcken les a pul)liés dans les Sitziings/m-ichti' der Ber/iner Akadcmic, 1883, p. 897 et s.
t. Voy. sur ceUe classe nombreuse de cultivateurs lil)rcs. Varron, r. r. \, 17. ('i-dessiis, p. 7."). Ils payaient à part la rente des terres qu'ils cultivaient un iinp<H spécial, l'éxçôptov.