‹ Droit romainChapitre 158 sur 273 · Philo in Flaccum, c · texte numérisé non relu

Philo in Flaccum, c

'6. Le m )t usiacus vient du grec o-jaia qui voulait dire bien propre du prince. On croit que le mot arabe ousia qui affecte jusqu'à nos jour.s le même sens en Egypte dérive lui aussi du même mot grec. — Un exemple de ces procuratores usiaci se trouve dans l'inscription de Menmon, du règne de Sévère et Garacalla, qui porte : V. Nouas Martias. Félix, Augg. libertus, procurator usiacus, hora prima semis Meiunouein audit. Letronne, Œuv. II, p. iSO.

6. Tel était Chrésinius, au temps d'PIadrien, dans une inscription du Mont Glaudien. Letr., Rec. I, p. 153. C. I. Gr. 4713. Autre procurateur pour les mêmes carrières au temps de Trajan, Letronne, Rec. 1. p. 426.

ce qui a fait conjecturer que c'était un dignitaire préposé à l'ensemble des mines et carrières de l'Egypte.

Mais tous les administrateurs du domaine privé étaient subordonnés à un haut fonctionnaire impérial, l'intendant du Trésor privé en Egypte, que Strabon cite immédiatement après le préfet et le juridicus et qu'il appelle de son nom technique : i^io: Xoyo;, c'est-à-dire, trésor privé, ratio privntn, le nom de la chose servant à désigner celui qui la gérait '. Les inscriptions grecques et latines sont venues confirmer le témoignage de Strabon et nous apprendre, en outre, que Yidiologue (en latin idiologns), était un procurateur, tiré, comme les autres hauts fonctionnaires égyptiens, de la classe des chevaliers, avec un traitement de 200.000 sesterces par an. et résidant à Alexandrie, siège de la province d'Egypte -. — L'idiologue correspondait au procurotiir rei privatx des autres provinces romaines ' ; c'est dire que sa compétence n'emlirassait pas toute l'administration financière de l'Egypte comme celle du procurator Augusti prooincm, dans les autres provinces. Elle se restreignait à la gestion des biens particuliers du prince *. Le cercle de ses attributions dans l'ordre finan-

1. Strab. XVII, p. 791. Letronne, Recueil, II. p. 300; Œuvres, II, p. 180.

2. Voy. l'inscription grecque rapportée dans Letronne, Rec. II, p. 300 et qui mentionne un Maximus Statilius îôcoç Aoyoç. Elle a été complètement re.stituée par Wescher, Comptes-rend. de PAcad. des Inscrlp. 1871, p. 290 et s. — C. I. L. X. 4862 (Ilenzen r.026) : M. Virgi-

lio (îallo Lnsio — idiologo ad ^gyptum. Rev. arch. 1883, p. 208 :

T. Aurelius Galpurnianus, eTttTpoTto; Atyu^Tou tSto-jXoyoy. C. /. /.-. III, 603a • P. M\\o Sempronio Lycino — proc GG Alexandriae idiu logu. C. /. Gr. ZT.'A : cTitTpoTio; oouxr|Vap'.o; .^),î;av5p£ia; xoy tS'.o'j ).oyo-j. Epliein. Eplgr. V, p. 30 : procurator dnconarius AlexandriiE idiulogu. Gpr. C. I. Gr. 4957, 1. 39. 44.

3. L'inscription rapp-irtée dans l'ubretli 198, 482, qui cite un procurator AleJcaiidriiB ad rutiones palr'unonii. doit, pensons-nous, se rapporter à l'idiologne.

4. .Mommsen parait admettre la similitude de l'idiologue et du y;y/-ocuro/or /)ro»'mr/a? dans son Histoire rom. XI, p. 173 et la note; mais

cier était donc plus resserré que celui du juridicus jEgypti dans l'ordre judiciaire; aussi n'arrivait-il qu'en troisième ligne parmi le haut personnel de la province. Mais l'un et l'autre étaient subordonnés au préfet et recevaient de lui des ordres '. On croyait jusqu'à ces derniers temps que l'idiologue avait été introduit en Egypte après la conquête romaine, qu'il constituait, comme le juridicus^ un rouage nouveau dans l'administration égyptienne. Mais une inscription de Philes qui remonte aux Ptolémées, parle aussi d'un intendant de l'ï^io: Xoyo:. « C'est une preuve nouvelle après tant d'autres, dit Wescher qui l'a éditée, de la persistance des institutions ptolémaïques à l'époque des empereurs -. » En un sens général, d'ailleurs, toute l'Egypte faisait partie du domaine privé ; et l'on ne voit pas pourquoi on y aurait organisé une caisse et un service spécial pour les biens domaniaux proprement dits, si cette caisse et ce service n'avaient pas existé antérieurement à la conquête romaine '.

La perception par ferme et régie que nous venons de voir quand il s'est agi du domaine, se retrouve également dans l'administration des diverses contributions que nous allons esquisser.

II. La répartition et la levée de l'impôt foncier étaient entre les mains d'agents de l'État. Les édits de Capiton et de Tib. Alexandre nous apprennent que les receveurs des finances s'appelaient éclogistes (agents comptables) ■*. Leur nombre dans chaque nome est indéterminé ; mais, de même que les autres fonctionnaires égyptiens, ils ajoutaient à leur nom, celui du nome dans lequel ils exerçaient

dans l'édition la plus récente de son Dr. piih. rom. il abandonne cette première opinion. Voy. le tome VI du Man. des Ant. rom. p. 393.

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