C. I. Gr
ORGANISATION DES ViLLlIS GRECQUES- 2-21
époque, Ptolémaïs avait un corps municipal comme Alexandrie du reste, mais, pour l'époque antérieure, nous faisons pour le moment nos réserves.
Alexandrie et Ptolémaïs furent les deux seules villes grecques fondées par les Macédoniens en Egypte. Ni Lycopolis, ni Hermopolis Magna, ni Goptos n'ont eu une organisation ou des institutions particulières. Les Grecs vivaient partout mêlés aux Égyptiens, régis de la même manière, obéissant aux mêmes autorités. — Les Romains, chose remarquable, ne fondèrent pas en Egypte une seule colonie, un seul municipe composé de Romains ou de Latins, comme ils firent dans toutes les autres provinces de leur empire '. — Et si l'on compare la situation d'Alexandrie et de Ptolémaïs à celle des villes égyptiennes, on voit bien qu'elles en dijïé raient sous le rapport de la population, du culte, de l'architecture, de l'administration et des privilèges spéciaux dont jouissaient oujouirent leurs citoyens, mais sous le rapport des libertés politiques, on s'aperçoit que ces citoyens n'étaient guère plus avantagés que les bourgeois des villes et métropoles égyptiennes. Tacite pouvait d'un mot définir exactement la situation de tous les liabitants de l'Egypte, sans distinction de race ou de culte, en disant de ce pays : « provincia inscia legiim, ignora magistratuum - », les deux termes étant pris dans leur sens technique et juridique. Car, abstraction faite de Naucratis dont on ignore la constitution, il n'y avait pas du temps de Tacite,un seul collège de magistrats électifs,un seul corps
1. II semble résulter de Pline, Hist. nat. V, 31, 128, que l'île de Pharos était une colonia Cœsaris diclaloris; mais un passage de Strabon contredit cette assertion : « Elle (Pharos) a été de nos jours dépeuplée par Jules César dans la guerre contre les Alexandrins, parce que cette ile avait pris le parti des rois (Ptolémées); elle n'est plus maintenant habitée que par un petit nombre de gens de mer qui demeurent du côté de la Tour » (XVII, p. 792). En ce sens, Mommsen, Hiat. rom. XI, p. 168.
i. Tacite, llist. I. 11.
municipal, une seule assemblée délibérante, pour tout dire, une seule cité autonome dans toute la province d'Egypte.
Cette absence totale de corps municipaux en Egypte, nous explique pourquoi ce pays fut la seule province romaine qui n'eut pas à! assemblée provinciale. L'assemblée provinciale se composait, en effet, des délégués de toutes les cités autonomes d'une ou plusieurs provinces. Elle ne pouvait exister là où il n'y avait pas de cités autonomes K
Il faut descendre au siècle des Ajitonins pour trouver les premières institutions municipales dans notre province.
Antinoé.
L'empereur Hadrien est le premier prince qui ait fondé en Egypte une cité grecque, dotée d'une constitution purement hellénique. Nous voulons parler d'Antinoé - dont les ruines témoignent encore que son architecture était purement grecque. Une inscription recueillie sur ces ruines a mis à découvert toute l'organisation de cette ville. Elle porte d'après la restitution de Letronne : « A. l'empereur César, Marc-Auréle Sévère Alexandre, pieux, heureux, Auguste, et à Julie Mammée, mère de l'empereur et des invincibles armées; pour la victoire et le maintien éternel d'eux et de toute leur maison ; Maevius Honorianus étant préfet d'Egypte; Vibius Severus Aurelianus étant épistratège ; le sénat (n jioD)iV)) des Antinoéens, nouveaux Grecs (a élevé cette colonne), sous la prytanie d'Aurèle Origène, dit Apollonius, de la tribu Athénaïde, sénateur, gymnasiarque, chargé de la distribution des couronnes, la onzième année, le... du mois Épiphi » \ — Les seuls fonctionnaires qu'on nomme sont le gouverneur de l'Egypte et l'épistratège de l'Heptanomide; on passe sous silence le stratège du nome Antinoïtes. Cette omis-