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I. — LE PAYS ET LES GENS

Le département de la Drôme appartient à l'ancienne province du Dauphiné: il est situé dans la portion Sud-Est de la France, et tire son nom de la principale rivière qui le traverse de l'Est à l'Ouest. 11 est généralement montueux, surtout à l'Est. Son système orographique peut être considéré comme dérivant des Alpes du Dauphiné; ilforme quatre groupes principaux : le premier au Nord de l'Isère, le second entre l'Isère et la Drôme, le troisième entre la Drôme etl'Aygues, le quatrième au Sud de l'Aygues.

Le groupe au Nord de l'Isère est formé de grandes collines. Le groupe entre l'Isère et la Drôme est fort confusément enchevêtré ; il se partage en plusieurs chaînons. L'un sépare le département de la Drôme de celui de l'Isère et domine la rive droite de la Vernaison. Un autre, se dirigeant à l'Ouest, commande la vallée de la Drôme ; il a pour point culminant le montAmhel et s'épanouit au delà en plusieurs ramifications qui marquent les bassins de l'Isère et de la Drôme. Le groupe entre la Drôme et l'Aygues se détache des Alpes du Dauphiné vers les sources de la Drôme. Le groupe au Sud de l'Aygues est formé de chaînons parallèles, orientés de l'Est à l'Ouest.

A l'Ouest du département s'étend, du Nord au Sud, la grande vallée du Rhône, qui se distingue par sa fécondité. Ici les montagnes sont remplacées par des

coteaux tapissés de vignobles, par des plaines coupées de ruisseaux, couvertes d'abondantes moissons, et dans lesquelles les plantations de mûriers ont permis à la sériciculture de prendre un développement prodigieux. C'est dans cette partie de la Drôme que mûrissent, sous un soleil éblouissant, les vins renommés de Donzère et de l'Ermitage. Il n'y a qu'une ombre à ce riant tableau : les crues soudaines des cours d'eau et surtout du Rhône. Les inondations sont le lléau du pays.

Les habitants de cette région pittoresque et fertile se recommandent par d'estimables qualités. Si l'on en croit un géographe connu, « ils ont le caractère gai et vif; ils sont actifs, travailleurs, mais irascibles; ils ont conservé leurs mœurs beaucoup des Celtes leurs ancêtres ; leur hospitalité est franche et généreuse dès qu'ils ont pu surmonter une défiance naturelle envers les étrangers. Peut-être sont-ils un peu processifs et apportent-ils dans le maintien de leur droit une opiniâtreté excessive; mais ils forment une brave et vaillante race, apte à comprendre les beautés de la science et des arts. » Le portrait est assez ressemblant, mais il n'est pas complet. Nous ajouterons que les habitants de la Drôme ont, presque à l'égal des Provençaux leurs voisins, la faculté de s'exprimer avec abondance et clarté et de souligner leur parole par le geste. Toutefois ce don naturel de l'éloquence, qui est d'ordinaire- signe de mobilité, n'enlève rien à la solidité de leurs convictions. Depuis cent ans ils comptent parmi les meilleurs champions de la patrie et de la liberté. Ils ont fourni à la République ses premiers volontaires, aux armées de l'Empire un contingent sans cesse renouvelé de braves.

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