‹ DrômeChapitre 5 sur 9 · II. - AGRICULTEURS · texte numérisé non relu

II. - AGRICULTEURS

Rigaud de l'Isle (1761-1826).

Louis-Michel Rigaud de l'Isle fut un célèbre agronome. Il naquit à Crest le 4 septembre 1761.

Les hommes qui se sont occupés d'agriculture ont, en général, des notices bien courtes dans les traités de biographie. Que peut-on dire sur leur compte en effet? Ils cultivèrent le sol, menèrent une vie paisisible, firent quelque bien autour d'eux, et furent ensevelis sans éclat. Et cependant l'homme des champs rend autant de services à sa patrie que l'homme d'Etat ou l'homme de guerre. Il mérite tous nos hommages et c'est pour cela que le nom de ces humbles mais dévoués serviteurs de l'humanité

passe dans ces modestes notices avant la biographie des grands capitaines.

Rigaud de l'Isle fut cependant soldat et commença par défendre ce sol à la culture duquel il se voua plus tard.

Il avait trente ans, quand en 1792 la première coalition se forma contre la France. Aussitôt, sans hésiter, il s'engage dans un bataillon de volontaires de la Drôme et court avec eux à la frontière. Il sert d'abord comme simple soldat, puis comme officier de génie.

En 1796 il peut rentrer dans ses foyers et il se consacre alors tout entier à l'exploitation d'un domaine qu'il tenait de ses pères, la terre de l'Isle.

Quel bien peut faire, parmi ses voisins,- un homme intelligentqui applique à la culture du sol les procédés scientifiques, recherche les meilleures méthodes, simplifie ou perfectionne les outils, étudie les fumures, enfin combat de toutes ses forces la routine et fait de l'agriculture une vraie science, la plus attrayante des sciences ! Intelligemment cultivée, la terre décuplerait ses dons, et c'est dans l'agriculture, n'en doutez pas, plus que dans les conditions serviles de nos grandes cités que se trouvent le bonheur des individus et la prospérité des nations.

Rigaud de l'Isle le comprit et fit de la cidture raisonnée et scientifique.

Il existe dans le centre de l'Italie, près de la Méditerranée, une région basse marécageuse, où des eaux abondantes croupissent, région malsaine, mais fertile, foyer de fièvre pendant quatre mois de l'année. Ce sont les Marais Pontins. 11 suffirait de dessécher cette plaine, de donner un écoulement aux eaux qui

Page 1