‹ Du bienChapitre 36 sur 58 · Leyons ii, m et vi · texte numérisé non relu

Leyons ii, m et vi

VRAIS PRINCIPES DE LA MORALE

que la mort de Socrale est une injusiice et que le dévouement de Léonidas est adnnirable, c'est la mort injuste d'un homme sage que je condamne, c'est le dévouement d'un héros que j'admire. Il n'importe pas que ce héros s'api)elle Léonidas ou d'Assas, que le sage immolé s'appelle Socrateou Bailly.

Le justement du bien s'applique d'abord à des actions particulières, et il donne naissance à des principes généraux qui nous servent ensuite de règles pour juger toutes les action^ du même genre. Gomme après avoir jugé que tel ph'nomène particulier a telle cause particulière, nous nous élevons à ce principe général: tout phénomène a sa cause *; de même nous érigeons en règle générale le jugement moral que nous avons porté à propos d'un fait particulier. Ainsi nous admirons d'abord la mort de Léonidas, et de là nous nous élevons à ce principe qu'il est bien de mourir pour so:i pays. Nous possédions déjà le principe dans sa première application à Léonidas ; sans quoi celte application particulière n'eût pas été légitime; elle n'eût pas môme été possible; mais nous le possédions implicitement; bientôt il se dégage, nous apparaît sous sa forme universelle et pure, et nous l'appliquons à tous les cas analogues.

La morale a ses axiomes comme les autres sciences ; et ces axiomes s'appellent à juste titre, dans toutes les langues, des vérités morales.

Il est bien de ne pas trahir ses serments, et cela aussi est vrai. Il est en effet dans la vérité des choses qu'un serment soit tenu : il n'est prêté que dans cette fin. Les vérités morales considérées en elles-mêmes n'ont pas moins de certitude que les vérités malhé-

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