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pas été acceptées par sa sincérité et par sa sagesse. Locke est pour nous le vrai représentant le plus original et tout ensenriblele plus tempéré de l'école empirique. Dans les liens d'un système, il conserve encore une rare liberté d'esprit: sous le nom de réflexion, il admet une autre source de connaissance que la sensation ; et cette concession au sens commun est bien considérable. C'est Gondillac qui, en ôtant celte concession, a outré et gâté la doctrine de Locke, et en a fait un système étroit, exclusif, enti«3rement faux, le sensualisme, à proprement parler. Gondillac opère sur des chimères réduites en signes avec lesquels il sejoue à son aise. On cherche en vain dans ses écrits, surtout dans les derniers, quelque trace de la nature humaine. On se croit, en vérité, dans le royaume des ombres' per inania régna \ L Essai sur l'enlendement humain produit l'impression contraire. Locke est un disciple de Descartes, que les excès de Malebranche ont jeté dans un excès contraire ; il est un des fondateurs de la psychologie : c'est un des plus fins et des plus profonds connaisseurs de la nature humaine, et sa doctrine, un peu chancelante, mais toujours modérée, est digne d'avoir une place dans un véritable éclectisme'.
A côté de la philosophie de Locke, il en est une bien autrement grande, et qu'il importe de préserver de toute exagération pour la maintenir à toute sa hauteur. Fondé dans l'antiquité par Socrate, constitué par
1. Sur Gondillac. Premiers Essais, Condillac, pp. io^Ali, etc., et particulièrement Philosophie sensualiste, leçons ii et m.
2. Nous navonsjamais parlé de Locke qu'avec un respect sincère, même en le combattant. Voyez Philosophie sensualistk, leçon Iro, Locke, et surtout Philosophie de Locke, passim.
RÉSUMÉ DE LA DOCTRINE
Platon, renouvelé par Descartes, l'idéalisme compte dans son sein, même parmi les modernes, les plus belles renommées. Il parle à l'homme au nom de ce qu'il y a de plus noble dans l'homme. Il revendique les droits de la raison ; il rétabht dans la science, dans l'art et dans la morale, des principes fixes et invariables, et du sein de cette existence imparfaite il nous élève vers un autre monde, le monde de l'éternel, de
l'infini, de l'absolu
Cette grande philosophie a toutes nos préférences: on ne nous accusera pas de lui avoir fait une trop petite part dans ces leçons. Au xvnie siècle, elle est surtout représentée à des degrés différents par Reid et par Kant. Nous acceptons Reid tout entier, moins ses vues historiques, qui sont par trop insuffisantes et souvent mêlées de graves erreurs ^ H y a dans Kant deux parties : la partie analytique et la partie dialectique, comme il les appelle^ Nous admettons l'une, nous repoussons l'autre. Dans tout ce cours, combien d'emprunts n'avons-nous pas faits à la Critique de la raison spéculative, à la Critique du Jugement, à la Critique de la raison pratique ? Ces trois ouvrages sont à nos yeux d'admirables monuments du génie philosophique : ils sont remplis de trésors d'observation et d'analyse'.