PROPRIÉTÉS
Le bromure de potassium.est un sel blanc, cristallisant comme le chlorure de potassium, en cubes ou en prismes rectangulaires. Ses cristaux décrépitent quand on les chauffe et entrent ensuite en fusion sans se décomposer ; ils ne contiennent pas d’eau de cristallisation.
Il est très-soluble dans Peau, mais peu dans l’alcool. Sa saveur est salée avec un arrière goût amer et désagréable.
Sa formule en équivalents est K Br et représente en centièmes 32,84 de potassium unis à 76,16 de brome.
Le bromure de potassium offre les caractères généraux des bromures. Certaines propriétés chimiques ne sont possédées que par lui et les autres bromures alcalins; quelques-unes lui sont particulières.
Le chlore en agissant sur lui chasse le brome et se combine au potassium. Cette réaction est surtout facile en présence de. Peau. Quelques gouttes d'eau chlorée mettent en liberté le brome que l’on peut recueillir au moyen de l’éther, ou du chloroforme» ou du sulfure de carbone auquel il communique une couleur variant du jaune au rouge suivant les quantités. Un excès de chlore fait disparaître la couleur.
Le brome mis en liberté par le chlore peut être encore caractérisé par l’empois d’amidon qui prend une coloration jaune tirant sur le rouge orangé.
Le brome en se combinant avec le bromure de potassium peut donner deux composés représentés par les formules K Br 3 , K Br 3 . Ces composés sont de couleur brune, peu stables et dégagent du brome sous.les influences les plus faibles.
L’acide sulfurique décompose le bromure de potassium ; mais au lieu de fournir comme avec le chlorure l’acide hydrogéné correspondant exclusivement, il donne de l’acide bromhydrique, du brome et de l'acide sulfureux, ces deux derniers produits dérivant d’une action secondaire.
L’acide nitrique concentré dégage également de l'acide bromhydrique, puis, réagissant partiellement sur lui, met en liberté du brome en se réduisant lui-même à l’état d’acide hypoazotique.
Sous son influence, la dissolution de bromure ne subit pas de modification sensible-ay^*^-
L’acide chlorhydrique, en agissant sur le bromure de potassium, donne du chlorure et de l’acide bromhydrique. Si le sel renferme du bromate, il se sépare du brome libre qui colore en jaune ou en brun la liqueur sur laquelle on opère.
Avec le nitrate d’argent, la dissolution du bromure donne un précipité blanc jaunâtre de bromure d’argent qui se caractérise ainsi : il est insoluble dans l’acide nitrique étsai», soluble dans l’ammoniaque, moins cependant que le chlorure d’argent ; comme ce dernier, il noircit sous l’influence de la lumière, mais un peu plus lentement ; lorsqu’on l’agite, il forme des flocons caillebotlés qui ressemblent à ceux que donne le chlorure d’argent dans les mêmes circonstances. Il s’en distingue aussi en ce que sa couleur tire sur le jaune. Ce bromure d’argent, sous l’influence de l’eau de chlore con-
centrée ou du gaz chlore à une température élevée, est transformé èn chlorure et le brome devient'libre. ‘ 1
Si le chlorure d’argent est mis en présence d’une dissolution de bromure de potassium, il s’opère pour un excès de bromure une décomposition complète et tout la chlorure d’argent est transformé au bout de quelque temps en bromure d’argent.
Dans une dissolution de bromure de potassium, le nitrate de protoxyde de mercure produit un précipité de protôbromùre de mercure qui est de couleur blanche tirant un peu sur le jaunâtre, insoluble dans l’acide nitrique étendu, mais soluble dans l’eau de chlore en produisant une liqueur jaune rougeâtre.
Le nitrate de plomb donne un précipité blanc, soluble dans une grande quantité d’eau, moins cependant que le chlorure de plomb. L’ammoniaque produit dans cette dissolution un précipité.
La solution de chlorure d’or produit dans la solution légèrement acidulée de bromure de potassium une coloration variant du rouge orange foncé au jaune paille suivant la proportion de bromure en présence, mais il faut qu’il y ait absence d’iodure. M. Bill a utilisé cette propriété pour la recherche des bromures alcalins et décèle ainsi un centigramme de ces sels dissous dans un litre d’eau.
En présence d’une dissolution de bichlorure de platine, seul de tous les bromures, le bromure de potassium donne une réaction. Il se forme un précipité jaune de chlorure double de potassium! et de platine dû à l’élément électro-positif du sel.
Une dissolution de protochlorure de palladium ne produit rien avec le bromure môme par un contact prolongé ou par l’action dè la chaleur; le nitrate de protoxyde du môme métal donné un précipité rouge brun de bromure de palladium. ► Si!la proportion du bromure
dissous est très-faible, le précipité n'apparaît qu'au bout de quelque temps et se dépose en partie sur les parois du vape, Ce n'est que pour de très-faibles traces de bromure qu'il ne se produit rien, même par un contact prolongé. Le bromuré de palladium est très-soluble dans les dissolutions de chlorure; tèl est le motif pour lequel le protochlorure de palladium ne fournit pas de précipité.
Si l'on ajoute une dissolution de sulfate de cuivre à une dissolution un peu concentrée de bromure potassique, puis, sans agiter, une quantité assez considérable d'acide pulfurique concentré, il se i forme un abondant précipité noir soluble dans l’eau qui est constitué par du bromure de cuivre anhydre.
Si sur du bromure pulvérisé avec du. chromate ou du bichromate de potasse on verse de l’acide sulfurique fumant et si l'on chauffe modérément, il passe à la distillation une liqueur rouge de sang formée de brome pur qui, traité par un excès d’ammoniaque ou par une dissolution d'acide sulfureux, donne une liqueur incolore qui ne contient que du bromhydrate d’ammoniaque dans le premier cas. S’il y avait la moindre trace de chlorure, il se formerait de l’acide chlorochromique qui, au contact de l'alcali, formerait du chromate d'ammoniaque et colorerait la solution en jaune, ou au contact de l'acide sulfureux prendrait une teinte verte.
Un mélange d'acide sulfurique et de bioxyde de manganèse réagit sur le bromure et donne un dégagement de brome. C'est ainsi qu’on prépare ce métalloïde dans les laboratoires.
Au chalumeau, le bromure de potassium se comporte comme tous les autres bromures. ^
Si on en ajoute à une péri? de phosphore contenant ,d u bioxyde de cuivre en dissolution, il donne à la flamme une coloration bleue
comme cela arrive pour les chlorures dans les mêmes circonstances : seulement la coloration de la flamme produite par le bromure tire plus sur le verdâtre, spécialement sur les bords.
Le bromure de potassium peut se combiner avec le bromate de potasse. En abandonnant à elle-même une dissolution de ces deux sels telle qu'elle se produit quand on met du brome en contact avec une dissolution de potasse caustique, il se forme une cristallisation en aiguilles entremêlées de cristaux de bromate de potasse. Les aiguilles sont le plus souvent très déliées et se prêtent très difficilement à une détermination cristallographique. Elles sont composées d’après la formule
2 KBr + 3 KO BrO 5 + nHO.
Cette combinaison double se décompose au contact de l'eau et de l’alcool; le bromate, moins soluble, se sépare. Aussi pour la faire cristalliser une seconde fois, l’auteur la fait redissoudre dans son eau mère. (Fritzscbe.)
En 1851, M. Besnou (1) a étudié les réactions que présentent le chlorure, le bromure et l'iodure potassiques avec différents sels tels que azotate, sulfate, phosphate, chlorhydrate et carbonate d'ammoniaque, sulfate de soude, sulfate de magnésie, azotate de chaux, chlorure de calcium, azotate de potasse.
Il a pris chacun des trois sels haloïdes mélangé avec un des différents corps précédents dans trois conditions différentes : 1° broyé à l’air libre ; 2° en solution concentrée à chaud ; 3° chauffé dans un tube à la lampe à alcool. Tandis que l'iodure présentait des réactions, nombreuses, le bromure n'éprouvait aucune décomposition dans les
(1) Journal de Pharmacie.
deux premiers cas; dans le troisième, il donnait un léger dégagement de brome avec l’azotate d’ammoniaque et l’azotate de chaux, un dégagement d’acide bromhydrique avec le phosphate d’ammoniaque et le sulfate de magnésie.