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Le cas que nous publions est donc intéressant, mais comme il est seul, nous ne pouvons songer à tracer une étude de cette affection.
Nous nous bornerons à étudier l’observation précédente et à la commenter.
Le mécanisme par lequel la hernie de l’appendice ileo-cœcal peut se produire a été bien étudié. Qu’il ait des adhérences congénitales avec le testicule, que sa descente soit due à sa trop grande mobilité, à sa longueur ou à une ptose de la masse intestinale, nous ne pouvons le rechercher pour le malade qui nous occupe.
Mais ce qu’on peut se demander, c’est si le cancer de l’appendice existait avant la hernie ou s’il a pu se former dans la hernie.
Sans rien préjuger des faits, nous savons que dans la plupart des cas observés de cancer de l’appendice, cet organe avait contracté quelques adhérences avec les organes voisins. Un appendice cancéreux pourrait donc suivre, à cause de ces adhérences, un organe voisin qui descendrait dans une hernie.
Mais dans un cas, comme celui qui nous occupe, où l’appendice seul est hernié, on peut penser que, s’il avait eu des adhérences, ces adhérences l’eussent retenu dans la cavité abdominale.
Du reste, notre malade avait cette hernie depuis vingt-cinq ans, et il y a beaucoup de chances pour que le cancer ne soit pas antérieur à cette date.
Comment le cancer est-il venu dans cet appendice hernié ?
Le malade, nous dit l’observation, portait un bandage double.
Ne pourrait-on supposer que ce bandage soit la cause du mal ?
Un bandage qui presse constamment sur un appendice hernié nous semble plus dangereux qu’utile. Cette pression constante pouvait fort bien obstruer le canal de l’appendice et produire un de ces rétrécissements sur lesquels nous avons vu maintes fois se produire des néoplasmes ; elle pouvait être la cause de la formation d’un tissu cicatriciel , point de départ d’un cancer ; elle pouvait enfin produire l’étranglement de l’appendice hernié malgré la largeur du canal inguinal.
La complication de cet étranglement, c’est l’appendicite.
Les lésions d’appendicite sont si souvent le point de départ d’un cancer et l’appendicocèle est si souvent compliqué d’appendicite qu’il est étonnant que d’autres cas de cancer de l’appendice hernié n’aient pas été encore observés.
C’est que, comme dans tous les cancers de l’appendice, les lésions semblent banales et n’attirent pas l’attention de l’opérateur. Peu d’examens histologiques sont faits et, comme le microscope seul peut révéler la lésion, peu de néoplasmes de l’appendice hernié sont connus.
Il est probable que d’autres cas se trouveront si l’on fait faire systématiquement l’examen de tout appendice hernié douteux.
Dans le cas qui nous occupe, l’examen histologique ne laisse pas de doute sur la lésion et, sans en reconnaître le point de départ, il affirme que le cancer atypique existe dans l’appendice.
Le diagnostic était impossible avant l’opération. Comme dans tous les cas de l’hernie de l’appendice, on pouvait penser à une hernie intestinale quelconque, à une épiploïte, à une tumeur du cordon, mais rien ne décelait l’appendice et à plus forte raison le cancer dont il était atteint.
Quant au traitement, comme pour le cancer primitif de l’appendice, il consiste en une ablation très large de l’appendice et de son méso toutes les fois qu’on le trouvera dans une hernie.