‹ Du carbone et de ses composés binairesChapitre 6 sur 12 · Calvei't, Comptes rendus, t. LXIV, p. ■12i'l · texte numérisé non relu

Calvei't, Comptes rendus, t. LXIV, p. ■12i'l

(2) Borllielot, Comptes rendus, t. LIV, p. G40.

(3) Clément et Desonnes, Ann. de chimie, t. XLII, p. i'Sti.

le manganèse. Une partie s’en sépare par le refroidissement à l’état de graphite; mais le charbon que l’on obtient en traitant la fonte de fer ou de manganèse par un acide ne renferme que très-peu de graphite, et est formé par du carbone amorphe presque pur.

L’eau passant en vapeur sur du charbon au .rouge est décomposée, et oxyde le charbon en produisant un mélange d’hydrogène, d’acide carbonique, d’oxyde de carbone et d’un peu d’hydrogène carboné (1).

D’après Bunsen, l’oxydation s’arrête au point ou à côté de k volumes d’hydrogène ; il se forme exactement 1 volume d’acide carbonique et 2 d’oxyde de carbone; cela résulte des analyses faites de ce gaz, et qui renferme 56,5 d’hydrogène, 28,7 d’oxyde de carbone, et 14,77 d’acide carbonique. D’après M. Langlois, ces proportions varieraient avec la température de la décomposition, la quantité d’oxyde de carbone augmentant avec la température.

Le charbon est attaqué à la température rouge par l’acide carbonique, en produisant de l’oxyde de carbone (2). Cette réaction a pris une grande importance par l’application qu’elle a reçue dans diverses industries, et en particulier dans l’industrie du fer.

Le carbone réduit la plupart des oxydes à une température appropriée ; c’est en étudiant l’action du charbon sur l’oxyde de zinc que Priestley a préparé l’oxyde de carbone (3j, dont Woodhouse a reconnu la véritable nature peu de temps après.

L’ammoniaque agissant sur les charbons ardents dégage

(1) Clément et Desormes, Ann. de chimie, t. XXXIX, p. 26. — Bunsen, Ann. chim. et phys., B** série, t. XXXVHI, p. 356. — Langlois, Ann. chim. et phys. 3® série, t. LI, p. 322.

(2) Clément et Desormes, .inn. de chimie, t. XXXIX, p. 26. — Ebolmen, Ann. lie chim. et phys., 3® série, t. V, p. 143.

(3) Woodhouse, Ann. de chim., t. XXVIII, p. 273. — Ciiyton, .ànn. de chim., t. XXXIX, p. 18.—Clémentet Desormes, loc. cit.

(le i’iiydrogène, et forme du cyanhydratc d’ammoniaque (1). L’acide nitrique dissout le charbon avec production d’acides l)runs amorphes (2); l’acide sulfurique est réduit vers 200 degrés par le charbon.

Telles sont les principales propriétés des charbons, communes à toutes les'variétés. Nous allons maintenant passer rapidement en revue les principales variétés usitées.

2“ Coke, charbon de cornue.

Le coke n’est autre que le résidu de la distillation des houilles; il contient une forte proportion de cendres variant de H à 23 pour 100.

Le charbon de cornue est le charbon qui se dépose à la partie supérieure des cornues à gaz ; comme cette matière e.st formée de carbone à peu près pur, et qu’elle est très-dense, elle fournit une très-grande quantité de chaleur sous un laible volume. Certaines variétés de charbon de cornue ont quelques-unes des propriétés apparentes du graphite, telles (jue la densité, qui est de 2,556 ; la chaleur spécifique faible, 0,20/i; la propriété de tacher le papier, très-prononcée dans certains échantillons ; la résistance considérable à entrer en combustion. Cependant aucune variété du charbon de cornue ne renferme trace de graphite. Ces deux espèces de charbons ne sont utilisées que comme combustible.

3“ Noir de fumée.

Cette variété de carbone est produite par la combustion incomplète de substances organiques, riches en carbone, telles (pje les graisses, les goudrons de houille, les résines. Ce

11) Langlois, Ann. de cliim. et pliys., 3“ série, t. 1, p. III.

(2) Halchett, Ann.de chim., t. LVII, p. 113. — Berlliolol, Aun. de chirn. et phi/.i., 4* série, t. XIX, p. 401.

produit ne renferme, d’après Braconnot, que 80 pour 100 de carbone, 7,5 pour 100 de matières extractives, o,8 pourKiO de sulfate d’ammoniaque, 4 pour 100 d’eau; le reste esf formé par des cendres minérales. Nous avons vu que le noii' de fumée renfermait toujours une proportion très-faible de graphite véritable.

Le noir de fumée constitue des flocons Irès-légers. Il est employé en peinture, pour la préparation de t’encre de Chine <ît des encres d’imprimerie, et enfin dans les impressions sur tissus.

Les charbons métalliques obtenus en faisant passer des vapeurs carburées dans des tubes fortement chauffés sont constitués, suivant leur origine, par du carbone amorphe ou par un mélange de ce carbone avec des quantités variables de graphite. Ils se distinguent des autres variétés de charbon par leur éclat miroitant tout particulier; ils sont durs, sonores, el conduisent bien la chaleur et l’électricité.

li° Noir animal, charbon d’os.

C’est le produit de la calcination en vase clos de matières organiques azotées. Pour le préparer, on utilise principalement les os d’animaux préalablement dégraissés (1).

Le charbon renferme une notable proportion d’azote (2) que l’on peut facilement déceler à l’état de cyanure en calcinant le noir animal avec un alcali fixe. Les os carbonisés ne renferment guère qu’un dixième de leur poids de charbon azoté. On peut les débarrasser de ces matières étrangères, constituées par du phosphate et du carbonate do chaux, en les traitant par de l’acide chlorhydrique étendu; mais en même temps, on diminue la propriété absorbante de ces charbons.

(1) Parson, Jahresb. von Wagner, 1859.—Gits et Des Dieux, C,e,ne mdw^lnel,

fév. 1866, p. 100. — Steinhauser, Jahresb. von Wagner, 1864, p. 425. Itris-

«on, Journ. des fabricants de sucre, 1864, n» 33.

(2) Dœbereiner, Ann. de chim., 2® série, t. 111, p. 218.

Ces charbons ont toutes les réactions du charbon de bois ; ils s’en distinguent par un pouvoir absorbant bien plus considérable (1). Celui qui possède ce pouvoir absorbant au plus haut degré est celui que l’on obtient en calcinant du sang avec du carbonate de potasse ; en effet, il décolore cinquante fois plus d’indigo et vingt fois plus de sirop qu’une même quantité de noir d’os ordinaire.

Le charbon qui a déjà servi à décolorer des dissolutions peut être utilisé de nouveau si l’on parvient à faire disparaître la substance retenue, soit par la chaleur seule, soit par tout autre procédé, tels que la dissolution des matières retenues au moyen de solutions acides ou alcalines, ou par la fermentation, mais son pouvoir décolorant est fort affaibli (2). Le noir animal décolore les sirops, non-seulement parce qu’il s’empare des matières organiques étrangères, mais aussi parce qu’il enlève les alcalis caustiques et carbonatés qu’on y rencontre toujours; les phosphates sont absorbés, tandis que les chlorures et les nitrates ne le sont presque point.

D’après Leplay et Cuisinier, le noir animal possède trois propriétés qui s’épuisent successivement par le travail : 1“ la pi’opriété absorbante pour les matières visqueuses azotées ; elle s’épuise la première après quelques heures ; on la régénère par l’action de la vapeur d’eau dans le fdtre; 2“ la propriété absorbante pour les alcalis libres, pour la chaux et les sels: on la rétablit par l’action d’un acide et des lavages prolongés à l’eau ; 3° la propriété absorbante pour les matières colorées ; elle s’épuise dans un temps trente à quarante

(1) Figuier, Ann. de chimie, t. LXXfX, p. 71 ; t. LXXXVI, p. 44, — Payen, Ann. de chim. et phxjs., 2® série, t. XXI, p. 215. — Bussy, Journ. de 'pharmacie, t. VIU,p. 257.

(2) Crespol-Delisse, Kuhlmann, Thomas et Laurent, Pelouze, brevet n“ 9429, — llenner, Jahresb. von Wagner, 1862, p. 446, — Stanner, Jahresb. von Wagner, 1861, p. 434.—Walkhoff, 7a4m4. von Wagner, 1861, p. 430.— Lamy, Jahresb. von Wagner, 1866, p. 404. — Beanes, Comptes rendus, t. LVlll, p. 691, — Leplay et Cuisinier, Comptes rendus, t. HV, p. 270.

fois plus long; on la rétablit par des lavages avec une dissolution alcaline.

Le noir animal enlève un grand nombre de sels à l’eau, mais il a peu ou point d’action sur la plupart d’entre eux. Cependant au bout d’un certain temps il réduit l’oxyde de plomb à l’état métallique et sépare quelques acides métalliques de leurs combinaisons salines (Grabam, Payen).

Toutes les autres propriétés du charbon animal se rapprochent de celles du charbon de bois ; il ne renferme pas trace de carbone graphitique.

y. — Propriétés comparées des divers carbones.

11 semble probable que les divers états du carbone correspondent à des polymérisations diverses d’une môme substance. En effet, la production du charbon au moyen de substances organiques est le dernier terme des condensations moléculaires.

Soit par exemple le sucre de canne

Ce corps, par l’action de la chaleur, perd de l’eau et devient l’acide caramélique

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