OBSERVATION X
Cimmino (résumée) (1)
Jeune homme de 17 ans se présente pour des douleurs du nez surtout nocturnes, s’irradiant à toute la moitié gauche de la tête. La fosse nasale gauche est très rétrécie et, de ce côté, la respiration est très gênée.
A l'examen rhinoscopique, on constate, sur le septum cartilagineux, à un centimètre et demi du bord, une ulcération de la grandeur d’une pièce de cinquante centimes, indurée, ronde, recouverte d’une couche légère de mucopus au-dessous de laquelle on voit une surface grisâtre san-
(1) R. CimmiNo. — Un caso di sifiloma iniziale del setto nasale cartilagineo (Boll. della malattie dell Orecchio, etc. Février 1894).
AT, DCS guinolente. Glandes sous-maxillaires très hypertrophiées. Pas d’épistaxis. Plaques muqueuses. Quinze jours plus tard, syphilides papuleuses diffuses sans gravité. Après une quarantaine d’injections hypodermiques de sublimé et un traitement local, la restauratio ad integrum est obtenue.
OBSERVATION XI Y. ARSLAN (1)
Femme de 20 ans se présente, accusant de très vives douleurs dans toute la moitié droite de la tête, accompagnées des symptômes d’une rhinite droite aiguë (obstruction de la fosse nasale, larmoiement, écoulement muqueux, respiration difficile, etc.) Depuis deux jours, à ces symptômes, qui dataient de deux semaines, s'était joint une tuméfaction assez doulcureuse de la région sous-maxillaire droite et de la partie latérale externe du nez. Engorgement ganglionnaire de la région sous-maxillaire droite.
À l'examen des fosses nasales, à droite, la fosse est obstruée par une masse blanc grisâtre, qui, comme une fausse membrane, s'étend jusqu’à la partie supérieure du cartilage quadrangulaire. En épongeant la couche d’exsudat, on met à nu une ulcération à surface lardacée, fongueuse par place, à bords irréguliers, qui saigne facilement et de consistance assez dure. La muqueuse qui l’entoure est fortement hyperémiée. Tous ces caractères firent soupçonner l'existence d’un chancre syphilitique. Dix jours plus tard apparut une roséole caractéristique. Dès lors, la malade fut soumise au traitement mercuriel. Un peu plus tard, plaques muqueuses dans la gorge et aux lèvres. Quelques jours après avoir institué le traitement spécifique, la tuméfaction des parties susmentionnées allait rapidement en diminuant, ainsi que la
(1) Y. ArsLAN, — Sifiloma iniziale della fossa nasale destra. (Archivio italiano di laryngologia, etc. Juillet 1894).
roséole. Après trois mois, elle pouvait être considérée comme guérie des manifestations spécifiques qu’elle présentait. À l'examen de la fosse nasale droite, on trouve, à la place de l’ulcération indurée, un tissu cicatriciel de consistance fibreuse rétrécissant la lumière de la cavité nasale.
La femme, d’après ce qui nous a été dit, portait souvent les mains dans la bouche de son mari, porteur de plaques muqueuses sur les amygdales.
Ainsi, le mode de contagion fut les doigts, qu’elle avait la funeste habitude de porter souvent à son nez.