OBSERVATION XXXII
RaAMOGNiNi (1)
R.R....., 13 ansserrurier se présenta à la Polyclinique: S. Donato, le 10 octobre 1905,pour un exanthème qu'il avait remarqué quelques jours auparavant.Depuis quelque temps, sensation de corps étranger dans la narine gauche. Brèves, mais fréquentes épistaxis et larmoiement continuel de l'œi] gauche. Céphalée nocturne. À l'examen, gonflemert de la joue gauche. Ganglions sous-maxillaires du même côté gros, durs et mobiles (surtout le ganglion angulo-maxillaire). Sur la narine gauche, à 1 cm. au-dessus de la sous cloison et dans le voisinage très proche du lobule du nez,on trouvait une petite tumeur rouge sombre, à base indurée, séssile, recouverte d’un exsudat fibrineux sous lequel on découvrait une ulcération superficielle, cuivrée, saignant facilement. Gêne respiratoire. Voix nasonnée. Sur le corps, syphilide maculo-papuleuse discrète en évolution.
A l'examen rhinoscopique antérieur, la muqueuse de Ja narine était gonflée, d’où rétrécissement de la fosse nasale. Il y avait aussi obstruction du canal nasal. Sous l'influence d’un traitement mercuriel intensif, le chancre diminua de volume et le larmoiement cessa. Après un mois,il ne restait plus trace de l’accident primitif.
Le mode de contagion fut facile à établir: depuis un an,le père était soigné pour de graves manifestations syphilitiques (vaste chancre écthymateux étendu au gland et au prépuce, syphilide ulcéreuse rupioïde aux articulations). Or celui-ci, malgré mes conseils, fit coucher son fils avec lui, échangeant fréquemment les oreillers souvent souillés desalive.
(1) P. Ramocnini. — Contributo allo studio dei sifilomi iniziale della pituitaria (Giornale delle malattie vencre, 1907, vol. XLVIII, p. 293.
OBSERVATION XXXIIT
A. BERTARELLI (1)
En février, je fus appelé auprès d’un malade présentant sur le corps une éruption gènéralisée, datant d’un mois, à forme maculo-papuleuse. Deux jours avant ma visite, il y avait eu, en outre, aggravation d’un coryza et d’un larmoiement que le malade éprouvait depuis presque deux mois. Cette éruption ne pouvait être qu’une syphilide maculopapuleuse. Le malade, célibataire de 50 ans, n'avait Jamais eu aucune lésion aux parties génitales. La recherche de la ported’entrée conduisit à relever sur la partie gauche de la cloison nasale, à 1 cm. au-dessus de sa base, une ulcération circulaire, à bords un peu relevés, rouge, sessile, qui datait elle aussi de deux mois environ. Pleïade ganglionnaire sousmaxillaire et préauriculaire. La cure mercurielle énergique, entreprise de suite, dissipa tous les symp.ômes et confirma le diagnostic de chancre de la muqueusede la cloison et de
syphilide secondaire.