‹ Du Change et de la liberté d'émissionChapitre 63 sur 105 · Tableau n · texte numérisé non relu

Tableau n

métaux précieux pendant sa liquidation. Dans la période suivante 1857-64, les mêmes oscillations se reproduisent : après avoir fléchi de 1,509,000,000 fr. à

921.000. 000 fr. (1859-61), le drainage des espèces relève le mouvement total des métaux précieux à

1.388.000. 000 fr. en 1864, l’année même de la crise; l’année suivante, comme en 1 858, le chiffre s’abaisse à

1 .092.000. 000 fr., mais le reflux des espèces pendant la liquidation de la crise le reporte bientôt à 1 ,554,000,000 francs en 1866; la même reprise s’était déjà produite en

Tel est donc l’emploi de la plus grande partie de cette somme de 1,816 millions, résultat définitif de toutes les importations d’or de la Californie et de l’Australie; elle se trouve ainsi constamment expédiée et réexpédiée chaque année dans un mouvement de va-et-vient général destiné à solder directement nos échanges là où nos produits ne sont pas immédiatement demandés.

Au lieu de les échanger contre d’autres produits, ce qui n’est pas toujours facile, réclame des intermédiaires, expose à des variations de prix, et ne permet pas toujours une vente rapide, on exporte des métaux précieux, or et argent, non pas seulement pour faire la balance et le solde des payements, mais comme marchandises toujours acceptées, recherchées et donnant au détenteur toute liberté et puissance d’acheter; c’est ainsi qu’on n’hésite pas à engager de nombreuses affaires auxquelles, faute d’une contre-partie convenable, on n’aurait pas

osé songer autrefois. De là une activité et une rapidité dans les échanges inconnues jusqu’alors, privé qu’on était de ce merveilleux moyen.

En Angleterre, quoiqu’on ne possède les même relevés statistiques que depuis 1 858, on constate le même emploi. La somme s’est élevée jusqu’à 1,812 millions en 1 859 et en 1 864 elle atteignait encore 1 ,207 millions.

Cette masse énorme de métaux précieux, employée en France et en Angleterre à faciliter les échanges, puisqu’à peine entrée en circulation dans les deux pays, elle est réexportée, nous rend bien compte de la manière dont sont payées les importations des matière^ de première nécessité dont la production a manqué soit par suite de disette, comme pour les céréales, soit par suite de la guerre d’Amérique, pour les cotons. On l'applique de suite aux besoins les plus pressants; d’autres industries peuvent en souffrir, mais du moins on n’interrompt pas le mouvement général des affaires.

Depuis que l’Angleterre et la France ont en circulation de telles sommes toujours disponibles, les disettes, quelle que soit leur origine, n’ont plus la même influence prépondérante sur les crises commerciales.

Dans les dernières années le mouvement total se trouve ralenti, mais ce qui est bien digne de remarque, c’est que malgré l’accroissement énorme des importations provenant de sources bien connues, les exportations ont marché pour ainsi dire d’un pas égal.

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