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DISPOSITION DE LA MASSE

La masse ayant été assouplie^ pétrie, rendue malléable , le cavalier ri a plus qu'à la disposer et à l'animer sur la disposition.

Voici donc la masse du cheval préparée à Tobéissance par les assouplissements, venue, par ce travail, à composition, rendue malléable, à la disposition complète du cavalier, ne pouvant plus opposer à son action la contraction musculaire engendrant la résistance.

11 va falloir maintenant la disposer pour répondre, dans les meilleures conditions possibles, aux actions combinées du cavalier, puis ïanimer.

« Ton nez va devant, suis ton nez », dit un des personnages de Jean Richepin, dans la pièce Les Truands, ij représentée à TOdéon en 1899. >

L'application du principe que « le corps du cheval, i

sa masse, prenant la direction de la tête, il suffit, pour i

la conduite, quand l'impulsion est donnée, d'influencer la tète » doit être mis en pratique d'une façon constante en équitation, et chacun de ceux qui ont le bonheur d'être appelés à monter à cheval devrait s'en pénétrer constamment, dès qu'ils enfourchent ce noble animal.

Le cavalier doit suivre la tête et Vinfluencer comme le bicycliste influence son guidonpour assurer ou modifier sa direction.

Après nous être représenté la masse du cheval, considérée au point de vue interne, comme un composé de

fibres, musculaires et nerveuses, qui doivent être travaillées et assouplies pour ne pas résister à dos actions, considérons cet assemblage, la masse, envisagée au point de vue externe, telle qu'elle se présente à nos yeux et remarquons qu'elle affecte sensiblement ta formed'une flèche, dont la tête est la pointe.

De même que, pour une flèche, l'impulsion estdoanée, par la détente de la corde de l'arc, à la partie postérieure; de même, pour le cheval, l'impulsion, sollicitée par l'action du cavalier et imprimée par l'engagement et la détente des postérieurs, vient de l'arriére-main.

Une fois cette flèche eo mouvement, la masse, si vous lui donnez une rigidité suffisante, suivra forcément la direction prise par la pointe, la tête, tant que des causes nouvelles ne viendront pas entraver la marche en avant ou modifier ta direction première. Et en cours de route, il suffira, pour modifier la direction de cette flèche, d'influencer la pointe, soit directement, soit indirectement, pour que la masse, entraînée par la force d'Inertie, coule dans la direction indiquée.

De même un arbre, si long et gros qu'il soit, flottant au fil de l'eau, e/ mis en mouvement par le courant, peut subi ■ une modification importante dans sa direction par le sjul attouchement d'une petite badine, serait-elle tenue par les mains d'un enfant, agissant, soit sur la pointe, ce qui produira un effet direct, soit sur le talon, ce qui produira, sur la pointe encore, uu effet indirect, mais amenant également un changement de direction'.

U est évident que, s'il en est ainsi, c'est que le coefficient de frottement de l'eau est excessivement faible;

I. En iSTî, un baioau -lavoir, qui avait l'ompu sos amaiToa, dcscoadait la Seine à la diirive. Au pont de Bercy, il menace As heurter un échafaudage chargé d'ouvritTS. Une cataslropliu rsl imminL'nlc. Maihias Montprnach, auquel on va élever un monument pour ses nombreux sauvetages, s'élance dans une barque et, quand il pouvait se faire broyer, réussit à détourner, avec une perclic, l'énorme masse qui passe sans toucher l'cctiafaudage.

40 DU CHEVAL BIEN Mfi ET BIEN MIS.

mais, sans vouloir penser que notre comparaison soit juste en tous points, il faut remarquer que, par un premier travail, accompli au moyen d'assouplissements, nous avons amené le cheval à céder à nos moindres actions et à ne plus pouvoir opposer de résistance.

Et encore, une grosse pierre, de forme oblongue surtout, qu'un homme n'aurait pu ébranler, tant qu'elle était fixée et qui, détachée par une cause quelconque de son point d'appui et roulant sur une pente, viendrait menacer une personne faisant l'ascension, peut être dérangée de sa direction première, quand elle est en mouvement, par la rencontre d'un arbre, serait-il petit, venant frapper une de ses extrémités, ou avec un pic, et au moyen d'un effort relativement faible effectué sur son passage pendant qu'elle dévale.

Il ressort de ces exemples, pris dans la nature : 1° que le mouvement est essentiel ; 2"" que quand il s'agit, en particulier, d'un objet ayant une forme allongée, l'impulsion peut être utilisée, pour les changements de direction, en opérant une action sur Tun des deux bouts, cette action produisant, dans les deux cas, s'il y a une rigidité suffisante, son effet définitif sur le petit bout, la pointe, imprimant la direction générale ; cette action, cette force, peut être appliquée en effet, soit à la partie antérieure, l'effet produit étant alors direct, immédiat, soit à la partie postérieure, ce qui entraîne, par effet indirect, le changement de direction de la pointe du côté opposé.

Mais, que Ton agisse sur l'un ou l'autre bout, l'effet ne pouvant se produire avec facilité que par suite du mouvement, de l'impulsion, la première préoccupation de celui qui veut utiliser cette force, pour obtenir un effet nouveau tel qu'un changement de direction, sera de ne pas entraver cette force, le mouvement.

Chez le cheval, qui nous occupe, la force réside dans la contraction des muscles et, pour l'impulsion, dans la

UëUXIÈHE CAUSKRIb:.

coniraction spéciale des muscles de l'arriè construit, il n'y a qu'à le regarder, pour po projeter la masse en avant.

11 faut donc : Premier point : Solliciter l'amc et en particulier les membres postérieurs po s'engagent sous la masse et s'emploient cor conçu la nature. Nous étudierons cette nécesE une de nos causeries suivantes et nous verrons c on peut obtenir que ces agents d'impulsion soi traints à fournir le degré d'impulsion sollicilé dépasser ;

Deuxième point : L'impulsion étant produite, il faut l'utiliser et, pour cela, tout faire pour l'enrayer, pour ne pas diminuer son intensité, lier supiirimant par conséquent, autant qu'il sible, toutes les causes d'entraves et de Hottem peuvent restreindre le travail de rendement.

Continuant à faire passer le lecteur par li succession d'observations et de réflexions que • laquelle nous avons été amené à passer nou:

nous résumerons et condenserons ces différente dératioQS de la manière suivante :

En premier lieu, examinant comment le chi pressionnait notre intelligence, notre vue, au | vue de sa forme générale, la réponse bien pr celle-ci : Le cbeval a une forme allongée, ti flèche, disposée pour le mouvement en avant.

Étant donné cet animal ayant la forme d'um quels sont, après examen de sa construction spé< moyens les plus logiques et les plus pratiques pc en servir comme monture?

Le diriger en agissant sur les deux bouts, so l'impulsion de l'arrière-main , mais en esiget son maintien, qu'il n'influe sur la direction de l qu'à bon escient, ie cavalier influençant en mém la pointe, la tête, le plus près possible de cette

44 bU CHEVAL BIEN MÛ ET BIEN MIS.

cette pointe et des parties immédiatement voisines. Si elle est en Fair, le centre de gravité va se reporter en arrière et toute la masse va tendre à s'élever; si elle est encapuchonnée, le centre de gravité se déplacera en avant et la masse va avoir une tendance à s'enterrer. {Fiff. ietS.) positioD normale Pour que le cheval soit dans les meilleures condi-

de U tête. ^

tions possibles de stabilité et d'équilibre pendant le mouvement, le centre de gravité, dont les écarts latéraux sont empêchés par les jambes, doit progresser sur un plan se rapprochant le plus possible du plan horizontal, les mouvements paraboliques que décrit, que trace, dans l'espace, son grand axe — sur lequel se rencontre, avons-nous dit, et autour duquel se meut le centre de gravité, — étant aussi limités que possible.

Plus il y aura de régularité dans le déplacement du centre de gravité en avant et plus les oscillations d'élévation et d'abaissement seront limitées — les jambes du cavalier, nous l'avons dit, s'opposant aux déplacements du centre de gravité à droite et à gauche qui ont pour conséquence les flottements , — plus la locomotion sera normale, et les allures régulières.

C'est à la suite de considérations semblables que la marche par flexion, mise en lumière par le commandant de Raoul et basée sur la diminution du déplacement du centre de gravité, a été mise en pratique dans certains cas et a donné de bons résultats K

C'est encore par une disposition spéciale du centre de gravité que, dans les galeries de mine, l'on voit certains ouvriers courir, marcher avec la plus grande rapidité, courbés en deux et les jambes fléchies à ce point qu'ils marchent en rampant.

1. Comment on marche , supériorité du mode en flexion^ par le commandant de Raoul, chef dVscadron au ?A* d'artillerie, et Félix Rêgnault, ex-interne des hôpitaux de Paris et ancien major civil de l'hôpital de Mai-seille (1808). Une nouvelle édition de cet ouvrage vient de paraître chez Lavauzelle.

Tig. i. — Diffrrtniti poiiHons d'tncoturt tl modipcaUont qu't. entraînent lur le centre de gravité.

- Influence de la disposition d'encolure sur la position du centre de gravité.

Or, pour le cheval, la position de

pointe, a une influence constante sur la

masse entraînant le centre de gravité; i

de recherclier quelle est la meilleure

faire prendre dans le but de faciliter 1

en avant et de limiter et de régler lei

d'élévation et d'abaissement du centre c

HonTemeui «le ■■ Pendant la marche, la masse est se

danî^mpa». fori^^s, la force musculaire, qui la soûl

consMcrmiiona. j,;i(c en avant, la pesanteur, qui la r

terrain. Il s'ensuit que la masse, soûles

projetée en avant, s'abaisse et vient re

décrivant, dans l'espace, une trajectoire

celle d'un projectile.

Et la forme oblongue donnée aux p marquons-le en passant, comme étant ; pour en assurer la direction et s'opposer i de l'air, a été appliquée au cheval par de favoriser le mouvement en avant; et est destiné à en fournir, k donner de la v conformation est allongée et taillée en le pur saog anglais.

Étant données celte trajectoire que d du cheval dans l'espace et l'influence de la direction, recherchons donc quelle di position de la tète , sa direction plut comme pointe, afin de favoriser le pi mouvement en avant et la bonne cxécul jectoire.

La position de tôtc la plus favorable en avant est la suivante : Le bout du le plus possible dans le prolongement d passant par le centre de gravité , l'en par suite de la disposition donnée aux scurs et, surtout, par la liberté qui leur se décontracter, d'aller chercher les mo

chanfrein prolongée devenant sensiblement parallèle au sol.

Cette position variera selon le travail, Tangle formé avec le sol, par la ligne du chanfrein prolongée, qui sera de 45 degrés environ dans le travail ordinaire, étant plus petit dans le travail allongé, et plus grand, afin de gagner en élévation, dans le travail de manège ; mais on pourra juger de son importance en sougeaut que, de cette disposition préliminaire, précédant le développement de la foulée, dépendent la rasance ou l'élévation de la trajectoire décrite par la masse.

Si la poiote, le bout du nez, est en Tair, la masse rejoindra le sol plus tard \ mais elle gagnera moins de terrain en avant par le fait qu'elle se sera élevée davantage; si le bout du nez est en deçà de la verticale que formerait la ligne du chanfrein, la masse atteindra le sol plus près et son mouvement sera raccourci; donc, plus le bout du nez sera maintenu en avant, parallèlement au sol, plus la trajectoire sera rasante et plus elle sera favorable au mouvement en avant.

De même le relèvement d'un canon de fusil entraîne rélévation de la trajectoire, tandis que rabaissement exagéré peut avoir pour conséquence de faire rencontrer le sol au projectile; l'horizontalité du canon seule, ou un relèvement calculé, amènent une trajectoire tendue et rasante. Mais de même que, avec un fusil, il faut, après avoir visé, maintenir Tarme en direction au moment de faire partir le coup; de même, pour le cheval, après avoir donné à la pointe la disposition normale, il faut la maintenir au moment de la sollicitation et de l'extension; sans cela, il est inutile de

1. Plus cette position est exagérée, plus la branche descendante de la trajectoire est verticale, de soile que la foulée devient raccourcie, tandis qu'elle est allongée quand la tète est placée normalement.

l'avoir donnée et c'est comme !« sa position après avoir visé avec D'après ces coasidératioas, dous dans le travail ordinaire, le chevs en face la voie, le terrain sur leq en avant; il doit donc être dtspi moyen des rênes, de façon que s corps, cntraloe la masse dans un le plus possilile du plan horizontt par l'axe de son corps.

La ligne du chanfrein proloDj an^le de i»5 degrés environ avec pendant dans le travail allongé, travail de manège, le bout du point voulu, désirable, comme dis} comme point initial de lextenstoi développement du mouvement en et étant ramené à cette disposition que le cheval a des tendances è baisser le nez en-dessous, ou dé mettre en-desstts en portant la U Dans le premier cas, on le relèv ou les deux rênes de filet, mors se ramène d'un seul ou des dei haut, plus haut, trop haut, alîn tion défectueuse des muscles de la tète, par suite de sa conformai tion sur l'encolure, a toujours des i — et c'est pour cette raison qi facile de baisser que de relever

Dans le deuxième cas, on fcnc oppositions produites avec le moi et en faisant glisser légèrement, filet dans la bouche, jusqu'à ce qi pris la bonne disposition et qu'i même. {Fiff. 4.)

Hais, ce qu'il faut bien saisir, c'est qu'il s'agit seulement d'une disposition préliminaire à faire prendre à la tète, aux muscles de l'encolure, en agissant sur ceux-ci et sur l'articulation de la tête et de l'encolure, comme point initial ^ nous le répétons, de l'extension, du développement du mouvement en avant, de la foulée.

Et on obtient ce résultat, comme tous les autres, en travaillant les muscles de Tencolure et l'articulation de la tête au moyen d'assouplissements du genre de ceux que nous avons indiqués, puis eh disposant cette articulation et ces muscles préalablement assouplis et préparés.

Ce travail s'opère, comme tout le reste, pendant le cours du dressage de sorte que, au fur et à mesure qu'il avance, cette disposition de la tète est prise naturellement par le cheval, sans que le cavalier ait besoin de s'en préoccuper outre mesure dans l'avenir.

Mais il y a intérêt à donner celte disposition dès le principe, au début du dressage, afin de ne pas avoir à réprimer plus tard de mauvaises habitudes contractées.

« La voie est ouverte, là tu peux descendre, détendre, allonger tes extenseurs », indique-t-on au cheval en .jetant les rênes au moyen d'un petit renyoi des doigts faisant relever et allonger le nez en avant ; « mais dans cette voie seulement », lui indique-t-on encore au moyen de petites oppositions produites par de simples contractions des doigts.

Et alors, la disposition préparatoire étant assurée, non seulement cette détente, cette descente de la tète et de l'encolure n'ont plus d'inconvénients, mais encore — le cheval prenant bien les mors, sans chercher à échapper à leur action, ni en-dessus, ni en dessous — . elles sont nécessaires pour entraîner la masse dans la bonne direction, pour éviter la contraction des extenseui'S et, quand ils seront détendus, pour pouvoir les

PoalUoo uMnnaic d€ la tête : CB dessous.

ramener à la tension, les employant ainsi utilement pour l'effet préconçu.

Et c'est ainsi que nous avons été amené à dire — et nous le répétons avec conviction — que la descente de main, le jeu de Tencolure, sont des signes évidents, indubitables, de la franchise du cheval ; leur absence, au contraire, ou leur mauvaise exécution sont des preuves certaines d'un manque d'engagement dans le mouvement en avant. .

Au lieu de regarder bien en face et de bien rechercher les mors en tendant les rênes, le cheval a-t-il une disposition à s'encapuchonner, à ramener le bout du nez en deçà de la verticale, que ce défaut vienne de sa conformation, d'une disposition naturelle, ou de ce que lecavalier lui présente mallesmors?il n'est pas disposé normalement par rapport à Textension, au développement du mouvement en avant : prolongement de Taxe horizontal du corps.

// est disposé trop. bas.

Il ne regarde pas exactement le terrain sur lequel il va marcher, il regarde en-dessous, en deçà de l'endroit où il doit, normalement, poser ses membres an^ térieurs, et, par suite de la disposition défectueuse de sa tête, de la pointe, il va rencontrer le sol plus tôt qu'il ne faut; ses mouvements seront raccourcis et son extension en sera diminuée.

La masse, disposée à s'enterrer, entraîne rapidement le. centre de gravilé vers le sol et, le centre de gravité, reporté en avant, n'étant pas maintenu au milieu de la base de sustentation et se rapprochant trop de la partie antérieure, Téquilibre risque d'être rompu au moindre obstacle. {Fig. 5.)

Le poids de la masse vient en entier sur les membres antérieurs qui, surchargés outre mesure sans pouvoir s étendre sulfisamnient en avant, forcés qu'ils sont, par celte disposition, de rencontrer le sol

trop tôt, risquent de ne pouvoir suffire à leur tàcbe.

La tête, par le fait que le bout du nez est trop ramené, a des dispositions et toute facilité pour s'encapuchonner; le cavalier, offrant le mors en-dessous du plan horizontal passant par le grand axe du corps du cheval, permet à celui-ci d'opposer à la main toute sa masse, toute sa force; le cheval s'arcboute sur la main, sur laquelle il envoie toute la détente de ses jarrets.

Que le cavalier s'oppose à cette disposition défectueuse en relevant la tête avec les doigts, de façon que le bout du nez soit amené dans Taxe du mouvement, et le remède sera trouvé ; le cheval ne peut plus s'appuyer d'une façon désordonnée sur la main et toute la force qu'il mettait à la défoncer, à s'y trop reposer, est employée à gagner du terrain, ù le faire progresser en avant.

C'est que, disposé de la sorte, le cheval ne peut plus tirer ou, tout au moins, opposer au cavalier la masse de son corps; on peut donc, par le fait même, l'impulsion arrivant seule à la main, diriger le cheval en la distribuant plus facilement et régler son mouvement et sa vitesse. L'action du cavalier se produit en plein sur le centre du corps du cheval, sur son centre de gravité, tandis que, en le disposant trop bas, en dedans, ou en lui laissant prendre celte disposition, la plus grande partie de la force employée par le cavalier, passant en dessous, va se perdre dans l'espace, au lieu d'agir sur le corps du cheval.

Enfin, par la disposition normale de la tête, on favorise, chez le cheval, l'enlèvement de son corps, de sa masse, l'engagement de l'arrière-main qui, nous le verrons, doit venir soulever légèrement l'avant-main et non pas le surcharger et le forcer à rencontrer le sol trop tôt.

Bref, ce sera la disposition et, plus tard, la position

mMM

fig. 5. — Poiilion anormale de la télé et Je l'encolure : en destoui. encapuchonnée, he centre de gravité avance.

Tig. 6. — "Position anormale de la léte et de l'encolure: en Jestus, en l'air. Le centre Je gravité recule.

de têlc la plus favorable à la bonne exécution de la trajectoire décrite à chaque fouléo.

C'est par paresse que le cheval prend cet appui exagéré sur la main, il faut donc le lui refuser; il compte sijr le cavalier pour le soutenir, pour le porter, même, et s*arrange pour que le cavalier se donne une partie de la peine qu'il aurait à assumer lui-même si, cet appui lui étant refusé et sa tête étant disposée autrement, normalement, on l'obligeait, par lA-mômc, à ^ mieux répartir le poids de sa masse, à engager son arrière-main, à s'en servir selon la demande et non pas seulement pour pousser ^ la masse, Antre poautoo Le cheval a-t-il des tendances à prendre la disposi- :^^

î«ie:eB *€9»u». ^o" de tête inverse, à mettre le nez en l'air, que cette

position défectueuse provienne encore de sa conformation ou de ce que le cavalier lui présente mal les mors? il n'est pas non plus disposé normalement par rapport à l'extension, au développement du mouvement en avant, prolongement de Taxe horizontal du corps. // est disposé trop haut.

Il regarde au-dessus, au delà du terrain qu'il va rencontrer, du point où il doit poser ses pieds normalement et, par suite de sa disposition de tête contraire de la précédente, ses membres vont rencontrer le sol plus tard qu'il ne faut; ses mouvements seront allongés, étendus — et c'est pour cela que cette position, quoique défectueuse, a beaucoup moins d'inconvénients que la précédente — , mais l'extension se fera en l'air au lieu de se produire en avant, et il y aura suspension, d'où retard et manque d'allongement dans la trajectoire par le fait que, après Télévation, la masse, dans la branche descendante de la trajectoire, retombera plus verticalement sur le terrain.

1. Le cheval qui a de mauvais jarrets prend la môme disi)ositioii pour se soulager. Il appartient au cavalier de leur faire subir un travail progressif pour les amener à sufflre à leur tâche.

La masse, disposée comme pour se dresser en Faîr, entraîne le centre de gravité qui se trouve alors reporte en arrière, et, s'il y a exagération de cette disposition par suite de la conformation de Tencolure, l*équilibre risque encore d'être rompu. [Fig. 6.)

L'arrière-main, surchargé, ne peut plus s'engager sous la masse pour venir soulever légèrement l'avantmain; le cheval ne peut pas regarder, voir où il va poser ses membres antérieurs et ceux-ci vont raboter le sol et faillir, chacun d'eux ayant à supporter seul le poids de la masse qui devrait être réparti, normalement, sur le bipède diagonal.

La tête, le bout du nez étant e/i l*air, est portée haute, quelquefois renversée; le cavalier, en offrant les mors au-dessus du plan horizontal passant par le grand axe du cheval, permet à sa monture de couler son corps au-dessous de la main, en creusant son rein et en patinant avec ses postérieurs. {Fig. 7 y 8y 9, iO.)

La plus grande partie de la force employée par le cavalier, mal appliquée, passe au-dessus du corps du cheval, n'agissant pas, par conséquent, sur la masse, sur le centre de gravite, et va se perdre en l'air, dans l'espace, sans avoir été suffisante pour produire l'effet recherché; enfin, tout l'effort se concentre sur le rein et en amène la ruine prématurée.

En un mot, la conformation d'encolure la plus favorable au mouvement en avant est Tencolure droite, horizontale, en talus *; il y a donc lieu, par le dressage, de ramener, le plus possible, toutes les encolures à ce type.

1. Depuis la ganache jusqu'au poitrail, le cou*doit descendre en forme de talus, de telle sorte que le haut soit beaucoup plus avancé que le bas et que la ligne supérieure et inférieure de l'encolure soient deux lignes droit<}s formant les côtés longs d'un triangle tronqué. — Un cheval de Phidias, par Victor Cherbulicz.

Jjt.

4U»atfti*B de (fie sur la IrancUm. Camuenl

DEUXItCME CAU!

Pour juger de l'imporiance q tète au point de vue de la Lonn ment, il n'y a qu'à observer ce rétive dispose la sienne.

Aussitôt, il met sa tëtc entre 1 plus possible son bout du ne:

fluencer en ce sens le centre de il élève la tète pour se cabrer, de gravité en arrière.

Et ce n'est que quand le et énergique, aura, dans le premi< sa position normale, le bout di le deuxième cas, obtenu une me:

le mouvémcut en avant en mob en l'obligeant à pousser en avani autre position d'encolure que cel — que le cheval cédera et rej avant.

Un cheval qui a le nez en avs ne le peut pas; il est entralnr quelque sorte, par suite de la b pointe.

Et en effet, le bout du nez et muscles de l'encolure, des épau cette direction en les étirant, e seul mouvement de leur décon sion, agissant sur l'avant main, masse en avant, celle-ci entra vite.

Le cavalier doit donc s'efforci de faciliter et d'entretenir cette avant et de leur donner, par sui tion de la tète, la bonne dired détente va avoir lieu. Afin de lance un peu les rênes en avac duire sur les mors un effet d'arri

Déplacement 4e la masse.

Entraves lia mouvement.

ment de bas en haut; il redresse ainsi le bout du nez en ramenant en avant, ce qui sollicitera la détente des muscles et, agissant sur la pointe, aura pour résultante d'entraîner la masse et le centre de gravité plus loin en avant, en rasant le sol.

On peut, on doit même, quand le cheval raidit les muscles de Tencolure au lieu de les décontracter, peser avec la main sur le bord supérieur de Tencolure et la pousser de façon à l'engager à se baisser et à faire prendre aux extenseurs la disposition favorable à la détente et au mouvement en avant.

Par suite de l'impulsion, la masse se met en mouvement et le centre de gravité se meut comme un mobile, situé au centre de la cavité thoracique, se déplaçant sous Taclion de la Torce. La masse, répondant à la force de l'impulsion par le mouvement, est entraînée dans la direction de cette force d'abord, puis obéit à la force d'inertie, et cela tant qu'une force nouvelle ne vient pas l'entraver. Les postérieurs ont, en effet, agi sur le centre de gravité qui se déplace en avant.

Les causes d'entraves dans le mouvement en avant sont diverses ; il faut placer en premier lieu celles qui sont d'ordre naturel : c'est d'abord la résistance de l'air, puis la réaction du sol et ses aspérités. Il appartient au cavalier, en sollicitant de l'arrière-main une impulsion et une énergie musculaire suffisantes, de les surmonter.

Elles proviennent ensuite soit du cheval, soit du cavalier ; si le cheval est libre d'influencer différemment son centre de gravité, il va clicrcher à déplacer son corps à droite ou à gauche, peut-être même à changer de direction, et emploiera une nouvelle force qui viendra à rencontre de celle sollicitée pour le mouvement en

avant.

Et toute contraction musculaire qui ne contribuera pas au déplacement en avant sera une entrave à la

deuxième: causerie.

permanence du bon engagement dans .mouvement uniforme.

Et de même, tout faux mouvement, tt du cavalier en arrière ou sur le côté, d force qui, influençant de nouveau le ce de sa monture, réagira sur la masse en côté où cette nouvelle force l'attirera contrarier le mouvement en avant.

1 Tant qu'on voudra aller en avant, il p le cavalier, entretenir le déplacement du - vite en avant : — en provoquant le ren l'impulsion venue de l'arrière-main, — mouvement sollicité one bonne directic la disposition normale de la tète, — ei corps du cheval droit par le placer d sangle de façon à empêcher le cheval d des écarts, son centre de gravilé, et, par en faisant tout ce qui lui sera possibi entraver le mouvement en avant, qui e déplacement, de la progression dans la v Après avoir établi de la sorte comment çant le centre de gravité par la bonne d masse, quand la force d'impulsion a été obtient et on entretient la franchise àa.ni en avant, — comment on supprime oi les entraves k ce mouvement, nous indii comment, en inQuençant toujours le cen on règle le mouvement en avant.

La masse est-elle frop entraînée en ai doit l'être pour pouvoir être réglée — li plus vite que ne le veut le cavalier? celu vant de l'impulsion, rétablira l'équilibr la vitesse.

L'impulsion venant bien à la main, cavalier, — par un elfet de courte duré égale au temps que le diagonal, le poste

ment, sur lequel le cavajier veut agir, met à exécuter son mouvement, et cela au maximum, — fait refluer en arrière une partie de Timpulsion, agissant ainsi d'avant en arrière sur le centre de gravité.

La force nouvelle, appliquée au centre de gravité, relarde ou modère son mouvement en avant et, réagissant sur la masse, contraint celle-ci — cette seconde force venant en sens opposé de celle déployée par le cheval et agissant pendant que la masse décrit sa trajectoire dans l'espace — à ne pas obéir dans la même proportion à celle qui Tentrainait trop précipitamment en avant. .

Pendant Texéculion de cette traction, de cette reprise sur le mouvement en avant opérée par le cavalier, les rênes ont agi sur la tête du cheval normalement placée y afin que la réaction produise son maximum d'effet sur toute la masse, sur le centre de gravité.

Les poignets se sont portés en arrière et le corps du cavalier, suivant le mouvement et prenant la direction de la nouvelle force employée, a salué en arrière pendant le même temps, pour influencer aussi et très considérablement le centre de gravité.

Nous expliquerons en détail ce procédé en parlant du demi-arrêt.

Disposiuoii de la S'agit-il de changer de direction? les procédés pour

masse et manlè- ^, , < • /« ^ i j -i '

re d'inflaeiicer disposer la masse et influencer le centre de gravite le centre de gra- doivent être basés sur la nécessité de maintenir la ligne

vite pendant le ^

de gravitation au-dessus de la base de sustentation, et cela, aussi bien pour éviter la chule de la masse — ce qui arrivera si le centre de gravité est entraîné en dehors de cette base — que pour obtenir la régularité du mouvement. Et le mouvement, le changement de direction, s'opérera d'autant plus régulièrement et avec d'autant plus de sécurité que le centre de gravité sera maintenu plus au centre du polygone formé par les empreintes des fers à chaque foulée.

ebangement de direction.

DEUXIÈME C\USEF

Le cavalier, confondant, en le i possible, son centre de gravité a' doit suivre la masse à laquelle i[ fi cercle ayant une tendance consta centre ; il v% plus alors qu'à en rég son désir et son but.

Plus l'arc de cercle sera étendu, valicp aura de facilité à régler le l'utilisation de la force centpifugt par les aides extérieures, viendra tenir la verticale abaissée du cent au-dessus et au centre de la base d cavalier, pour se mettre dans les bonne stabilité, devra, tout natun corps en dedans. Ces obser\'ations longtemps à propos des chevaux el dans l'arène d'un cirque, il y a lie cations proportionnées de ces pi dans la pratique de l'équitatîon joi

La source principale d'impuisîoi ment de direction, le postérieur du chant au sol placé à sa porlée et masse, envoie l'impulsion à la maii & la tête, à la bouche, à l'avant-m lution. Pour que le mouvement :

que la force soit constante et qu'et profusion et sans décomposition, d' solliciter en permanence du memb à ta produire, le postérieur du verrons que, à l'action de la jai cheval répond par un engagement duquel elle agif,

1. 11 est évident que le postérieur du debi tingent d'impulsion, mais il y a plutût lieu provenance que de la susciter dans ce seni rait alors à raccourcir te tourner. Mous vern utilisée dans les cLangcments de dii'ection

58 DU CHEVAL BIEN Mf ET BIEN MIS.

La nécessite de remploi de la jambe du dedans comme agent actif ressort alors avec évidence.

Si la jambe du cavalier manque à sa tâche, soit par absence d'emploi, soit par insuffisance, la masse, animée insuffisamment, va flotter, décrire des éléments de ligne droite au lieu d'un arc de cercle régulier, et, entraînant le centre de gravité qui se déplacera en dedans de l'arc de cercle, — celui-ci se rapprochant du centre au lieu de s'en éloigner, — perdra pied peut-être en raccourcissant par trop la base d'évolution ; la ligne de gravitation pouvant alors sortir de la base de sustentation, la masse risque de glisser et de venir s'abattre sur le sol.

Pour bien disposer la masse et influencer dans les meilleures conditions le centre de gravité, il faut donc, avec la jambe intérieure, jambe droite pour tourner à droite, agir sur le centre de gravité et le déplacer vers la gauche. Une fois déplacées, les hanches obéissent à l'action de la force centrifuge qui les emporte vers l'extérieur, vers la gauche en tournant à droite, mais, envoyées sur la jambe du dehors qu'elles rencontrent, elles sont redressées par celle-ci et projetées en avant par ce nouvel agent, qui a régularisé l'écart dû à la force centrifuge et a provoqué alors une nouvelle force d'impulsion, sollicitée du postérieur de son côté, le gauche. Pendant que les jambes accomplissent ainsi leur œuvre, l'une d'impulsion, l'autre de redressement, les rênes influencent la tèle pour amener la pointe dans la nouvelle direction, l'une, la droite — pour aller à droite — agissant directement en l'attirant par un effet bien net, bien précis, mais rapide, dans la direction nouvelle, l'autre, la gauche, — rêne d'appui — en réglant le mouvement; cette rêne, étirée par les muscles et l'extension de l'encolure, s'allonge pour suivre passivement le côté de la bouche qui décrit, dans l'espace, un circuit excentrique par rapport au tourner.

DEUXIÈME CAUSERll

Et dans rexécution de ces procéc simplement décomposés, nous sero complète avec les tennes consacrés exprimer comment doivent se comp' le changement de direction et qui règlement lui-même :

n Pour tourner à droite, déterm H un arc de cercle en fermant la jj c< en ouvrant la rêne du même cAt( « elles avec la jambe du dehors e >c de la rêne du dedans par celle du

Que le changement de direction à uue allure très rapide, qu'il s'exéi cherché, sur un arc de cercle très j o usur un grand arc de cercle, le ■ contraction musculaire, employé pi l'emploi des jambes ou de l'une d' leur rôle spécifique ne changera ja

S'il s'agit d'un changement de vers la droite on vers la gauche, cl un changement de front, le cavalie:

à l'instar de l'effet opéré sur l'e:

d'un arhre flottant, de façon à ani bout da nez dans la nouvelle direct!

lera en raison de l'impulsion; pend il agira sur l'autre bout, l'arrièretervenir l'action de la jambe du côti du dedans, à l'effet d'entretenir 1' vement, et d'agir, indirectement, s flèche, le bout du nez, qui sera r suite de cette action, daus la direct!

La rêne d'appui, comme la jamb missioQ de régler le mouvement écarts trop prononcés du centre de

Leur rôle est alors un rôle passif, mais nous allons voir que cet état passif peut passer rapidement à Fétat actif, ces deux étals se succédant quelquefois très rapidement et se confondant même dans certains cas.

S'agit-il en effet d'un changement de direction très brusque, à angle droit et à une allure très rapide, les procédés sont les mêmes d'abord, mais varient en ce que la jambe du dehors passe très rapidement de l'état passif à l'état actif à son tour.

La jambe du dedans, par une action très énergique, appelle à elle le postérieur de son côté qui, répondant à cette sollicitation empressée, vient s'engager en se plantant sous la masse, prêt h, la soutenir, à l'empêcher de tomber et servant d'appui pour la lancer dans la nouvelle direction.

La jambe du dehors emploie tout ce qu'elle a d'énergie à s'opposer à la fuite des hanches qui obéissent alors à la double action de la force centrifuge et de la jambe du dedans; elle se solidifie pour agir comme un piquet et stériliser l'effet de la force centrifuge; elle a alors un rôle passif, mais, dès qu'elle a reçu les hanches, la masse, et s'est opposée à son écart, elle provoque immédiatement, changeant aussitôt, avec tact, son rôle passif en rôle actif , et cela de la part du postérieur du dehors sur lequel elle agit directement et qu'elle sollicite en conséquence, un ef!*et d'impulsion dans la nouvelle direction.

Et cette observation nous a amené à constater, ainsi que nous Tavons indiqué dans une étude précédente *, que certains chevaux, en course, pressentant que la jambe du dehors n'intervient pas suffisamment pour les aider ou faillit à sa tâche d'empêcher les hanches de fuir, se mettent à faux du derrière, pendant un instant, dans les tournants, afin d'avoir un appui pour limiter

1. - Du cheval bien mis. • {Revue de Cavalerie, septembre 1890.)

deuxiilMe causerie

l'échappement et s'élancer le plus rs dans la nouvelle direction.

En même temps, la rêne directe a t tirant rapidement dans la nouvelle v quise fait glisser la mnsse, et la rèE par la force centrifuge, suivant l'arc tracé parle mouvemenl d'évolution d< de s'écarter.

Hais, saisissez bien ceci, que le chai tion s'exécute sur un arc de cercle cavalier doit toujours tendre, par s< menter, car ce n'est qu'à ce prix qu' à sa volonté.

Nous avons vu en effet qu'un cbevi instinct, se jette brusquement dans '.

tion, sans règle; il y a donc lieu de ( tinct engendrant le dérèglement. Ce jambe du dedans qui, en déplaçant l à l'extérieur, s'oppose à un « rejet » 1 diminuer l'arc de cercle, utilise l'i centrifuge et, en envoyant la masse rain fuit, où il y a de l'espace, évit< sible.

Et de la sorte, si la jambe du dcd plît bien son rôle, la masse rencon extérieures qui n'ont plus qu'à en ies aides extérieures font un office sa remplit le rail extérieur, légèrement courbes des voies ferrées.

Le tact du cavalier consiste donc à aciivement ou passivement, mais san sion, ce qui arrive si l'effort du ea^ contretemps ou si, prolongé, il gêne

Faute de réHcxion et d'habileté, l< souvent de la force où il ne faut qu une pression, et c'est ainsi que les c

62 DU CHEVAL BIEN Mf ET BIEN MIS.

rcction sont si défectueux et si pénibles. C'est le mouvement, rimpulsion, nous le répétons, qui sont la source de la bonne exécution du changement de direction ; or, par le fait de l'emploi d'une force venant à rencontre de celle qui a poUr causes rengagement et la contraction musculaire des postérieurs, il y a décomposition, flottement, arrêt du mouvement, mauvais emploi de l'impulsion; et la masse, n'étant plus entraînée ou l'étant insuffisamment, ne peut plus obéir avec

justesse.

Le cheval, mal pris, mal guidé, mal mi\, oppose à cette force intempestive une nouvelle contraction musculaire contre laquelle va avoir à lutter le cavalier, et, profitant de l'appui que tout corps lancé dans l'espace cherche à prendre quand il est offert à sa portée, il le saisit, quelque fuyant qu il soit, et, s'y abandonnant, est entraîné dans la direction de cette nouvelle force, non réglé.

Le cheval prend donc, mécaniquement, l'appui dn côté où il lui est offert le plus fort : or, comme, par manque d'habileté, cet appui lui est offert souvent d'une façon plus considérable par la rêne d'opposition, il s'ensuit que le cheval, en recherchant cet appui ou en s'y confiant, est entraîné dans la direction opposée. As»oapii98enient Le cavalicr doit donc subir une préparation pour pouvoir employer ses aides d'une façon savante, pour être absolument maître de se servir de tous ses muscles à bon escient, les contractant ou les décontractant dans la mesure convenable, utile, sans entraver l'impulsion et sans contrarier l'effet produit ou sollicité par l'une de ses aides.

De même que, pour le mettre à cheval il a fallu le décontracler, l'assouplir afin qu'il puisse résister au\ réactions en les emmagasinant en quelque sorte, et cela le plus possible ; de même, pour appliquer ces principes et ces procédés de conduite, pour monter un jeune

du eavaUer.

cheval, comme pour en piloter un fait, dressé, dans une équitalion plus délicate, il doit être souple à Texcès, afin de ne faire qu'un avec sa monture et de rapprocher le plus possible son centre de gravité de celui de son cheval.

Et pour être souple à l'excès que doit-il faire?

S'entretenir en souplesse au moyen d'assouplissements appropriés, fréquents, constants.

La première partie du dressage du cheval, comme la préparation de celui qui est chargé de le monter, se résume donc en un mot : Assouplissements,

Et vouloir faire faire des mouvements à un cheval avant d'en avoir facilité le travail, la manœuvre, à tous les muscles qui doivent être mis enjeu est un barbarisme, un non-sens.

Et ne serait-il pas plus anormal encore, après avoir travaillé un cheval au moyen d'assouplissements et après l'avoir amené au degré de souplesse désiré, de consentir, pour l'employer, à mettre sur lui un être qui ne serait pas rendu au même degré de souplesse et détruirait ainsi ou modifierait le résultat du premier travail.

Et cependant, combien peu de cavaliers prennent le soin de pratiquer les assouplissements, ne songeant pan assez, non seulement qu'ils sont absolument nécessaires pour acquérir et obtenir le tact d'où dépend l'habileté de conduite, mais encore qu'ils leur devront la vie A tous moments ; car, si le cavalier ne suit pas sa monture dans tous ses déplacements, dans toutes ses évolutions, par suite de son élasticité et de sa souplesse, il y aura, dans un mouvement brusque, séparation de corps, chute... et fracture peut-être.

Appiicauon aox Et de même, quand il s'agit de cavaliers militaires

cavaliers mlU- , i . . i ^ • • « e i v '± r •

taire» de 2« et de deuxième et troisième année, auxquels on tait faire 3« année. ^^g assouplisscmcuts, leur amour-propre semble souQVir

de ce qu'on les ramène en arrière, au temps où ils faisaient leurs classes comme recrues.

Il faut, coûte que coûte, surmonter ces préventions en leur faisant comprendre qu'il y va, en premier lieu, de leur intérêt, car c'est seulement en s'entretenant en souplesse qu'ils pourront vaincre les résistances du cheval, le suivre dans tous ses mouvements, éviter les accidents ou, du moins, /azV^ ia boule en tombant et éviter la casse.

Faisons donc faire des assouplissements aux jeunes chevaux pour les dresser, aux vieux pour les entretenir, aux cavaliers pour qu'ils puissent les monter sans les gêner.

Au point de vue de la stabilité, il est presque superflu de dire que la souplesse du cavalier joue un rôle des plus importants, car elle seule permettra de disposer son corps de façon à suivre sa monture en confondant le plus possible son centre de gravité avec le sien ; cheval et cavalier, indissolublement liés, ne formant qu'un tout et se déplaçant du même bloc.

Mais encore, le cavalier doit chercher, par le liant, à ne faire qu'un avec le cheval pour agir correctement avec ses aides et pour que leur effet ne s'entrc-détruise

pas- .'Vécessiié de Tac- Puisque l'impulsion, sollicitée par les jambes, doit

corn «es uties. ,.. xi*<*if i *i j.'*j a i*i

être reçue et distribuée par la main, il est évident qu il faut un accord parfait entre les jambes et les mains du cavalier ; s'il y a manque de concordance et, surtout, solution de continuité, l'effet des jambes ne se communiquera pas à l'agent de direction, à la main chargée d'influencer la tête avec justesse.

Toutes les différentes parties du corps du cavalier, préalablement assouplies, doivent être liées ensemble, maintenues fermes et fixes.

Exemple : les jambes agissent, le cheval y répond par rengagement dans le mouvement en avant, l'impulsion est communiquée au rein du cavalier, à son corps,' à ses épaules, aux avant-bras, et arrive à

DEUXIËUE CAISERIE.

la maia; fout cela ne doit former qu'un bLjc clair que, si l'une de ces parties se contracte elle entravera [a transmission, ou que, si elle che, en se détendant en avant par exemple font tant de cavaliers avec les bras ou les at — l'impulsion, employée différemment, ayan les bras, au lieu d'aller jusqu'à, la bouche, scr d'autant pour le mouvement en avant.

Mais, de plus, h quoi servirait que le cavali d'un tact parfait, produisit, avec ses aides, ■ absolument justes si, à un moment donné et d'exécution, son cheval venant k prendre pei sant un écart, il manquait de tomber et don là même, des à coups sur la bouche ou vci modifier la direction imprimée?

Cela revient à dire que, avant tout, le cav avoir une assiette à toute épreuve.

I On l'acquiert en se persuadant longtemps.

" pas dire toujours, qu'elle n'est pas suflîsante sant constamment les fesses sous soi, en c cherchant toujours le fond delà selle; puis mettre à l'épreuve dans de bonnes excitation rieur, en rallies où l'on va bon train, à la < suivant les chiens, en prenant part aux dra aux courses si on le peut et en sautant tous de nombreux obstacles.

On se sent enfin dans sa selle comme dan teuil, mieux mifme, on est chez soi, on est table.

Le rein, lui, est souple, absolument soupl lui qui cède surtout et contribue à maintenii centres de gravité dans le même plan vcrtic du maintien, du soutien à volonté; le haut a toute facilité pour se porter en avant, laissi rière-raain toute liberté d'agir, en courses, i nous y reviendrons — ea arrière, pour laisse

DU CfllTAL BIEN MU ET BItn MIS.

fois, toute liberté à ravant-main de s'étendre, enfin, soit en avant, soit en arrière, pour faciliter le mouvement selon le terrain, pour régler Tallure ou pour résister aux défenses.

Mais saisissons bien cela encore! — par la force de l'habitude, par l'exercice, ces mouvements doivent être instinctifs, spontanés, réflexes; parsuilede la souplesse acquise, le cavalier doit s'annihiler le plus possible, s'en rapportant à sa monture de transporter son corps et de lui faire prendre la disposition la plus favorable à l'exécution du mouvement sollicité par les aides.

Et, dans l'application, le cavalier ne doit pas se dire à l'avance : « Je vais faire ceci ou cela, porter mon corps en avant ou en arrière », à moins qu'il ne le veuille dans un but déterminé, réfléchi.

Non, il faut que, par suite de l'allure, du terrain, du degré de vitesse, du but à atteindre — tel que d'augmenter ou diminuer la vitesse, etc. — il faut, dis-je, que le haut du corps prenne de lui-même la disposition le plus propre à favoriser le mouvement.

De même, à la salle d'armes, la parade doit répondre spontanément à l'attaque, par mouvement réflexe, et sans que le tireur se soit dit à l'avance qu'elle serait telle ou telle.

Oui, le haut du corps est une aide puissante, complémentaire, influençant considérablement et constamment le centre de gravité du cheval, et indispensable pour produire des effets justes et aider la masse à l'instar d'un balancier.

Sur un jeune cheval, c'est en le suivant du corps, c'est en cédant du rein que, avec un léger contact de la main — de façon à lui laisser toute liberté de rechercher lui-môme son équilibre avec ce poids qu'il n'est pas encore habitué à porter et pour qu'il ne

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compte que sur lui-même' — c'est en cédant du rein, je le répète, et en l'obligeant à se servir de son arrièremain' que nous l'empêcherons de Itutter, et de tomber s'il butte.

Rencontrez- vous des aspérités, un petit ressaut de terrain, un caniveau? Si vous ne cédez pas du rein, voyant, vous, ce petit obstnclc qu'il n'est pas encore habitué à passer, le poids de votre corps, qu'il porte encore maladroitement, allant i l'encontre de son mouvement, va le projeter en quelque sorte sur le terrain, et il va butter; si, au contraire, le suivant bien, vous cédez moelleusemcnt et, étant bien lié, vous déchargez, au moyen d'un lég-er haut de corps, imperceptible et exécuté au bon moment, l'avant-main qui demande i\ l'être, il passera comme s'il était en liberté.

Pour le cheval fait, dressé, c'est en le suivant encore, en cédant du rein, que, dans une bonne excitation, à bonne allure, vous vous trouverez, vous et lui, dans les conditions les plus favorables. Prend-il trop d'appui sur la main? sans doute vous avez les rênes un peu trop courtes pour l'extension d'cncoturc qui lui est nécessaire à cette allure ; rel&chez un peu les doigis. Mais, souvent aussi, c'est que vous ne disposez pas votre corps au mieux de son équilibre pour favoriser la liberté de son mouvement et sa vitesse ; penchez un peu le corps en avant, vous allez voir la différence.

Qu'il s'agisse d'une bonne descente, d'un petit obstacle, d'un trou, d'une ornière, d'un ressaut de terrain cédez, cédez du rein, et laissez faire : si vous gênez votre cheval avec vos doigts, si vous ne lui laissez pas toute liberté de l'encolure et de disposition de ses membres, il va, ne pouvant faire autrement, mettre le pied dedans, manquer de tomber peut-être, c'est votre faute! — s'il a sa liberté, il allongera une patte,

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