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PI. XIX

Tig. 5o. — Bercail. Changement de pied en l'air de gauche à droite. "Le cheval pivote sur l'antérieur gauche que l'antérieur droit a dépassé, après avoir changé de l'arrière-main pendant la suspension.

T^ig. 5i. — Bercail. Changement de pied en l'air et au temps de droite à gauche. "Le cheval pivote sur l antérieur droit, l'antérieur gauche est en mouvement pour le dépasser pendant que le changement de l'arrière-main s'opère.

Tig. 52. — Bercail. Changement de pied à terre au galop, de gauche à droite. Le cheval pivote sur l'antérieur gauche que l'antérieur droit dépasse, après avoir changé de l'arrière-main.

CnATSGBMBT^TS DE P7ED AU GALOP.

ailes latérales gauches qui provoquent, suivent, maintiennent et règlent l'extension du memijre antérieur gauche. Idem pour l'autre membre : impulsion diagonale, sollicitée par la jambe gauche, du postérieur gauche au moment de son évoluiion, pour amener la masse sur les ailes latérales droites qui provoquent, suivent, maintiennent et règlent l'extension du membre antérieur droit. Et si on demande cet air à un cheval qui est mis au passage, le pas espagnol est facilité encore par l'habitude qu'a le sujet d'engager à la moindre sollicitation le postérieur auquel on s'adresse, quoique la pression soit exercée plus en avant parce qu'elle est spécialement destinée à l'épaule opposée. Par contre, il ne faut pas apprendre, en premier, le pas espagnol à un cheval que l'on voudrait ensuite mettre au passage, car il serait plus délicat de l'empêcher de faire jambette. >p sur trois Dans le galop sur trois jambes, le cheval fait janijambes. bette avcc la jambe qui doit marquer le quatrième temps

— jambe droite dans le galop à droite — et le galop se trouve ainsi modifié, tout en restant ù Irois temps, par une dissociation du bipède diagonal — à l'intar de ce qui se passe, pour le galop de course à quatre temps : postérieur gauche, postérieur droit, antérieur gauche, antérieur droit restant en l'air. On doit même pouvoir arriver, avec certains chevaux très énergiques, à faire le galop sur trois jambes en deux temps, le premier étant marqué par le postérieur opposé — postérieur gauche pour le galop à droite — le deuxième par le diagonal gauche, la jambe droite restant au soutien.

Les aides sont celles du galop : à droite : fixité de la jambe gauche demandant, puis entretenant l'évolution de son postérieur et précipitant en outre, par une pression diagonale, la masse sur les ailes latérales droites, du dedans, qui s'emploient avec une énergie d'autant plus grande, la jambe pour engager son postérieur tout en demandant le développement des muscles inté-

ressés, la rêne, pour maintenir l'épaule élevée, la tète placée, de façon à charger l'autre épaule avec l'aide de la rêne d'appui, et le membre au soutien.

Et de la possibilité de cet air, nous en déduirons bientôt, dans une causerie suivante, que, quand le cavalier veut ménager un membre qui a souffert, il doit procéder comme le fait le cheval lui-même quand on l'amène à se priver ainsi de l'usage d'un de ses membres, au galop ; et on peut concevoir, dès maintenant, qu'il ne serait pas possible de le forcer de la même façon à se priver de l'usage d'un autre de ses membres, quel qu'il soit; l'autre antérieur, parce qu'il fait partie de la base diagonale, cheville ouvrière du mouvement, de la foulée, les postérieurs, parce que ce sont les agents d'impulsion et que, si l'un d'eux venait à être supprimé, la partie de la masse correspondante ne serait plus animée et tendrait à s'immobiliser.

chau^emcut tic Quand le cheval a été préparé par les assoupHssements, tous les airs imaginables peuvent être demandés, car il n'y a plus qu'à pousser, à solliciter, à maintenir, à étendre la partie intéressée, et les pialfers ballotés, passages entremêlés de pas ou trot espagnol etc., deviennent relativement faciles; le changement de pied au galop, au temps, et surtout à chaque foulée, reste, à mon avis, ce qu'il va de plus délicat à obtenir; et cependant, avec l'emploi des aides tel que nous l'indiquons, il devient d'une exécution facile.

On a beaucoup discuté le moment où le changement de pied doit être demandé, on discute encore et, tandis que la plupart des écuyers indiquent que la demande doit être faite pendant la suspension (quatrième temps du galop), de Saint-Phalle proclame, avec raison, que cette nouvelle sollicitation doit intervenir au troisième temps. Quoique, en raison de l'instantanéité du changement de pied quand il s'opère en l'air, la nouvelle sollicitation doive venir très à propos, les écuyers qui, comme

pied au ^alop.

Fillis, conseillent de l'exercer pendant le temps de suspension, ne sont pas très éloignés de Saint-Phalle qui, lui, l'applique au troisième temps. En cfiet, Fillis, tout en exerçant l'effet définitif pendant la suspension, le prépare au deuxième temps, sur la base diagonale, et il a parfaitement raison aussi. 11 s'ensuit c|ue le changement de pied, préparé au deuxième temps en assurant la base diagonale, est demandé au troisième et exécuté, par le cheval, au moment de la suspension. [Fig. 41 , 4^, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50 et 51.)

Voici en eGTet ce qui se passe et comment doivent se comporter les aides dans le chang'ement de pied de droite à gauche.

Le cheval est au galop à droite : pendant que la jambe gauche du cavalier, à l'état passif pour l'instant, maintient et dispose les hanches, la jambe droite, exerçant une pression active, sollicite son postérieur et le fixe, engagé, au sol ; l'antérieur gauche, par résultante de Faction diagonale, s'associe et la base diagonale gauche, constituée, s'arcboute sur le terrain ; le cheval termine sa foulée en faisant évoluer l'antérieur droit. Au moment où le cavalier voit l'épaule droite entreprendre sa manœuvre — et ainsi le moment exact est indiqué d'une façon précise et facile à reconnaître — et pendant que le membre va terminer son mouvement en venant à terre, le cavalier change nettement ses aides : la jambe droite passe de l'état actif à l'état passif pendant que la jambe gauche , épousant l'état actif, appelle à elle, par sollicitation, son postérieur qui va ainsi passer en avant du droit; la rêne droite, directe, est devenue d'opposition, d'appui, et la rêne gauche, devenant rêne directe, a placé le cheval pour le nouveau galop.

Le cheval a donc terminé sa foulée de galop à droite et cest en pivotant sur fantérieur droit marquant le troisième temps que, répondant à la nouvelle sollicitation, il exécute le changement de pied : le postérieur

droit, qui était à l'appui un instant avant et qui a commencé son soutien, est ramené au sol par sa jambe pour marquer le premier temps du nouveau galop, pendant que le postérieur gauche, qui a commencé son soutien également, pour la suspension et pour renouveler la foulée droite, attiré par la jambe gauche dont l'action est devenue la plus active, précipite son mouvement et passe en avant du membre droit en augmentant son soutien. L'antérieur droit, répondant à cette action diagonale et cédant à la disposition donnée par le changement de placer, se mobilise, après avoir servi de pivot, et, faisant un pas, s'associe avec son postérieur, le gauche qui, lui, a précipité son mouvement et augmenté son soutien. Pendant le même temps, l'antérieur gauche a prolongé son soulien, et précipité son mouvement pour dépasser l'antérieur droit.

En résumé, le cheval a pris son élan, étant au galop à droite, au deuxième temps, sur la base diagonale gauche, a pivoté sur l'antérieur droit et, pendant la suspension, a précipité le mouvement du postérieur droit qui vient à terre de nouveau pour marquer le premier temps du nouveau galop ; en même temps, il a augmenté la suspension du postérieur gauche en le faisant passer devant le postérieur droit. L'antérieur droit, après avoir servi de pivot pendant le changement de l'arrière-main, fait un nouveau pas et prolonge son appui, à l'effet de se laisser dépasser par l'antérieur gauche.

Que le changement de pied soit fait à terre ou en l'air, il doit être préparé de même façon, au moment de l'appui de la base diagonale, et, dans les deux cas on laisse terminer la foulée de l'antérieur droit pour le changement de droite à gauche; mais, si l'on désire qu'il se fasse à terre, on ne change la disposition de ses aides pour déterminer un nouveau départ à l'autre galop que quand l'antérieur droit a pris appui sur le

2lo

\aIo?ic ciaitM nplol des ai- < à la voiture.

nn cheval.

sol {/ig. Jt^), tandis que, pour obtenir le change ment de pied en l'air, le changement des aides et la sollicitation pour le nouveau galop interviennent pendant que l'antérieur droit fait son évolution ; dans le premier cas, on lui laisse le loisir de s'abandonner en quelque sorte un instant sur le terrain; dans le deuxième, tout en le laissant venir au sol, on le prédispose à servir d'arcboutant et de pivot.

On^pourra juger combien il a été intéressant pour nous de constater que ces observations, inspirées par l'esprit de sensation et écrites depuis plusieurs années, étaient absolument confirmées par l'expression brutale de la chronophotographie consignée par M. Guérin Caielain dans une brochure qui vient de paraître {Le changement de pied au galop. Anahjse de son mécaiiistne. Recherches expérimentales, par Maxime Guérin Catelain, Berger-Levrault, 1902).

La façon de bien conduire un cheval étant une, nous le répétons encore, il est logique que l'emploi des aides à la voiture soit en concordance complète, en tenant compte du changement d'état et d'équilibre ', avec l'emploi des aides utilisés tel que nous l'avons démontré pour le cheval monté.

Le fouet, en s'appliquant à l'endroit même où agissent les jambes, vient solliciter tour à tour chaque diagonal, s'adressant spécialement au postérieur qui doit fournir l'impulsion, et, par le toucher, opère un elfet de redressement ou de surexcitation ; il provoque ainsi l'impulsion des deux postérieurs, embrassant l'un et l'autre au moment de sa manœuvre ou spécialement celui des deux qui paresse ou qui, d'après le mouvement, doit fournir un surcroit d'impulsion.

1. A la voiture, le cheval, changeant son équilibre, ce qui entraine une disposition générale de la masse différente, porte son centre de gravité plus en avant afin que le poids de sa masse lui permette de diminuer l'effort musculaire en attirant à lui, sur les épaules, le poids de la voiture.

Et c'est ainsi que, dans le changement de direction, si l'on veut prendre un tournant large, brillant, le plus conforme à la stabilité, le fouet sollicitera tout particulièrement, le postérieur du dedans, comme le fait la jambe du dedans, à l'effet d'obtenir plus d'extension, de développement du diagonal qui doit couvrir plus de terrain — postérieur du dedans et antérieur opposé; — ' le fouet a alors un rôle actif prépondérant, tout en étant utilisé en dehors comme agent de redressement ou régulateur, si le besoin s'en fait sentir pendant l'exécution du changement de direction.

Si le conducteur veut prendre un tournant court, il touchera d'abord du côté extérieur à reffet de redresser la masse et de l'engager à se ramener, mais il sollicitera aussitôt le postérieur du dedans, sans cela il y aura ralentissement ; le fouet a eu alors un rôle de redressement prépondérant, mais pour entreprendre aussitôt après le rôle actif, qui est d'autant plus réclamé que la masse a été mise dans une disposition imparfaite par rapport à la stabilité.

Dans le premier cas, en provoquant un tournant élargi, on stimule le cheval dans le sens où le terrain fuit, et l'action du fouet aura produit, en influençant le centre de gravité pour attirer la masse à l'extérieur, une accélération d'allure qu'on n'a plus qu'à régler et qui permet de faire, en raison de cette impulsion, l'arc de cercle que l'on veut ; dans le deuxième cas, en provoquant un tournant diminué, on a poussé le cheval du côté où il va rencontrer le sol plus tôt, puisque c'est ce que l'on désire, mais — et le fouet, agissant ainsi, ne peut, comme la jambe du dehors, faire davantage, — ce n'est qu'à la condition de transporterie fouet à l'intérieur, aussitôt le rejet de la masse obtenu et le postérieur du dehors surexcité, que l'on pourra maintenir, en stabilité, le cheval sur l'arc de cercle voulu sans ralentissement d'allure.

On le voit, le fouet est chargé de la manœuvre de chaque diagonal auquel il s'adresse spécialement pendant son évokition, en se transportant du côté de l'un et de Tautre, selon le hesoin et la nature du mouvement.

Son rôle est donc absolument le même que celui des jambes, mais on peut juger combien cette manœuvre est imparfaite et demande plus de tact que pour le cavalier dont les jambes, agents d'impulsion, sont toujours en contact et toujours prêtes, sans dérangement, à épouser le rôle actif ou passif.

eux chevaux. Qet emploi des aides, à la voiture attelée de deux chevaux, s'affirme bien davantage encore. C'est en touchant le cheval intérieur qu'on peut seulement faire des courbes savantes, g-racieuses, calculées, ou simplement correctes et assurées en vue de la stabilité; l'effort demandé au cheval intérieur se reproduit sur le cheval voisin qu'il emmène, qu'il entrame au large, le forçant, pour le suivre, à accélérer son mouvement; de même, pour le cheval monté, l'effet de la jambe intérieure du cavalier, auquel le cheval répond en engageant le postérieur de ce côté, et l'effort, l'impulsion qui en résulte, se reproduisent sur le côté extérieur, sur l'épaule du dehors en particulier qui accélère et étend son mouvement.

Et si, désirant ou devant prendre un tournant court, serré, vous tenez, avant tout, à éviter la chute d'un de vos chevaux ou seulement à ne pas accrocher le trottoir, il faut encore, après avoir touché le cheval extérieur pour le ramener, agissant toujours comme le cavalier qui se sert de la jambe qui contient, et raidissant ainsi I le cheval extérieur qui va servir d'appui, il faut, disons-

I nous, revenir au cheval intérieur afin que le tournant soit

du rayon nécessaire, fait à l'allure désirée et sans qu'il y ait chute; or, si le cheval du dedans n'est pas surexcité de façon à faire effort pour gagner le dôme et entraîner la masse au large, en dehors de la déclivité qui

Commeut les cochers exploitent l'inipiilsiou SI Paris.

Kxploilation d'une liariflelle.

forme le ruisseau, le terrain va se dérober sous lui.

C'est ainsi que vous voyez l'arrière des voitures, inanimées elles dans leur partie postérieure, — n'ayant pas un agent moteur spécial comme l'arrière-main pour le cheval, — déraper et glisser sur les rails des tramways ou sur les déclivités du terrain, sur le pavé des rues et boulevards formant dôme, emporté par la force centrifuge; et c'est seulement l'impulsion, le mouvent en avant, qui les redressent.

Et pour se convaincre de l'exactitude de l'emploi des aides tel que nous venons de l'exposer pour la conduite à la voiture, analogue à l'emploi des aides pour bien mouvoir le cheval monté, il n'y a qu'à regarder opérer les cochers de maître, puis les cochers de fiacre, les conducteurs d'omnibus, véritables catapultes auxquelles l'impulsion est particulièrement nécessaire ; ces automédons qui, eux, cependant, n'entrent pas dans toutes ces finesses, altaquentcarrément, l'entourant d'un magistral coup de fouet, au détour des rues et quand le terrain déclive surtout, le cheval du dedans qui entraîne alors le cheval du dehors auquel il réunit son effort, le forçant à s'employer pour tirer la machine de ce mauvais pas.

C'est que ces braves gens de cochers, agissant d'instinct, ont reconnu, par suite de l'expérience, de la pratique, la nécessité d'opérer ainsi. Et l'on retrouve, (juand on est un peu observateur, l'application des principes que nous avons émis dans leur conduite de tous les instants.

Voyez cette haridelle, attelée à un maraudeur, menée avec des rênes flottantes, se traînant « cahin caha )), sans appui, sans contact, dans le vide, sans impulsion, conduite par un cocher qui semble dormir, qui a une main dans sa poche et qui a l'air de « piquer une étrangère monstre »; et cependant, il tourne, il vire, il évolue au milieu de toutes les voitures, se tire de tous les embarras

Diidiiite du cheval bieu animé.

Happrocbeincnt entre l'explollatiou de la Iiaridellc et la conduite du clieval bien aniuK-.

nsei^eiuents à en tirer.

sans accrocher, sans qu'il y ait de chutes trop fréquentes de son cheval.

Voyez maintenant cette voiture de maître, bien attelée, bien conduite, le cheval bien appuyé, bien animé, fournissant une impulsion constante, mangeant son mors, les rênes bien tendues.

Comment se fait-il que ces deux types de conducteurs, l'un si incorrect, l'autre si correct, puissent se côtoyer, nager dans les mêmes eaux et se tirer également des mauvais pas?

C'est que le premier, le conducteur de la haridelle, dont l'adresse se réveille par instinct et en raison de l'expérience acquise par Thabitude, emploie des procédés qui amènent le résultat par suite d'une certaine conformité aux mêmes principes. Subitement réveillé au moment critique, quand il le faut, il agit simplement avec ses rênes flottantes de façon à influencer la tête, il tire « à huhau, à dia », y ajoute un coup de fouet, et la machine, disposée par l'effet de rêne et surexcitée par le fouet, s'engage dans la voie indiquée ; s'il tourne et que le terrain soit en pente, glissant, vite il tire la tête de l'autre côté, en dehors, et frappe en dedans; la machine, qui a failli choir, s'est redressée et est repartie.

Si nous étions appelés, nous, à conduire ce pauvre cheval étique, qui manque totalement d'impulsion, ou du moins qui n'en fournit que des éléments dont il est aussi avare c{ue possible, nous voudrions sans doute rechercher un appui qui ne peut exister et nous ne pourrions obtenir aucun résultat, tandis que son conducteur ordinaire utilise, par des procédés que lui a suggérés l'habitude et la nécessité de s'en servir, le pauvre outil usé qu'on lui met entre les mains.

Mais encore, ces procédés sont à observer, car il n'est pas douteux qu'il y ait en eux des principes dont une partie au moins doit être mise en pratique par les plus

'220 DU CHEVAL BIEN Ml ET BIEN MIS.

savants; et en effet, non seulement ces procédés amènent, pour ces conducteurs, des résultats qui tiennent du prodige par le fait qu'ils leur permettent d'exploiter une machine qui semble inutilisable, mais, encore, la nécessité de l'emploi de ces procédés ou d'une partie s'affirme par la raison que, sans se les être communiqués, tous ces conducteurs de chevaux vieux, poussifs ou usés, emploient instinctivement les mêmes, que leur ont suggérés l'expérience, la pratique et l'habitude.

Ménageant avec la plus extrême avarice la petite dose d'impulsion que peut encore fournir leur pauvre moteur animé, mais usé, ils font sortir du réservoir à moitié vide, à petites doses, par éléments, aux moments critiques seulement et en la sollicitant avec le fouet, l'énergie qui est nécessaire; et cela, après avoir influencé la tête, disposé la masse par une action instantanée, afin de faire prendre à l'impulsion, qui va eu sortir, la direction voulue et de l'utiliser pour tirer la machine du mauvais pas, successivement.

Et le maitre ou son cocher qui ont, eux, à leur disposition, un moteur mieux conditionné et pouvant fournir une impulsion continue, entretiennent savamment cette impulsion qui, venant bien à la main et amenant une tension de rênes permanente, permet de se glisser avec correction entre tous les véhicules rencontrés ou croisés, de les éviter et de les dépasser.

Si le cheval hésite et est flottant, la manœuvre est difficile tandis c[u'elle est simple et facile avec un cheval bien engagé dans le mouvement en avant; et alors, dans ce cas, le conducteur, entretenant l'impulsion, n'aura qu'à influencer légèrement la tête pour indiquer à la masse la direction dans laquelle elle doit s'engager et couler.

Application «les Les procédés de conduite pour ces deux genres de in«mes priiici- conducteurs essentiellement différents sont donc les

l»es.

mêmes; tous deux doivent donner la disposition en

influençant la tête, la pointe, mais avec cette différence que le conducteur de la haridelle doit, une fois la disposition donnée tant bien que mal, provoquer l'impulsion avec le fouet, tandis que, pour le conducteur d'un cheval bien animé, une simple indication de main venant influencer la tète suffit à assurer la direction en utilisant limpulsion qui vient à profusion et a besoin seulement d'être entretenue pour s'écouler ^

En équitation, tout s'observe, tout se raisonne, tout s'explique.

Voyez, conformément aux observations que je vous soumets, comment se comportent les conducteurs d'omnibus, obligés de s'arrêter, de repartir à tout instant et de naviguer, avec leur énorme roulotte, au milieu des autres véhicules : après un arrêt et pour solliciter un nouveau départ, les rênes, légèrement relevées, viennent influencer le bout du nez des chevaux, engager la tète à s'étendre en avant ; la tête, en obéissant à cette influence, attire en avant l'encolure qui, elle-même, dispose la masse pour le mouvement en avant; l'impulsion, sollicitée par cette disposition, prend la direction indiquée et, en s'écoulant, entraine le véhicule.

Et, quand il s'agira de changer de direction, une in-

I. Gênés par l'cnrènement qui les empêche de décontracter, dans une certaine mesure au moins, les muscles de l'encolure, les chevaux de voiture encensent ou se braquent, d(''montrant ainsi leur impatience d'être contraints de la sorte.

Nous avons imaginé un petit instrument qui, se logeant dans la sellette, sans que l'on puisse s'en apercevoir et sans que rien ne soit chang(' au harnais, entretient mécaniquement la mobilité de mâchoire, la manipulant à l'instar de la main du cavalier, et empêche ainsi le cheval de prendre l'appui qui lui est mécaniquement nécessaire pour prendre le mors aux dents.

Actuellement, on a supprimé presque totalement l'enrênement, mais je suis convaincu que, au lieu de l'écarter, on le recherchera, quand, bien loin d'être une gêne, il amènera, par suite de l'adoption du petit instrument désigné, la mobilité de mâchoire qui aura pour conséquences, non seulement d'empêcher les chevaux de s'emballer, mais, surtout, de procurer une facilité de conduite incomparablement supérieure à celle qui existe aujourd'hui.

222 DU CHtVAL BIEN MU ET BIEN MIS.

fluence sur la tcto des chevaux à droite ou à gauche entraînera les mêmes effets du côté de la disposition; pour arrêter, riiifluence de la main fera baisser le nez, la tête des chevaux qui, ramenant leur encolure au lieu de l'étendre, retomberont sur le terrain en engageant l'arrière-main et arrêteront ainsi la voiture.

Et tons, cochers de fiacre, d'omnibus ou de maître, ne seservinmt du fouet que quand le besoin s'en fera sentir, soit comme régulateur, soit comme excitateur: par conséquent, les premiers, en raison de la mauvaise qualité du moteur, l'emploieront souvent, les seconds rarement, les troisièmes, ceux de maître, presque jamais et seulement par attouchement en raison de la linesse de leur cheval.

Emploi «lu loiiH. Et la façon même dont on doit se servir du fouet comme excitateur est à étudier. Vous voyez fréquemment des conducteurs, les premiers surtout^ quand leur haridelle glisse ou manque de tomber^ s'en servir à plein bras et provoquer ainsi la chute qu'ils voulaient prévenir; ou, plutôt, ils en ont évité une première causée par la paresse et en ont provoqué une deuxième par le manque de combinaison, de réflexion dans l'attaque brusque et inopinée. Et en effet, le centre de gravité, insuffisamment actionné, ayant peine à se déplacer en avant, comme endormi, est subitement éveillé, projeté en avant par la surexcitation du fouet, mais le pauvre animal, n'ayant pas le temps ou la force de calculer son eflort pour engager ses postérieurs, ramené violemment sur le sol où il se laisse retomber sans pouvoir se retenir, voit le terrain se dérober sous lui et tombe. Le fouet, comme excitateur, aurait dû s'adresser à la machine par progression, son effet correspondant avec une disposition générale de la masse, par un relèvement de la main, qui permettra au centre de gravité de se déplacer en haut et en avant, ce qui relèvera tout le système et évitera la chute, et non en bas ce qui rcccasionne.

Et c'est ainsi que, avec un bon moteur, un simple effet fie relèvement de la pointe, en y ajoutant relFcl calculé du fouet si le besoin s'en fait sentir, évite toutes les chutes en s'adressant au centre de gravité; celui-ci allait sortir de la base de sustentation et son déplacement, réagissant sur la masse, allait être cause de la perte d'équilibre; en relevant l'extrémité libre et avant de la masse, le conducteur a influencé autrement le centre de gravité, a maintenu la ligne de gravitation au-dessus de la base de sustenlation et, conséquemment, a redressé la masse que l'impulsion fait repartir en avant.

Résumé analogique de l'emploi des aides.

Tous les défauts des chevaux, qui luttent contre la main et cherchent à échapper à l'action du mors, proviennent, avons-nous dit, du manque d'engagement dans le mouvement en avant; de même, toutes les difficultés que nous opposent les chevaux par une mauvaise disposition de l'arrière-main, — de travers, en dedans, en dehors, mal engagé, acculé, se faisant traîner, etc. — sont également la conséquence d'un manque d'engagement dans le mouvement en avant.

Et la plupart de ces résistances, de ces défauts, sont imputables au cavalier, qui ne s'adresse pas à la machine qu'il veut utiliser dans les conditions où dame Nature l'a prévu, pour faire mouvoir d'une façon logique le moteur dont il veut se servir comme monture.

Et cependant cette manœuvre, nous l'avons prouvé abondamment, avec un charme exquis et une pénétration bien consciente, est une et applicable à tous les cas.

mœuvre par les Lgg iambcs, placées à la sangle, collées aux flancs

jambes. : , !

par suite d'un bon ajustage des étriers, contiennent le

224 DU CHEVAL BIEN Ml ET BIEN MIS.

cheval des deux C(Més, Fempêchant d'influencer de lui-même, par échappement, son centre de gravité, puis, chargées chacune du diagonal auquel elle est préposée, sollicitent ou entretiennent, en s'adressant à leur postérieur, l'impulsion, et, toutnaturellement, provoquent un surcroît par une augmentation d'énergie dans la jambe, quand ce surcroit est nécessité par l'exécution du mouvement lui-même, comme dans le changement de direction par exemple.

Et si ce surcroît d'impulsion, qui dans le changement de direction doit être la conséquence d'un emploi tactile plus énergique de la jambe du dedans, manque la plupart du temps — ce qui engendre une incorrection, car le cheval, paresseux par nature ou simplement parce qu'il n'est pas normalement animé, fournira une impulsion insuffisante, si on ne la provoque pas, — c'est que l'emploi de la jambe du dedans demande plus d'exercice, plus d'attention, et offre par là-même plus de difficulté que l'emploi de la jambe du dehors. Et cependant, qu'y a-t-il à faire une fois lesjambes placées à la sangle? Presser, quelquefois frapper du mollet, ou cesser de presser, la pression correspondant avec la manœuvre de son postérieur, pour être suspendue pendant la manœuvre de l'autre postérieur et renouvelée plus ou moins énergiquement, selon le mouvement, quand le postérieur rej)rend son évolution.

S'il n'en est pas ainsi, le cavalier, ajoutant encore à la prédisposition naturelle qu'a le cheval de placer ses hanches en dedans pour rechercher le terrain plus près et s'employer le moins possible, le cavalier, ajoutant à cette prédisposition, dis-je, l'emploi de la jambe du dehors parce que c'est d'elle dont il se sert le plus facilement, le cheval met bientôt sa croupe complètement en dedans, tournant d'une pièce, brusquement, sur les jarrets, à sa volonté.

Et nous verrons que, sans les avoir approfondis peut-

lœuvre parles les veuaut et !«paraissaiit urne par culiantemeut.

être, — de même que nous avoDS constaté le fait pour ]a conduite à la voiture, — les procédés que nous mettons en lumière, avec preuves à l'appui, sont employés parles gens qui veulent utiliser le cheval en grand.

C'est ainsi que, à Fentraînement, les « lads » frappent tour à tour du mollet, cette manœuvre correspondant bientôt, par suite du tact que leur suggère l'habitude, à la manœuvre de chaque postérieur.

Et c'est dans un but semblable que vous voyez certains cavaliers frapper leur monture des deux jambes, après les avoir balancées et écartées outre mesure, et cela à chaque foulée. De loin, cela fait un très vilain eQet quand on voit le cavalier venant sur soi ou s'en allant, on dirait des ailes de chauve-souris; c'est donc très laid, mais il faut remarquer surtout que cette action disgracieuse, qui a pour but évident d'entretenir l'impulsion en précipitant la masse en avant à chaque battue, arrive à contre temps pour l'une des deux jambes au moins, celles-ci ne devant solliciter leur postérieur que tour à tour, comme il manœuvre lui-même; et, au moment de l'écartement de la jambe, le cheval reste libre, les portes étant ouvertes, d'intluencer à sa guise son centre de gravité; avec les jambes à la sangle, exerçant une pression au bon moment et restant en contact, tout cela n'arrive pas.

Et le maniement des rênes sera aussi siniple : les doigts étant appuyés sur les rênes toujours, le cavalier n'a plus qu'à les serrer ou à les desserrer, à presser sur les rênes ou à cesser de presser, cette pression correspondant encore avec la manœuvre préconçue. Je veux aller à droite, je presse à droite pour influencer la tête et... c'est fini! je cesse de presser et je ne recommencerai à presser que si le cheval n'a pas obéi ou quand le besoin s'en fera sentir, mais pour cesser de presser aussitôt.

Il faudrait imaginer que les rênes, à partir du moment où le cheval, bien engagé, les tend en permanence.

ne doivent être utilisées qu'au moment où l'on veut faire accomplii^ à la masse un mouvement nouveau, venant comme par enchantement, à ce moment là seul, entre les mains du cavalier, pour disparaître aussitôt et ne réapparaître que quand elles ont besoin d'être utilisées à nouveau.

Et de la sorte, il n'y aura pas une action continue; dans un tourner par exemple, c'est l'action continue qui amène des flottements, — puisque, une fois la direction imprimée, il n'y a plus qu'à laisser couler la masse dans cette voie ; — si l'action de la main se borne à une indication, le cheval ne pourra pas prendre un appui qui entraine la contraction et, surtout, il n'y aura pas d'entraves dans le mouvement en avant et le jeu des muscles sollicités pourra s'opérer en toute liberté.

La main doit être un guide, un régulai eur, et non pas une entrave; et l'on ne réfléchit pas assez à l'effet que l'action de la jambe doit produire sur la masse, une fois la disposition donnée aux muscles, et à ce que cette action sur les muscles ne peut produire, sur eux, leur effet qu'à la condition qu'il n'y ait pas d'arrêt en cours d'extension.

Après avoir fait l'indication ou donné la disposition, on doit rompre l'appui — un simple déplacement latéral des mors avec vibration des rênes l'obtient — tout en conservant un contact moelleux qui, lui, est constant ; autrement dit, les doigts, assouplis, étant fermés, on cesse de presser après avoir pressé, et l'action de jambe, se poursuivant, se produit sur les muscles de l'encolure, des épaules, et continue à en demander le développement.

Et c'est ainsi que, le cavalier passant au pas après une allure vive et, par le fait, cessant de presser sur les rênes après avoir obtenu le pas, vous Aoyez le cheval tendre son encolure, demander des rênes et faire la descente de main, parce que l'action des jambes, conti-

niiant et ne rencontrant pas d'entrave, a provoqué mécaniquement cette détente.

C'est bien, mais il faut pouvoir obtenir ce jeu des muscles à tous moments, entre chaque pression des doigts, en le limitant selon le travail et en le laissant s'opérer pour le simple fonctionnement des muscles à chaque foulée, et non pas seulement quand on passe d'une allure vive au pas.

Et si nous avons dit que le cheval doit être envoyé sur la rêne d'opposition — et cela résulte de tous les exemples que nous avons pris en employant les aides comme nous l'avons émis — c'est que le point de contact de celte rêne d'opposition, se trouvant plus loin du centre de manœuvre, il faut, pour que le cheval se livre complètement, qu'il aille évidemment rechercher le contact là où il lui est offert le plus loin, sans cela une moitié du cheval, le côté extérieur, ne serait plus sous votre coupe ; tandis que, par le fait qu'il va chercher, en étendant ses muscles, ce point le plus éloigné, il vient, à plus forte raison, sur la rêne directe qu'il tend davantage encore, puisque le point de contact offert par celle-ci est plus près du centre de manœuvre.

Et cet envoi sur la rêne d'opposition n'est pas une fantaisie de notre part, un procédé qui nous est spécial, il ressort de l'étude de la meilleure disposition de la masse dans tous les mouvements, à toutes les allures, et de l'observation à en tirer pour favoriser la locomotion dans les meilleures conditions possibles.

L'épaule du dehors étant toujours la partie la plus éloignée du centre de manœuvre, que ce soit au pas, au trot, au galop, au passage, sur la ligne droite — puisque le cheval doit toujours être placé — ou sur un changement de direction, il y a nécessité, de la part du cavalier, pour aider la nature et satisfaire à ses lois, et cela aussi bien pour contribuer à la bonne exécution du mouvement que pour maintenir la stabilité, il y a né-

cessité, disons-nous, de communiquer à cette épaule un surcroît d'impulsion, qui s'obtient en s' ad ressaut au postérieur du dedans, et de lui permettre d'y répondre par un jeu de muscles libre, la rêne d'opposition s'allongeant, étirée par la bouche qui recherche le contact moelleux c|ui va la guider mais en lui laissant toute liberté de manœuvre.

Et, si le cheval ne tend pas la rêne d'opposition, il y a décomposition de forces, flottement, incorrection, insuffisance d'engagement dans le mouvement en avant et manque de stabilité; vous connaissez le remède, à vous de l'employer.

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