CALME
absolu.
1 de S. 1 d'O.
1 deN.
6 de N. 0.
4 deN.
Totaux (121 jours).
Quand nous voyons des observateurs recueillir des faits et arriver aux conclusions auxquelles des vues systématiques ou théoriques conduisaient leurs prédécesseurs, nous éprouvons toujours une certaine défiance d'une telle concordance. Nous sommes frappé de cette particularité , que nous trou-
vans dans l'opuscule de M. Uhle, qu'en 121 jours ce médecin n'a marqué que 119 fois l'indication de la direction des vents, quand il aurait fallu en recueillir le double au moins, si ce n'est le matin, au milieu du jour et le soir, tandis qu'il ne nous fournit pas même une observation par jour ; il semble que les phénomènes exceptionnels l'aient seul frappé et qu'il n'ait enregistré que ceux-ci. Notre voyage sur le haut Nil, qui n'a duré que 25 jours, nous a permis de constater 76 fois des directions variées des vents dont le rapport, suivant les points cardinaux, calculé d'après la méthode de Schouw, est le suivant : N. = 29 ; O. = 3o ; E. = 8 ; S. = 9. Ainsi les résultats que nous obtenons, pour le mois de janvier, diffèrent sensiblement de ceux du médecin allemand ; et, loin de trouver une prédominance des vents de N., nous sommes conduits à admettre une égale fréquence de ceux d'O., qui viennent des déserts libyques. Du reste, le voyageur allemand reconnaît lui-même que dans la proportion de ces vents de N. rentrent beaucoup de vents de N.-O., et cela parce qu'il ne lui a pas été toujours facile de distinguer les uns des autres. Ces vents sont d'ailleurs si constants qu'ils retardent souvent d'une manière considérable le retour des voyageurs.
Les vents de N.-O. exercent aussi une influence sensible sur les êtres organisés , non-seulement par suite de leur intensité et de leur apparition subite, qui fait qu'en vingtquatre heures il règne parfois des vents tout à fait opposés, mais encore par le refroidissement momentané qu'ils amènent, comme aussi par l'accroissement de la pression atmosphérique.
Les vents de S. semblent également régner avec une plus grande prédominance dans la haute Egypte que dans le Delta,
et, déjà en février, ils prennent la forme et les caractères du khamsin, durant le jour seulement; ils passent à l'E. ou à l'O. vers le soir. Le docteur Uhle, qui garde le silence à cet égard, ne paraît pas avoir vu le khamsin se terminer par de la pluie, comme le prétendent quelques-uns de ses compatriotes. Les tempêtes ne seraient cependant pas extrêmement rares sur le haut Nil, principalement en février et en mars, suivant le médecin allemand.
D. État du ciel dans la vallée du Nil.
S'il est vrai, d'une manière absolue, que la pluie inquiète peu le voyageur dans la haute Egypte, il ne faudrait pas croire cependant qu'il n'y pleuve pas du tout. M. Pruner- Bey a observé la pluie et surtout d'épais brouillards pendant les mois d'hiver, jusqu'à la hauteur de Siout. Pendant son voyage, M. Uhle a vu tomber trois fois quelques gouttes d'eau seulement, deux fois en janvier et une fois en février. Le voyageur allemand oublie de signaler un point important, c'est-à-dire d'indiquer les stations dans lesquelles il a vu pleuvoir. Nous-même, nous avons vu passer sur notre tête de gros nuages et tomber de grosses gouttes d'eau, à la hauteur de Monfalout, le 2 janvier, par un vent de S.-S.-O., par une pression atmosphérique de 760,20 et une température de io°,2 : le lendemain, le vent soufflait d'E.-N.-E, la température était de io°,5 et la pluie est tombée à l'E. de la ville de Siout avec une plus grande abondance, sans que sa durée cependant ait dépassé une heure.
La sérénité du ciel n'est d'ailleurs jamais troublée d'une manière continue; quand de légers nuages se montrent à
l'horizon , au commencement du jour, ils se dissipent en montant peu à peu et à mesure que le soleil augmente d'intensité. Il y a d'ailleurs, dans la haute Egypte, des journées qui se succèdent sans qu'on aperçoive un seul nuage ; et, le plus souvent, si le ciel se couvre, la sérénité reparaît après quelques heures. Mais ce qui est le plus désagréable, dans ce voyage sur le Nil, ce sont les brouillards, qui parfois sont tellement épais qu'ils cachent les rives du fleuve; toutefois le soleil les dissipe pendant les premières heures du jour. Un phénomène atmosphérique qu'il n'est pas rare non plus de rencontrer sur le Nil, c'est la rosée qui se dépose, le matin, peu avant et après le lever du soleil. Ces rosées et ces brouillards doivent retenir les malades dans l'intérieur de la cange, jusqu'à ce que l'atmopshère ait acquis sa pureté et sa transparence ordinaires.
E. Relevé journalier de nos observations météorologiques, recueillies sur le haut Nil, depuis le Caire jusqu'à la première cataracte.
Notre voyage de la haute Egypte a été une simple excursion de plaisir où la science a pu mettre à profit les connaissances solides , ainsi que la faveur intelligente et dévouée d'un de nos agents consulaires qui connaissent le mieux l'Egypte et les populations de l'Orient. En effet, M. Sabatier, aujourd'hui ministre plénipotentiaire, n'a pas seulement été un protecteur éclairé des arts et des archéologues qu'il a encouragés dans leurs longues et difficiles investigations, au milieu des ruines de l'antique Egypte ; mais il a lui-même fait entreprendre des fouilles, et c'est par ses conseils et à son propre exemple que le vice-roi actuel a décidé la création
— i(M — d'un musée égyptien. Nous ne désespérons pas encore de voir un jour ce monument sortir de terre.
Partis du Caire le 21) décembre i85o,, nous avons parcouru les pays du Nil jusqu'à Philae, et nous étions de retour le 22 janvier 1860. Pour nos observations météorologiques, nous avions un baromètre de Fortin, à niveau constant, des thermomètres à mercure, à étalon, et un psychromètre de M. Regnault. Ainsi que le montre le tableau suivant, nos observations ont été faites à toute heure de jour et de nuit; mais, d'une manière régulière, elles ont été renouvelées au lever du soleil et à deux heures de l'après-midi.
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