‹ Du climat de l'ÉgypteChapitre 55 sur 77 · POUR LES VILLES · texte numérisé non relu

POUR LES VILLES

du Caire 1859-60.

d'Alexandrie 1859-60.

D'après ces relevés, il existerait une oscillation assez sensible entre les naissances dans les divers mois de l'année; la différence entre le mois le plus fort et le plus faible peut s'élever jusqu'à près de 6,000, ce qui, en moyenne, représenterait le tiers des naissances. Le maximum correspond nonseulement au semestre le moins chaud, mais encore aux mois de novembre, décembre et janvier. Ainsi, le maximum de conceptions, tombant trois mois plus tard, aurait lieu, dans les familles égyptiennes, au renouvellement de la saison printanière, c'est-à-dire en février, mars et avril. MM. Martin et Folcy (1) arrivent au même résultat pour Alger; suivant leurs recherches, le maximum des conceptions tombe au printemps et le minimum à l'été.

Il résulte, du rapprochement de ces faits avec ceux des statistiques sérieuses de l'Europe, que l'époque du maximum des conceptions en Egypte coïncide précisément avec celle à laquelle correspond le minimum en France, par exemple ; tandis que le maximum de ce dernier pays tombe en juin et en juillet, qui sont les deux mois les moins féconds de l'Egypte. Nous n'avons pas la prétention de chercher à interpréter ces résultats par les pratiques religieuses que le Koran impose aux musulmans, et encore moins par des influences climatériques ou autres, sur lesquelles nos connaissances sont encore trop bornées.

B. Décès.

Le règlement sanitaire de l'Egypte sur l'inhumation est précis ; tout décès doit être vérifié par un médecin ou une

(1) Histoire statistique, de la colonisation algérienne. Alger, 1 85 1 .

sage-femme, qui ont mission de parcourir, à cet effet, les villes, les provinces et les districts du pays ; nul enterrement ne doit se faire sans une autorisation écrite, délivrée par les agents préposés à ces fonctions. Mais ici de nouveau on se heurte contre les infractions du harem et bien d'autres encore! Toutefois ces documents inspirent peut-être moins de défiance que ceux relatifs aux naissances.

La mortalité, en Egypte, a été :

En 1837, de 107,936 décès.

En 1858, de 99,392 —

En 1859, de 100,929 —

En admettant, pour le chiffre de la population de l'Egypte, 3 1/2 millions, terme approximatif auquel nous ont conduit les calculs ci-dessus, nous voyons qu'il meurt, dans ce pays, 1 individu sur environ 35 habitants. Ce rapport, dès lors, n'est pas le même pour toutes les parties de l'Egypte; ainsi, pour la ville du Caire, il est de 1 décès sur if\ habitants ; pour Alexandrie, il est de 1 sur 26 habitants. D'où l'on conclut que la mortalité est plus grande dans les villes que dans la campagne, fait constaté d'ailleurs par la statistique des pays occidentaux. Mais ce qui nous importe de signaler, c'est que, dans les grands centres des populations égyptiennes, le rapport entre les naissances étant, comme par exemple en 1859, de 1 à 26, et celui des décès, de 1 à 21, 5o, il s'ensuit que la proportion des décès, au Caire, l'a emporté cette année sur celle des naissances. Et, il faut bien l'avouer, les documents relatifs aux villes égyptiennes offrent plus de garanties d'exactitude que ceux qui viennent des provinces, où tout est arbitraire et vénal.

(^uant aux étrangers qui habitent l'Egypte, ne connaissant pas le chiffre exact des nationaux qui appartiennent aux diverses nationalités, nous ne pouvons guère en apprécier les rapports des naissances et des décès au chiffre des habitants. La communauté israélite seule, qui nous donne une naissance sur a3 habitants et i décès sur 29, mérite, à cet égard, quelque confiance. Faut-il conclure de là que les Juifs sont acclimatés dans les pays du Nil? Nous ne le pensons pas, pour des raisons toutes simples : c'est qu'il n'y a pas, parmi les Israélites, de familles pouvant compter trois générations.

Il résulte des chiffres précédents que la mortalité en Egypte est plus forte parmi les indigènes que parmi les Juifs ; qu'elle y est plus considérable que dans quelques-uns des pays les plus maltraités de l'Europe, où le rapport est rarement plus grand que 1 à 27. M. W. Farr ne reconnaît même, comme maximum de la mortalité en Europe, que le rapport de i décès sur 28 habitants. Mais, dans les possessions anglaises des Indes orientales, la proportion de la mortalité atteint un maximum vraiment effrayant, qui est comme 1 : iG. L'Egypte est loin d'avoir une pareille mortalité, et, d'après les relevés les plus récents de la statistique de la colonie française de l'Algérie, la mortalité des Européens, dans cette partie de l'Afrique, est bien moins considérable encore, car le rapport est de 1 décès pour 27 habitants.

Par rapport aux sexes, les décès du sexe masculin l'emportent sensiblement sur ceux du sexe féminin; ainsi, il y a eu,

en Egypte :

■ .„ „ ,, . ( 53,938 du sexe masculin.

En 1858. . . 99,392 décès, dont \ ,'„, . ., . .

( 45,4o4 du sexe féminin.

„ .„„„ . ~~ „„„ , . > . ( 55,453 du sexe masculin.

En 1859. . . 100,650 décès, dont l ,'„ ., „ . .

{ 45,187 du sexe féminin.

Il suit de là que, dam ce pays comme ailleurs, l'équilibre entre la proportion inégale des naissances des hommes et des femmes s'établit, d'abord, par une plus grande mortalité dans le sexe masculin ; que, plus tard aussi, pour la même raison, le nombre des femmes l'emporte sur celui des hommes. Mais nous ne possédons aucun document qui nous permette de dire à quel âge ces changements s'opèrent ; toutefois nous avons tenté de résumer le rapport des décès, suivant l'âge et le sexe, pour quelques localités de l'Egypte, ainsi qu'il suit .

Tabl. XXXVI. — Décès, suivant l'âge et le sexe , parmi les indigènes et. les

étrangers, en 1SÙ9.

LOCALITES.

Caire

Alexandrie. . . .

Damietle

Rosette

Suez

La colonie française La communauté israél.

Totaux

DÉCÈS DES ENFANTS âgés de moins de tO an;.

Masc.

Fémin.

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