‹ Du climat de l'ÉgypteChapitre 8 sur 77 · ABSOUS · texte numérisé non relu

ABSOUS

DATE

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Moyenne de l'année 21". 41

Moyenne de l'année 22°. 00

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Moyenne de l'année

Moyenne des années 1858-59-60-61.

Le 1 au soir.

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Ce sont là les seuls documents , que nous sachions du moins, que nous ayons trouvés sur les phénomènes météorologiques du Delta ; il faut ajouter qu'ils sont encore trèsincomplets et très-variés; nous les rappellerons cependant, comme termes de comparaison avec les faits que nous avons pu observer nous-mêmes à Alexandrie , depuis le i01 octobre i858 jusqu'à ce jour, fin septembre 1861.

Nos recherches ont été faites à l'aide de thermomètres centigrades à étalon , dont la colonne mercurielle est subdivisée non-seulement en degrés, mais encore en dixièmes de degré. Ces instruments ont été placés au nord et à l'ombre ; pendant la première année, dans un jardin, à 7 mètres audessus du niveau de la mer; pendant les années suivantes, sur une terrasse, à 23 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les résultats auxquels nous sommes arrivé, d'après le relevé de notre journal , sont résumés dans le tableau suivant {voir le tableau ci-contre).

Il ressort de ce tableau que la moyenne annuelle de la température, à Alexandrie, est de 2i°34, comprise entre les moyennes annuelles extrêmes de 220 09 et 200 52. Mais les plus grandes amplitudes des oscillations thermométriques, pendant la durée d'une année, s'étendent depuis 70 7, qui est le minimum le plus bas que nous ayons observé, et qui a correspondu au g janvier 1859, jusqu'à 38° 6, qui est le point le plus élevé auquel soit parvenu le thermomètre , et cela le 7 mai de la même année. Ainsi, la plus grande différence entre les températures extrêmes peut atteindre jusqu'à 3o°g. Les huit mois d'observations de M. de Lesseps lui ont donné une moyenne de 200 5 , et celles beaucoup plus restreintes

de Russegger font dire à cet observateur que la température moyenne des côtes de l'Egypte est de 200. Quelque incomplètes que soient ces observations , elles peuvent être rapprochées cependant par leurs résultats de ceux auxquels nous conduisent les faits enregistrés pendant plusieurs années.

La température moyenne des mois les plus chauds est de 27°84, et elle correspond toujours au mois d'août; la moyenne des mois les plus froids est de il0 11 ; et, suivant nos observations, elle tombe toujours dans le mois de janvier. Russegger place le minimum mensuel également en janvier, mais il donne à ce mois une température moyenne de 1 70 5, nous ne savons trop d'après quelles données ; et, par contre, il admet pour maximum mensuel seulement a5°, qui , selon lui, coïncident aussi avec le mois d'août. Le minimum mensuel obtenu par M. de Lesseps a été de 170 5, pour les mois de décembre et de février, tandis que son mois de janvier lui a donné l'énorme moyenne de 180 7. Ne sachant trop dans quelles conditions ces observations ont été prises, nous pensons que les faits qu'elles relatent ne peuvent se rapporter qu'à la température intérieure des habitations.

Les observations faites à Port-Saïd , et consignées dans le journal l'Isthme de Suez, en 1860, donnent pour moyenne de cette année 22°46, légèrement supérieure à celle de 220 09 que nous avons obtenue, pour la même année, à Alexandrie ; elles placent les minima mensuels en février, avec 1 20, puis en janvier avec 1 20 4 ; et la température la plus élevée de l'année tombe également au mois d'août. Dans cette localité, les moyennes des mois d'avril et de mai se rapprochent le plus de la moyenne annuelle, tandis que, d'après nos observations , ce sont avril et novembre dont la tempe-

rature moyenne se confond à peu près avec la moyenne de l'année, à Alexandrie.

Au centre du Delta à peu près , dans la province de la Ménufiéh , M. Léo a trouvé, pour des observations faites depuis le 1 1 janvier jusqu'au 9 mars, en tout cinquante-sept jours, une moyenne des minima de température de ii°27, et des maxima de 200, résultats bien bornés, mais qui diffèrent peu de ceux que nous avons obtenus sur la côte, à Alexandrie.

Les conditions fâcheuses du climat de la basse Egypte, quant à la température, résultent de la grande différence qu'il y a entre les extrêmes dont les variations ne sont pas seulement considérables pendant le cours de l'année, mais encore entre les mois successifs, et même entre un jour et l'autre. Les plus fortes perturbations correspondent à la fin de l'hiver; et il serait très-étonnant devoir la plus haute température de l'année correspondre à un jour du mois de mai, tandis que la chaleur la plus forte tombe évidemment et constamment dans le mois d'août , si l'on ne savait que ces variations sont amenées par les vents de sud , appelés Khamsin, qui soufflent en mars, avril et mai, quelquefois aussi déjà à la fin de février. C'est ainsi qu'en 1869 , par exemple, la température s'est élevée subitement, sous l'influence de ce vent, le 7 mai, à 38° 6; le 20, à 33° 5, tandis que la moyenne du mois n'a été que de 25°; en 1860 les mêmes phénomènes se sont reproduits, presque les mêmes jours , car nous lisons dans notre journal , le 6 mai , à l'observation du matin, 220 5, sous une pression de 753mm26 et avec un vent de S.-E. ; vers dix heures le vent tourne complètement au S., et souffle avec une intensité très-considé-

rable; l'atmosphère est obscurcie par une poussière très-ténue et très-fine : en ce moment le thermomètre marque 38°, et l'humidité de l'air tombe de 5i à 17. Le 1 5 du même mois, le thermomètre marque, à la lecture du matin, i8°6, le vent est à E.-S.-E. , mais il tourne complètement au S., et le thermomètre monte de nouveau à 38° ; donc en moins de douze heures les oscillations de la température se sont élevées

Ces perturbations atmosphériques si subites, qui se renouvellent chaque année aux mêmes époques, et sous l'influence des mêmes vents, ont une action des plus nuisibles sur les végétaux, sur les animaux et sur l'homme. Il est d'ailleurs reconnu, par tous ceux qui ont voyagé dans les pays chauds, que le corps humain est bien plus sensible à ces modifications de la température que les instruments les plus délicats. A égale hauteur de la colonne thermométrique, on a plus froid, dans les mois d'hiver, sous la latitude des pays chauds que dans les zones tempérées. Cela tient probablement à la sérénité de l'air et à sa tension moindre.

Ce qui intéresse surtout le médecin, ce sont les variations diurnes auxquelles est exposée l'économie animale, dans la partie basse et maritime de l'Egypte ; et cela devra d'autant plus surprendre, que nous savons aujourd'hui que les climats marins sont précisément ceux qui jouissent de la plus grande uniformité et de la plus grande égalité de température. Or il est facile de se convaincre, par les tableaux ci-dessus, que les variations diurnes sont très-considérables à Alexandrie, puisque nous voyons que la différence entre les extrêmes est rarement inférieure à 3°, et qu'en terme moyen elle est de 6° à 7". Les variations mensuelles sont encore bien plus consi-

dérables, puisqu'elles peuvent aller jusqu'à 200 et même à ai0 ; et ees grandes oscillations s'observent principalement pendant les mois d'hiver et de printemps, alors précisément qu'il s'agirait de faire de cette ville une station pour des malades ou des valétudinaires.

Les causes de ces grandes perturbations sont multiples; elles dépendent de ce que la vallée de l'Egypte , située vers le côté oriental du continent africain, est exposée à une température inférieure à celle du reste du continent ; de ce que, balayée alternativement par des vents d'ouest qui, généralement, sont plus froids, comme venant de l'intérieur des continents, et par des vents plus chauds qui soufflent du centre de l'Afrique; de ce qu'enfin, placée entre une vaste nappe d'eau et les immenses déserts de l'Afrique , elle se trouve dans la zone où se rencontrent le souffle froid et humide qui vient du nord, et le courant inverse, chaud et sec, qui s'élève de l'équateur.

B. De la pression atmosphérique.

Les documents que nous avons pu trouver sur les observations barométriques recueillies dans la basse Egypte , à Alexandrie ou sur d'autres points, sont encore plus incomplets, et nous laissent plus à désirer que ceux fournis par le thermomètre. Russegger et Rùppel n'ont observé la pesanteur de l'air que pendant une partie seulement des mois d'hiver, et la commission de l'expédition française ne nous en a pas transmis du tout. Nous nous trouvons donc réduits à nos seules observations, qui comprennent depuis l'année i858 jusqu'à ce jour. Nous n'ignorons pas que les mé-

decins de la compagnie de l'Isthme de Suez en ont recueilli, à Port-Saïd, et publié dans leurs rapports annuels ( i ). Mais ces observations ont été prises à l'aide d'un baromètre anéroïde, et sans avoir égard aux modifications qu'amènent les variations de la température ; les corrections de la dilatation n'ont pas été faites. Quels que soient donc les résultats obtenus sur ce point, nous ne les croyons pas comparables à ceux qui présentent toutes les garanties exigées par la science.

L'instrument dont nous faisons usage est un baromètre de Fortin, à niveau constant, et toutes nos lectures sont corrigées et ramenées à O0, avant d'être portées sur notre journal ; c'est le relevé de ces faits observés deux fois par jour, peu après le lever du soleil et à deux heures du soir, qui est consigné dans les tableaux ci-contre.

La pression moyenne annuelle que Russegger et Rùppel ont obtenue par leurs calculs, est de 762mm,8, nombre bien supérieur à celui de notre relevé, car nous avons trouvé une moyenne annuelle de 75o,mm,4° pour nos. trois années; et l'année de la plus forte moyenne ne nous donne que 76omm,37. Mais, en faisant les corrections que les auteurs allemands ont négligé de faire, en ramenant leur hauteur moyenne annuelle, 762™™, 8 à o°, en admettant également pour température moyenne 210, on arrive au nombre 76omm,2i sensiblement égal à celui que nos observations nous ont fourni, pour l'année 1859. Les pressions les plus fortes de l'année tombent dans les mois d'hiver; ainsi le maximum, en i85g, a été de

(1) Voir le journal [Isthme de Suez, année 1861; et Annales d'hygiène, juillet 1862.

Tabl. 11 —Observation* barométrique» faites en l»»S-5« = ICid-no à Alexandrie d'Egypte

MOIS

DATE

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