‹ Du Clou de RueChapitre 3 sur 20 · À MON PRÉSIDENT DE THÈSE · texte numérisé non relu

À MON PRÉSIDENT DE THÈSE

MowsIEUR LE ProrEsseur BERARD

Professeur de Clinique chirurgicale à la Faculté de Médecine de Lyon

A MonstEUR LE PROFESSEUR CADEAC

de l'Ecole Vétérinaire de Lyon

A MowsiIEUR LE PRoFEssEuUR D'OUVILLE de l'Ecole Vétérinaire de Lyon

Avant-propos

Les clous de rue constituent un chapitre important de la pathologie hippique.

Cette importance provient d’une part, de la fréquence de ces accidents, d'autre part de leur répercussion économique, par les longues indisponibilités qu'ils provoquent, en lésant un organe qui à lui seul conditionne l’utilisation du cheval.

On conçoit bien la gravité de ces accidents si l’on considère l’état des corps vulnérants et la nature des tissus lésés. Ces corps qui se trouvent sur le sol, sont toujours souillés. Les tissus plantaires sont tassés dans le sabot, à l’abri de l’air, formés en majeure partie d’un tissu fibreux, pauvre en éléments cellulaires, à faible métabolisme; toutes conditions favorisant l’infection. Les différences fondamentales qui séparent les blessures de la peau, du tissu conjonctif sous-cutané, et des muscles, sont encore plus marquées dans les tissus du pied, et de l’aponévrose plantaire en particulier; les germes inoculés dans son épaisseur y trouvent un excellent milieu de culture, comme dans tous les milieux qui se défendent mal. La gravité de

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ces blessures est bien connue; on les redoute, mais on sait peu les apprécier. Les moyens d'appréciation dont nous disposons sont vagues ; nous essayerons dans notre thèse, de les dégager et de les préciser.

Nous donnerons une vue générale du sujet, en traitant tous les chapitres qu'il comporte. Nous serons bref sur les uns, développant principalement ceux qui servent de base au pronostic des plaies plantaires.

Nous avons particulièrement envisagé l’histo-physiologie des tissus du pied, qui nous renseigne sur la structure et sur la vie de chaque tissu, nous faidant prévoir dans une certaine mesure, les réactions morbides dont ils sont capables.

Mais cette étude est insuffisante pour nous permettre d'apprécier la gravité d’un clou de rue. Nous restons en face d’une inconnue : la nature et la quantité des germes inoculés. Nous nous sommes efforcé de déterminer cette inconnue dans les clous de rue, en précisant les relations qui existent entre le degré d'infection, et la réaction thermique qui l’évalue.

Nous donnons des chiffres qui sont d’une utilité certaine, pour le pronostic des clous de rue, ainsi que pour le traitement, qui varie suivant les formes des accidents plantaires.

Nous terminerons cet avant-propos en exprimant notre sincère reconnaissance à notre éminent Professeur, M. Cadéac, pour les conseils bienveillants qu'il nous à prodigués au cours de notre modeste travail.

Nous remercions également M. le Professeur Douville, de l'Ecole Vétérinaire de Lyon, d’avoir bien voulu faire partie de notre jury.

Nous sommes très sensible à l'honneur que M. le Professeur Bérard, de la Faculté de Médecine de Lyon,

nous à fait en acceptant la présidence du Jury de notre thèse.

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Etiologie

Sous le nom générique de clou de rue, on désigne les différentes blessures que peuvent faire à la région plantaire des pieds du cheval, les corps étrangers aigus ou tranchants, qui se trouvent à la surface du sol. Par exemple les clous, les tessons, les fragments de silex, les chicots de bais, les boulons, etc. De tous ces Corps, qui peuvent devenir vulnérants pour les pieds du cheval, les clous de toutes les formes et de toutes les dimensions étant ceux qui produisent les blessures les plus fréquentes, et les plus graves, on a, désignant l'effet par sa cause, donné le nom de clou de rue aux lésions produites par ces corps dans la région plantaire, du sabot; par extension, ce nom a été appliqué aux lésions de même nature, produites par des causes analogues.

C’est principalement dans les rues des villes populeuses, dans les chantiers de construction, terrains de démolition, chemin de hallage, que les chevaux sont les plus exposés à ces accidents. On les observe souvent dans les ateliers de maréchalerie, malgré les précautions qui sont prises; les accidents sont alors d’autant plus graves si le pied est nouvellement paré.

Les vieilles ferrures prédisposent aux clous de rue,

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car le cheval est menacé par ses propres clous, le fer jouant sous le pied, et ayant tendance à se détacher. L'’affection est moins fréquente dans les exploitations rurales. Cependant après les moissons, il n’est pas rare d’observer des chevaux dont la fourchette est molle, éprouver des attentes assez graves par suite de la pénétration dans les tissus mal protégés de la région furcale de tronçons de chaumes rigides. Les pieds évasés, les pieds plats, les pieds combles prédisposent les sujets aux clous de rue.

Anatomie

L’anatomie du pied est très complexe, et c'est cette complexité même, qui rend si variable la physionomie des clous de rue. C’est la raison pour laquelle nous nous attarderons un peu sur ce chapitre.

Pour notre exposition, nous suivrons la méthode classique qui consiste à reconnaître trois zones sur la face plantaire du pied, méthode qui sera pour nous un excellent auxiliaire, pour établir le pronostic des lésions plantaires.

Ces trois zones ont des limites tout à fait conventionnelles

1° La zone antérieure, circonscrite par la commissure pariéto-solaire d’une part, et par une ligne perpendiculaire à l’axe du pied, tangente à la pointe de la fourchette, d'autre part ;

2° La zone postérieure, limitée par la base de la fourchette en arrière, par une ligne transversale tangente à l'angle antérieur de la lacune médiane en avant ;

3° La zone moyenne limitée par les deux précédentes.

Ces zones sont recouvertes d’une couche cornée, doublée à sa face supérieure par un tissu dit velouté,

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à propriétés kératogènes. Cette couche cornée, dans les zones moyenne et postérieure, constitue la sole et la fourchette, dans la zone antérieure, la sole.

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