ANNÉE 1905 ANNÉE 1906 ANNÉE
Francs Francs Francs
Farnes 1 7 "12.605.66113.039 345! 5.627.966 Fils de coton écrus. .| 266.03212.219.440! 4.311.893 Automobiles . . . ,| 485.137| 663.422| 1.697.687 Parapluie de coton. .| 937.12711.479.493| 1.615.056 Aciers en lingots . .|1.185.56111.314.214l 5.023.625 AMciersen tôless.1.1|:-997,713| 6587210] 450.366 Dynamos électriques. 14.706! 258.639 115 596 Vans en fûts. . . .16.447.695,5.503.379| 5.924.978 Vins en bouteilles . .| 483.432| 246.323 304.033 BIT ON. 27125956 :057) 11881918)" 1:046 091 Eaux-de-vie . . . -|1.753.45411.096.256 866.338 RIOUES MONS enr 17 462.01912"T89 724 285.080 Champagne . . . .|1.480.208| 809.304 849.799 CM T AO 640 1298 0171308498 Pentontbarress. 200 C11:154:787790397 963.747 Tôles laminées . .. .| 424.786 129.849 207971 RAGE er net 239:038 1.108177 255.298 OR Ann 157511091812190 7765 287025:025 HÉSOux. en 10408074 36.995 40.433 Tissus de coton écrus.|4.584.23312.786.611| 4.669.544
— blanchis|4.795.25114.707.531| 4.863.204
teints. .19.103.65716,609.897111.384.664 —— imprim.| 135.205] 385.375| 1.665.770 Mécanique générale. .19.907.461| 850.714 612.129 Hbac 5 1601297912 R009%905 2920512970
Nous avons relevé ici les chiffres les plus importants, qui composent le trafic des importations des produits français en Indochine.
Parmi les augmentations, nous constatons que les farines ont progressé de façon extraordinaire alors que l'importation des farines étrangères a diminué; cela est dû à la qualité de nos farines et aussi aux besoins de l’administration de l’armée, qui pour ses approvisionnements exige des farines de pro-
venance française.
Nous remarquons aussi que les fils de cotons écrus sont passés de 266.032 francs à 4.311.893 francs cette augmentation considérable est due aux nouvelles plantations de ce textile, qui ont parfaitement réussi.
Notons également l’énorme progrès de l’importation des tissus de coton teints et imprimés : les Annamites aiment beaucoup s’habiller avec des étoffes multicolores et nulle autre puissance que la France n’est plus à même de leur en fournir.
Les voitures automobiles gagnent 1.200.000 francs, l’usage s’en répand de plus en plus et nos fabricants ne doivent pas dédaigner ce débouché; car nous savons que nous sommes encore sous le coup de la crise de surproduction, qui vient d’avoir lieuen France par suite du trop grand développement de l’automobile.
Les parapluies de coton marquent un excédent de plus de 700.000 francs ; la prospérité de ce commerce est due à ce fait qu'avant la domination française la possession et le port des parapluies étaient réservés aux seuls mandarins. Depuis la colonisation française tous les indigènes peuvent en porter et recherchent beaucoup cet objet, qui leur donne, semble-t-il, un certain prestige.
Mais les diminutions sont bien plus nombreuses : les boissons, vins, bière, eaux-de-vie fléchissent pour une somme considérable. La bière subit à elle seule un déficit de plus d’un million, cette baisse
dépend en partie du fait qu’au Tonkin une usine
s'est ouverte, qui fabrique une bière très appréciée des indigènes et dont le prix est très modique. Il ne faut pas cependant s’exagérer l'importance des produits de cette usine, qui ne fabrique guère plus de 200.000 francs de bière. Il nous faut done chercher une autre raison et celle-ci réside, croyons-nous, dans le monopole de l’alcool. Cette question est à l’ordre du jour et est sur le point de se régler à la satisfaction générale des Annamites, si nous ajoutons foi à un article du Bulletin da Comité de l'Asie française, d'octobre dernier,que nous tenons à reproduire. « Le courrier Saïgonnais, nous rapporte, dans son numéro du 23 septembre ure nouvelle qui sera agréable à tous ceux qui ont quelque souci d’une bonne politique indigène: c’est-à-dire de la solidité de notre domination en Indochine. L’organe cochinchinois donnait cette nouvelle en ces termes : A la date du 13 septembre 1909, le gouverneur général a décidé en commission permanente du Conseil supérieur de l’Indochine, que le contrat du 51 décembre 1902 pour la vente des alcools au Tonkin et dans le nord Annam cessera à partir du 1* janvier 1911. » Il s’agit de faire disparaître en fait ou en droit la concession du monopole de l’alcool. Cette décision a été accueillie avec faveur par tous les Annamites et une motion a même été déposée en séance à la Chambre de commerce de Hanoï par les membres indigènes de cette assemblée pour exprimer au gouvernement général l'expression de la reconnaissance des com-
merçants. Cependant il ne faut pas croire que la sup-
pression du monopole augmentera beaucoup les importations françaises, en alcool ; car l’Annamite préférera consommer les alcools indigènes qui coûteront moins cher.
Les cigares, cigarettes et le tabac enregistrent une diminution de 700.000 francs : cela est dû sans doute pour une certaine part à l'augmentation de la production indigène.
Les ciments français sont aussi en diminution de 348.218 francs parrapport à 1905 : cela tient à ce que les usines de Haïphong se sont développées et non seulement entretiennent une partie de la consommation intérieure, mais encore ont commencé quelque peu l'exportation de ce produit.
Le chapitre qui supporte la différence la plus considérable est celui des métaux, ouvrages en métaux et constructions métalliques. Les moins-values de tous ces articles tiennent aux mêmes causes : les commandes de ferronnerie, de construction, d’acier c’est-à-dire de tout ce qui constitue les matériaux nécessaires pour l'établissement et l’exploitation des voies ferrées, suivent les travaux et diminuent avec le degré d'avancement des lignes de chemin de fer et en particulier de la ligne du Yun-Nan.
Les importations de tissus de jute et de cotonsimprimés ontsuivi une progression ascendante ; les tissus écrus et les tissus teints ont faibli en 1906 ; mais en 1907, les importations furent importantes et ont même
dépassé de facon notable celles de 1905. Ce sont là
7 les des articles de consommation courante, qui sont par conséquent en corrélation directe avec la fortune publique. Mais il est à remarquer que pendant la période de baisse les tissus étrangers ont été moins vivement atteints. La fabrication étrangère livre un produit de qualité inférieure; mais dont la modicité de prix compense les taxes de douane qu'il paie à son entrée en Indochine.
EXPORTATIONS. — Tableau comparatif des principales exportations en 1905-1906-1907. — Fluctuations
des différents produits exportés.
Sur le total des exportations de l’Indochine, qui s'élèvent en 1908 à la somme de 212.648.992 francs la France figure pour une valeur de 43.752.425 francs et ses colonies pour 2.831.986 francs. En 1907, les denrées exportées se montaient au chiffre de 253.357.657 francs dont 39.671.378 francs pour la France et 3.030.536 pour ses colonies. En 1906, le total des exportations se chiffrait seulement par 176.896.771 francs dont 38.894.349 francs pour la France et ses possessions contre 32.753,736 francs en 1905.
D’après ces statistiques qui nous sont communiquées par le service des douanes nous pouvons tirer deux conclusions: la première, c’est que les exportations progressent d'une façon normale ; la seconde,
que la France et ses colonies n’entrent que pour
une faible part dans le total de ces exportations.
Le riz est la principale denrée qui nous est envoyée d'Indochine ; c’est de Saïgon que nous viennent la plupart des expéditions de riz qui peuvent alimenter le marché français dans des conditions favorables étant donné la franchise dont ils jouissent à leur entrée dans la métropole et les transports réguliers des Messageries Maritimes et des Chargeurs-Réunis.
Nous allons donner un tableau comparatif des principaux produits exportés de l’Indochine en France pendant les années 1905-1906-1907.
ANNÉE 1905 ANNÉE 1906 ANNÉE 1907 Francs Francs Francs Soies grèges . . .| 151.231 267.646 480.573 Graisses animales . 34.519 119.659 106.112 — depoissons.| 234.738 301.686 435.506 Rad Vin CRE RE 13.444 69.836 999.085 Farines FPS Un LIN 41.640 166.442 49,582 Riz blanc . .19.638.582 |14.403.438]| 12.677.269 Caoutchouc 2.438.567 | 3.335.949| 1.379.905
Gomme laque. . .| 814.950 | 903.228| 844.798
Huile de badiane. .| 371.985 584 475 802.860 Goton en laine 1072746 759721 189.919 Etain (minerai) . . 34.758 295.864 108.651 JAN CYR TRUE > 414.970 287.628 Eaux préparées . . 360 364.500 14.036 N'ALLES EN PARA > 69.576 12.409 Objets de collection. 49.659 291372 126.981 Etain (en saumons). 5.841 228.930 21.417 Coprah NN er ete Bt SLT OL 263.500 855.912 POIvreR R RAP CAOMOD SR CO MIS TIRE ES Orfèvrerie d’argent. 66,250 11.250 36.755 Peaux brutes . . .|11.067.444 935.420 986.160 Cuivre (minerai). . 61.276 940 19299 Riz cargo . "00170880 TS 127.197 Brisures de riz 4,057.732 | 3.718.723] 3.999,459 LhÉP RSR ARS DO 00 812.868 920.597
Les articles dont l’exportation a diminué de 1903 à 1907 sont peu nombreux, d’ailleurs ainsi que nous l'avons vu l’ensemble des exportations à destination de la France se solde par une augmentation de plus de dix millions par rapport à 1905.
Une hausse, qui fait bien augurer de l'avenir est celle des soies grèges dont la quantité exportée vers le marché métropolitain est passée de 150 à 180 mille francs et avait même atteint 260 mille francs en 1906. C’est un mouvement fort heureux et qui continuera, espérons-le, pour l’industrie lyonnaise
qui y est vivement intéressée.
Sur l’ensemble des transactions auxquelles ils ont donné lieu, les riz gagnent quelques millions sur l'année 1905. Ainsi que nous l’avons vu, au début du chapitre des possibilités économiques de la colonie, ils avaient subi un fléchissement sensible dû aux mauvaises récoltes; mais les opérations commerciales à l'égard de cette denrée se sont améliorées et se chiffrent mème par un excédent en 1907. Cette augmentation porte presque entièrement sur les riz
blancs.
Le caoutchouc après avoir augmenté d’un million en 1906 a subi une brusque baisse en 1907 en perdant près de deux millions. Cependant, nous croyons au relèvement du commerce de ce produit; car le caoutchouc est d’un emploi courant dans l'industrie moderne, particulièrement dans celle de l’automo-
bile et, si nous en croyons le récit des explorateurs,
SNTA
les forêts de l’Indochine renferment beaucoup de lianes susceptibles d'en fournir.
L'’exportation du coton avait augmenté de 500.000 francs de 1905 à 1906; mais en 1907, elle a subi une baisse considérable: cela tient à la consommation de la colonie, qui devient de plus en plus grande et aussi à l’accaparement que fait le Japon des cotons indochinois.
Le zinc et l’étain marqent des plus-values appréciables ; surtout le zinc, dont le minerai donnait lieu en 1905, à des exportations tout à fait insignifiantes vers la France, ne figurant même pas sur les statistiques, et qui, en 1907, y est inscrit pour la somme de 287.628 francs.
Le maïs enregistre une augmentation de 1905 à 1907, plus-value qui s’est encore accrue en 1908, puisqu'il a été exporté en France 80.451.766 kilogrammes de maïs contre 40.521.147 kilogrammes l’année précédente. Les indigènes du Tonkin avaient trouvé dans la métropole un placement si avantageux de ce produit, qu'ils voyaient en lui une compensation aux incertitudes de la culture du riz. La Cochinchine, tentée par les brillants résultats du Tonkin, vient d’étendreses cultures de maïs et pour la première année a doublé le chiffre des exportations qu'elle avait faites de ce produit l’année précédente.
Les envois de thé ont aussi progressé notablement : les exportations sont passées de 559.095 francs en 1905 à 920.597 francs en 1907 ce qui fait une aug-
mentation de 461.502 francs. C’est, ainsi que nous
Sr l’avons vu, une denrée qui pourra donner lieu à un commerce important.
Le coprah, après avoir fléchi en 1906, par rapport à 1905, à marqué une hausse considérable dans les statistiques d'exportation de 1907. Il a augmenté de près de 600.000 francs de 1906 à 1907 et figure dans les exportations à destination de la France pour la somme de 855.912 francs. Ce produit vient uniquement de la Cochinchine. Il à subi les mêmes fléaux que les denrées agricoles ; c’est ce qui explique la diminution de sa production pendant la période qui a suivi les inondations et les typhons.
Quant au poivre, le chiffre de ses exportations en France avait diminué de 285.935 francs en 1906, malgré une récolte dépassant légèrement la précédente. Cela tenait à ce que les commerçants du Havre avaient voulu imposer des conditions trop onéreuses dans le calcul des déchets de route. Ne trouvant plus ce débouché suffisamment avantageux les exportateurs indochinôis avaient envoyé leurs poivres sur les marchés étrangers. Cependant les maisons du Havre ont renoncé à leurs ‘prétentions et les poivres d’'Indochine ont repris le chemin du marché métropolitain. Non seulement le déficit de 1906 a été comblé; mais encore on constate en 1907 un excédent de 1.327.311 francs sur les exportations de poivre à destination de la France par rapport à l’année 1905. Cependant, comme nous l'avons fait observer en étudiant les possibilités économiques
de l’Indochine, c'est là une branche du commerce
extérieur qui est certes fort importante ; mais peu
susceptible d’un développemeut quelconque surtout
du côté de la métropole.
Nous avons ainsi terminé l'étude des relations commerciales de l’Indochine avec la France et ses colonies. Elles se résument ainsi : déficit dans les importations et augmentations des exportations. Comme le déficit est supérieur à l’augmentation, le chiffre total des échanges a donc baissé ; mais il ne faut pas trop s’arrèter à ce léger déficit global, qui d’ailleurs se retrouve dans les relations de l’Indochine avec l’étranger.Cet état de choses est dû à la mauvaise situation agricole résultant des cyclones et des inondations, qui ont dévasté les rizières. L’Indochine est d'ores et déjà sortie de sa crise ; l’année 1907 marque une amélioration décisive et notre colonie est sur le point de retrouver cette prospérité qui doit lui assurer
un brillant avenir économique.