le ciment pour 294.702; le coton brut pour
AT pal
43.245 ; les filets de coton pour 232.357 ; le matériel de chemin de fer pour 694.603 ; les spiritueux pour 25.609 ; les vins pour 113.677 taels. Si nous comparons ces statistiques à celles de 1906, nous remarquons que la plupart des produits exportés ont considérablement augmenté et parmi ceux dont l'excédent est le plus notoire, il faut citer le matériel de chemin de fer avec une différence de 638.816 taels et les ciments avec une augmentation de 169.461 taels. Par contre les spiritueux et les vins sont exportés en moins grande quantité et le déficit est représenté par une valeur de 34.639 taels ; c’est, sans aucun doute, à cause du monopole des alcools indochinois.
Les envois d’opium d’Indochine en Chine,quiétaient en 1906 de 6.576 taels se sont réduits à rien. Mais si la Chine ne reçoit pas d’opium de notre colonie, elle en importe beaucoup par la voie de Hong-Kong, or l’entrepôt anglais reçoit une assez grande quantité d’opium indochinois, il est donc difficile de déterminer la part de l’Indochine dans cette importation. L’exportation de l’opium brut de Chine dans notre possession se réduit à peu de chose, probablement sous l’action des mesures administratives contre ce produit. Cette restriction de l’opium va porter un coup sensible au commerce de l’Indochine et de la Chine.
Le progrès des relations commerciales de ces deux pays depuis dix années n’est pas aussi marqué qu’on pourrait le croire dès l’abord ; car si nous trouvons que les résultats de ces dernières années sont
dans l’ensemble très satisfaisants, il ne faut pas oublier à
Ne
que la production indochinoise a bénéficié pendant 1906 et 1907 de circonstances exceptionnelles. Nous croyons que ce commerce devrait se développer davantage : les bois d’Indochine pourraient trouver un débouché vers le sud de la Chine, et peut-être que le riz pourrait faire l’objet d’un plus grand trafic en raison de l’énorme population du Céleste Empire, population dont le riz constitue la principale nourriture. De plus, des maisons d'exportation devraient s'établir sur le territoire indochinois pour fabriquer les objets que la Chine réclame. La proximité de ce territoire, où nos colons travailleraient d’après les méthodes occidentales sans craindre la concurrence étrangère, donnerait à l’Indochine un avantage certain en Chine sur les industries européennes.
Le tabac donne lieu aussi à une consommation très importante en Chine et le pays ne peut fournir tout le tabac nécessaire à ses habitants, si bien que l’importation annuelle de ce produit atteint près d’un million de francs par an. L’Indochine trouverait dans l’exportation de cette denrée coloniale au Yun-Nan une source de bénéfices pour son agriculture. Nos manufactures se crééront un débouché utile en Chine, lorsqu'elles auront perfectionné leurs filés de coton. Actuellement, les produits indiens leur sont préférés. Au Yun-Nan les fils de coton proviennent de l'Inde, du Japon et du Tonkin : ces derniers, il est vrai, sont en progression sensible. Les filés de Hanoï et de Haïphong sont du même numéro que ceux de l'Inde
et du Japon; mais ils pèsent 100 grammes de plus :
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k kgr. 750 au lieu de 4 kgr. 650. Néanmoins, les Yun- Nanais préfèrent ces derniers auxquels ils sont habitués de longue date. Les maisons françaises n’ont même réussi à implanter les filés tonkinois qu’à la faveur d'achats importants d’opium qu’ils ont stipulés payablesen filés. Après les faillites considérables qui ont eu lieu à Hong-Kong, il est à espérer que les commerçants indochinois pourront prendre une plus large part de ce marché des filés de coton au Yun- Nan. Mais pour cela, il faut augmenter la force productrice des trois manufactures du Tonkin : Hanoï, Haïphong, Nam-Dink, qui actuellement ne sauraient suffire aux besoins d’un marché aussi important.
Grâce à l’achèvement du chemin de fer du Yun- Nan, les agriculteurs pourront envoyer dans la Chine méridionale avec des frais de transports réduits les cotons bruts dont elle a besoin. Ces cotons bruts y sont d’un usage fréquent pour doubler les vètements de cotonnades pendant l'hiver et pour confectionner de petits matelas.
Au Yun-Nan, le commerce indochinois progresse d’une manière constante au détriment du commerce avec Hong-Kong, qui n'occupe plus la presque tota- Jité des relations du Yun-Nan avec l'étranger. Jusqu'à l'heure actuelle la meilleure voie d’accès était la voie du fleuve Rouge; mais maintenant que la ligne de chemin de fer est terminée jusqu'à Montsen tout le commerce du Yun-Nan même avec Hong-Kong s'effectue par la voie du Tonkin et notre chemin
de fer a ainsi une sorte de monopole de transport
D QE des marchandises destinées à la Chine méridionale.
Mais tout produit étranger passant en transit au Tonkin doit payer une taxe de 20 »/, des droitsdu tarif général. Suivant que le droit du tarif général est plus ou moins élevé, les produits similaires français ont plus ou moins de chance de lutter avec lui au Yun- Nan.
Nous avons donc là une situation privilégiée dont les commerçants indochinois doivent profiter, en se créant des représentants chinois à Yunnan-Fou, capitale de cette partie de la Chine, de façon à créer des débouchés au commerce européen.
Nous venons d’étudier ainsi les points les plus intéressants du commerce de l’Indochine avec la Chine
proprement dite etle Yun-Nan ou Chine méridionale.