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I. — Commerce avec Hong-Kong

Le mouvement commercial entre l’Indochine et

Hong-Kong s’est élevé en 1903 à la somme de

oue 102.755.314 francs dont 47.816.524 pour les exportations et 54.938.800 pour les importations ; en 1907, il se montait à 154.235.458 francs dont 91,239.358 pour les envois et 62.296.100 pour les objets reçus de Hong-Kong; enfin en 1908, sur un total de 134,557.447 francs, 66.896.953 francs reviennent aux produits exportés et 67.661.494 francs aux produits importés.

Dans la période de 1903 à 1908 les relations commerciales se sont donc accrues de 31.802.133 francs ; sur cet excédent, la part des exportations est de 19.080.429 francs et celle des importations de 12.722.694 francs.

Si nous voulons déterminer l’apport des divers pays, qui composent notre colonie dans ce mouvement, nous pouvons dire que la Cochinchine figure approximativement pour 49°, ; le Tonkin pour 42°/,; l’Annam pour 7 °/,; le Cambodge pour 2°/, seulement. La Cochinchine et le Tonkin représentent donc la presque totalité du commerce de notre possession avec Hong-Kong; d’ailleurs la nature des produits donnant lieu à ces transactions l’indique bien. Les principaux produits exportés d'Indochine sont tout d’abord les riz; en 1903, il a été dirigé vers Hong- Kong 26 millions et demi de francs de riz; en 1907, les statistiques des douanes prouvent qu'il en a été expédié pour 70.285.953 francs. Cette augmentation considérable était due, il est vrai, à une récolte abondante.

Après les riz, les charbons et briquettes du Tonkin

figurent au tableau des exportations pour une somme de 1.971.802 francs; la cannelle dont les envois ont atteint en 1907 une valeur de 1.042.492 francs; les nattes du Tonkin pour 2.726.944 francs; les cotons pour 1.783.000 francs. Les nattes sont réexportées en Europe et en Amérique et les cotons sont employés dans les filaturés de Hong-Kong. Nous trouvons, toujours au chapitre des exportations vers l’entrepôt: le cunao (produit tinctorial) pour une somme de 750.000 francs; les poissons salés, dont les envois sont de plus en plus importants, pour une valeur de 3.067.423 francs; les soies grèges pour 598.000 francs; puis les huiles à laquer, les sucres bruns, les rotins, des peaux pour un chiffre approchant 500.000 francs.Enfin d’autres articles fort nombreux sont exportés et figurent pour des sommes plus ou moins fortes, ce sont: les ouvrages en bois, le poivre, les fruits de table, les tissus de soie, le zinc, les fruits et les graines oléagineuses, etc.

Les riz d’Indochine principalement de Cochinchine sont toujours et de beaucoup le principal produit d'exportation vers Hong-Kong, qui les réexporte ensuite pour la plus grande partie vers la Chine ; pour une part également, mais de moins en moins considérable, vers le Japon. Dans les années de bonne récolte, l'exportation du riz vers Hong-Kong est fort importante; en 1902, par exemple, les envois ont dépassé 40 millions et en 1907 ils ont été supérieurs à 60 millions.

Le marché de Hong-Kong était un des principaux

fournisseurs de riz au Japon; mais depuis quelques années, des navires de plus en plus nombreux partent du Japon ou même de Hong-Kong pour aller à Saigon pendant la saison de la vente des riz pour y charger à destination directe de l’empire japonais. Entre Saïgon et Marseille ces transports s'effectuent également sans transbordement par Hong-Kong.

Ceci explique que dans le mouvement de sortie des riz indochinois, à moins d’année exceptionnelle comme en 1902 et 1907, les exportations vers Hong- Kong ont tendance à diminuer.

Voici d’ailleurs d’après le Bulletin du Comité de l’Asie française de mars 1909, le relevé des exportations de riz et de ses dérivés (cargo, blanc, paddy, brisures, farines) de l’Indochine en 1908 comparées à celles de 1907.

1907 1908 France . . . . + 162.826 tonnes 142.215 tonnes Colonies françaises. 23.198 — 23.952 — Ports d'Europe . . 100.995 — 108.405 — Indes néerlandaises. (68.894 — 124.774 — Singapoore. . . . 48.482 — 75.920 — Philippines. . . . 99.959 — 403.814 — Hong-Kong. . . . 512.459 — 215.217 — Autres ports chinois. 110.319 — 7.355 — Japon Men 00070 =22,110.606 :— Autres pays . . - 3.718 — » —

Nous remarquons done que la diminution la plus

grande porte sur Hong-Kong et les ports chinois et

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nous constatons par contre, ainsi que nous le disions plus haut, que les exportations directes de notre colonie au Japon marquent une sensible augmentation. Ceci tient sans doute aux lignes de navigation, créées par le Japon après la conclusion du traité de commerce avec la France et qui relient actuellement Hanoï et Saïgon à l’empire japonais.

Les ventes directes de l’Indochine au Japon se font par l'intermédiaire des grandes maisons de commerce anglaises; elles transmettent leurs ordres à Saïgon et les riz de Cechinchine partent de notre colonie à destination directe du Japon. De la suppression des frais de transbordement et de magasinage résulte une économie de 15 à 20 francs par tonne de riz. Aussi la tendance actuelle est aux exportations directes et cela au détriment de l’entrepôt de Hong- Kong. Il est vrai de dire que du moment que ce trafic direct est fait par des maisons anglaises, le commerce britannique n’en souffre pas,bien au contraire. Il faut reconnaître que l’esprit anglais, sachant se plier aux exigences des circonstances et qui mieux est, sachant en retirer un bénéfice, caractérise d’une façon typique le véritable colonisateur doublé du commerçant, qui connaît à merveille la pratique des affaires.

L’entrepôt de Hong-Kong reste néanmoins le grand fournisseur de la Chine. Le marché de ce port est, à cette fin, organisé d’une manière remarquable tant au point de vue commercial qu’à celui des banques.

De grandes maisons chinoises de Hong-Kong achè-

tent à Saïgon des quantités de riz qu’elles s’efforcent de revendre le plus vite possible au demi-gros en Chine, les frais d’entrepôt toujours assez élevés et les risques de détérioration sont ainsi évités.

Les agriculteurs d’Indochine tireraient un grand profit s'ils consentaient à faire avec la Chine un commerce direct d’exportation des riz. Le marché chinois devrait être pour notre colonie un des meilleurs débouchés de cette denrée : dans les bonnes années l'empire chinois demande et peut recevoir pour 40 à 50 millions de francs de riz et ces envois se font presque entièrement par l’intermédiaire de Hong-Kong. Les exportations directes seront favorisées par la voie de pénétration du chemin de fer du Yun-Nan: mais on devrait aussi créer de petites lignes de cabotage côtier et améliorer les appareils destinés au chargement des riz. Pourquoi n’installerait-on pas des élévators à grains comme ceux qui existent aux États-Unis, pour les blés, par exemple ?

Nous allons nous occuper maintenant des importations que fait l’entrepôt de Hong-Kong à l’Indochine. Voici l’énumération des principaux produits qui entrent dans les statistiques de ce commerce

pour l’année 1907.

Tissus de soie. ... . 9.170.025. francs.

Or en feuilles. . . . 9.484.800. — Filés de coton écrus. . 4.276.554. — Médicaments chinois. . 2.349.780. —

Gay-Lugny

Porcelaines. . . . . 1.386.654. francs Thés de Chine. . . . 2.246.331 —

Papier chinois. . . . 3.027.130. — Vermicellechinois. . . 1.177.926. — Coton en laine." : 7.7 3:703.642: — Huiles d'éclairage. . . 1.019.866. — Farines. . . . . . 41.529.000. —

Tous ces produits ou presque tous n’ont pas été fabriqués à Hong-Kong, ce port n’a servi que d’intermédiaire, d’entrepôt, c’est d’ailleurs l’unique but d’une colonie de ccmmerce. On deit cependant noter qu'une partie des filés de coton écrus proviennent des manufactures de Hong-Kong. Les porcelaines arrivent du Japon et de la Chine, les huiles et les pétroles de l’Amérique, les thés, les médicaments proviennent de l’exportation chinoise.

Les farines françaises ont en Indochine à redouter la concurrence des farines venant de l’Amérique du Nord par la voie de Hong-Kong ; mais la supériorité des marques françaises est incontestable, elles doivent néanmoins compter avec l’abaissement du prix des marques étrangères. Ces dernières ne parviennent à gagner sur notre marché qu’aux périodes d’épuisement des farines de provenance métropolitaine.

Les papiers originaires de Chine donnent lieu à des importations considérables en Indochine, qui se sont chiffrées en 1907 par une somme de 3.027.130 fr.

ll y a là de quoi encourager la construction d’une

OO me usine pour la fabrication du papier au Tonkin, où les matières premières se trouvent en abondance.

Nous avons ainsi étudié le mouvement commercial entre l’Indochine et Hong-Kong, il nous reste à parler des relations, qui existent entre notre possession et Singapoore.

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