‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 196 sur 235 · m, xvii · texte numérisé non relu

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le choix et le sort. L'une et l'autre ont été employées en diverses républiques, et Ton voit encore actuellement un mélange très compliqué des deux dans l'élection du doge de Venise (*).

« Le suffrage par le sort, dit Montesquieu ('), est de la nature de la démocratie. » J'en conviens, mais comment cela? « Le sort, continue-t-il, est une façon d'élire qui n'afflige personne ; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir la patrie. » Ce ne sont pas là des raisons.

Si l'on fait attention que Télection des chefs est une fonction du gouvernement, et non de la souveraineté, on verra pourquoi la voie du sort est plus dans la nature de la démocratie, où l'administration est d'autant meilleure que les actes en sont moins multipliés (*).

Dans toute véritable démocratie, la magistrature n'est pas un avantage, mais une charge onéreuse qu'on ne peut justement imposer à un particulier plutôt qu'à un autre. La loi seule peut imposer cette

1. A partir du xiii» siècle jusqu'à la fin de la République, les élections des doges se firent, à peu près constamment, de la manière suivante : 1"> le Grand Conseil élisait 30 citoyens ; 2° ces 30 en élisaient 9 ; 3» ces 9 en élisaient 40 ; 4» parmi ces 40, 12 étaient tirés au sort; 5° ces 12 en élisaient 25 ; 6° le sort ramenait ces 25 à 9 ; 7» ces 9 en élisaient encore 25 ; S» le sort ramenait ces 25 à 11 ; 9« ces 11 enélisaient 41; 10** ces 41 procédaient à Vélection du doge.

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