A. Sorel, L'Europe et la Révolution, 1, ii, § 2, p
duisait à resserrer l'État, à rassembler la nation ; elle entrait tout naturellement dans le courant de l'histoire. Les disciples de Rousseau^ qui furent en France des révolutionnaires, devinrent en Allemagne des réformateurs (*). » Mais, si cette influence s'est étendue jusqu'aux faits et aux institutions, c'est d'abord en se faisant allemande et en pénétrant les doctrines des deux philosophes dont l'action a été la plus profonde au début du xix« siècle, Kantet Fichte.
On sait que l'œuvre de Rousseau a produit sur Kant Tine impression très vive et a contribué à la constitution de la philosophie critique (*). Hegel disait que la doctrine de Rousseau avait préparé celle de Kant et en avait fourni le fondement{'). M. Delbos va jusqu'à dire que c'est Rousseau qui, plus que Hume,« réveilla Kant de son sommeil dogmatique » (4). Et Kant déclare luimême que Rousseau l'a « ramené dans le droit chemin », alors qu'il se perdait dans la présomption et la curiosité de la science pure, et lui a fait comprendre