‹ Du contrat social [Texte imprimé]Chapitre 123 sur 149 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

Après la fondation de Rome f1), la république, naissante, c’est-à-dire l’armée du fondateur, composée d’Albains, de Sabins et d’étrangers, fut divisée en trois classes, qui de cette division prirent le nom de tribus. Chacune de ces tribus fut subdivisée en dix curies, et chaque curie en décuries, à la tête desquelles on mit des chefs, appelés curions et décurions.

Outre cela, on tira de chaque tribu un corps de cent cavaliers ou chevaliers, appelé centurie ; par où l’on voit que ces divisions, peu nécessaires dans un bourg, n’étaient d’abord que militaires. Mais il semble qu’un instinct de grandeur portait la petite ville de Rome à se donner d’avance une police (*) convenable à la capitale du monde.

De ce premier partage résulta bientôt un inconvénient : c’est que la tribu des Albains ( a ) et celle des Sabins (b) restant toujours au même état, tandis que celle des étrangers (c) ( 3 ) croissait sans cesse parle concours perpétuel de ceux-ci, cette dernière ne tarda pas à surpasser les deux autres. Le remède

(1) Les historiens modernes ont modifié sur plusieurs points ces théories, classiques à l’époque de Rousseau et qui restent vraies dans leurs grandes lignes. Rousseau connaissait et comprenait très bien l’histoire romaine. Il s’inspirait des Discours sur Tite-Live , de Machiavel, et surtout du traité de Sigonius, De iegibus romanis (Voir lettre à Dutens, 21 mars 1761). — Je signalerai seulement les points les plus importants ou il convient de rejeter ses théories.

(2) Même sens que ci-dessus, page 287.

(a) Ramnenses. ( Note d& Rousseau).

(b) Tatienses. ( Note de Rousseau).

(c) Luceres. ( Note de Rousseau).

(3) Mommsen considère cette troisième tribu comme ayant également une origine latine.

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