SUJET DE GE PREMIER LIVRE
L’homme est ne libre, et^artout R est dans les fers. Tel se croit le maître des autres qui ne laisse pas d’çtre plus esclave qu’eux. Comment ce changement s’est-il fait? Je l'ignore. Qu’est-ce qui peut le rendre légitime? Je crois pouvoir résoudre cette question.
Si je ne considérais que la force, et l’effet qui en dérive, je dirais : « Tant qu’un peuple est contraint d’obéir et qu’il obéit, il fait bien ; sitôt qu’il peut secouer le joug, et qu’il le secoue, il fait encore mieux ; car, recouvrant sa liberté par le même droit qui la lui a ravie, ou il est fondé à la reprendre, ou on ne Tétait point à la lui ôter. » Mais l’ordre social est un droit sacré qui sert de base à tous les autres. Cependant ce droit- ne vient point de la nature ; il est donc fondé sur des conventions. Il s’agit de savoir quelles SQnt ces conventions. Avant d’en venir là, je dois établir ce que je viens d’avancer (1).
destinées à amortir les persécutions probables. Pourtant, elles expriment aussi, chez l’un et chez l’autre, des sentiments sincères et des tendances naturelles : Montesquieu est libéral, mais essentiellement monarchiste; Rousseau, malgré les critiques qu’il formula souvent contre la constitution de Genève, aima toujours à se dire « républicain » de naissance et de cœur. Voir notamment sa lettre au libraire Rey, après la publication du Contrat, 29 mai 1762. Cf. Introd., chap. II, p 69 et suiv.
I1) La concision de ce chapitre le rend fort obscur. Voici quel est, je crois, l’ordre des idées: — L’homme, naturellement libre, se trouve en fait aujourd’hui soumis à
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