DU DROIT DE VIE ET DE MORT
On demande (2) comment les particuliers, n’ayant point droit de disposer de leur propre vie, peuyent transmettre au souverain ce même droit qu’ils n’ont pas (3). Cette question ne paraît difficile à résoudre que parce qu’elle est mal posée. Tout homme a droit de risquer sa propre vie pouT la conserver. A-t-on
(*) C’est-à-dire, à la fois leurs biens et leur liberté.
(2) Réponse à un passage de Locke, Gouvernement civil ,
ch. ix. .
(3) Les hommes se sont dépouillés de ce droit, comme de tous les autres, lors du contrat social. Rousseau considérait d’ailleurs le suicide comme rigoureusement condamné par toutes les lois morales et sociales ; voir la célèbre lettre de Milord Édouard, dans la Nouvelle Héloïse , IIIe partie, lettre 22.