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DE LA NATURE ET DU DÉVELOPPEMENT PROGRESSIF

fLes bienfaits du système de crédit , en général, se sont déjà trop répandus pour ne pas éveilj ^ 1er la conscience des vices de son organisation

! " actuelle, et provoquer de justes exigences à Té-

. ^4 gard de son développement à venir. Cette con-

' î viction positive et négative , c'est-à-dire les espé-

rances que la société attache à ce système d'un côté, et le sentiment de manque, d'impuissance et de vices qu'on lui reconnaît de i'autre, se font jour à cette heure dans une multitude d'ouvrages, de brochures et de travaux divers, qui,

comme s'ils s'étaient donné le mot, dirigent de tous les points de la question des investigations convergentes pour explorer cette terre de bonne espérance. Beaucoup d'idées lumineuses ont dernièrement jailli de ce concours d'exploration, et nous sommes d'autant mieux secondés dans les vues que nous venons poser nous-mêmes , par l'apparition successive de ces systèmes , que , sans être individuellement passés par ces^difTérens acheminemens, nousles reconnaissons néanmoins pour des positions intégrales et des jalons partiels de notre propre développement. Quant à sa forme , ce concours ne prouve que l'opportunité de la question; mais quant à son contenu^ il prouve la marche normale de l'idée , qui, par un développement intrinsèque, arrive à une synthèse organique.

Non seulement les institutions de crédit actuelles sont attaquables comme causas; mais aussi leurs moyens sont encore très-vicieux comme effets; c'est-à-dire , non seulement l'organisation du crédit pèche en elle-même^ par son peu de généralité, son manque de sécurité et par l'impossibilité où elle se trouve de vivifier, non pas quelques organes privilégiés du corps social, mais bien la totalité de ces organes , et d'em-

brasser toutes les relations économiques de la société; mais aussi elle pèche par ses moyens , qui ne sont rien moins que suffîsans , par leur inetHeacité spécifique , là même où ils ont pleine carrière 9 enfin par Tenfance des ressorts dont elle se sert actuellement. Bien plus , les institutions actuelles pèchent , non seulement pour cause de privation ou d'insuffisance dans leur développement organique , mais aussi pour cause A' abus ou de développement anormal et vicieux.

Sans entrer dans une analyse trop scrupuleuse de toutes ces imperfections et sans anatomiser toutes ces causes de malaise, qui d'ailleurs se représenteront plus aisément a leurs places respectives , nous signalerons en traits généraux et essentiels la route qu'a déjà parcouru le crédit , et le point où il se trouve maintenant pour pouvoir tirer ensuite de l'analyse de ces prémisses leur conséquence inévitable, c'est-à-dire en conclure le développement futur du crédit.

La preuve la plus saillante de l'état d'enfance où se trouve encore le crédit, c'est l'absence d'une connaissance approfondie de sa nature et de sa destination. N'avoir pas la conscience de ^oi-même , ou bien se méprendre sur sa propre portée, n'appartient qu'à une institution très-

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