CHAPITRE JII
Nous n'avons pas l'intention de décrire complètement le creux axillaire, la disposition des ganglions et leur vascularisation lympathique et sanguine étant les seuls points qui nous intéressent, seront aussi les seuls à nous arrêter.
Sinous consultons nos auteurs classiques,nous voyons qu'il n’y a rien ou presque rien : Les ganglions se groupent autour des troncs artériels et veineux sur lesquels ils forment une sorte de chapelet, étendu du creux de l’aisselle à la partie moyenne de la clavicule. Voilà ce que nous disent Sappey et la généralité des auteurs. Pourtant Eug. Bœckel dans son article « Aisselle », du dictionnaire de Jaccoud, précise un peu, dit qu'il les a trouvés du côté interne des vaisseaux, et ajoute qu’un autre paquet de ganglions, venant de la mamelle, suit le trajet de l'artère thoracique longue. « Tous ces ganglions, dit-il, sont profonds, sous-aponévrotiques..… » Il n’est pas fait mention de tout ceci dans la thèse de Thomas. C'est regrettable, car nous pouvons prévoir le rôle important des vaisseaux thoraciques longs dans la nutrition d’une partie des ganglions.
Tillaux prétend que les auteurs se trompent qui font suivre aux ganglions le trajet des vaisseaux. Il place Îles premiers en rapport avec la paroi interne du creux de l’aisselle et les seconds avec la paroi externe.
L'insuffisance de ces données ont amené M. Kirmisson (1) àentreprendre des recherches plus approfondies. Le 20 octobre 1882, il apporte à la Société anatomique une description nouvelle des lymphatiques de l’aisselle basée sur la direction de douze pièces.
Bien que tous soient sous-aponévrotiques, les ganglions axillaires peuvent être divisés en deux groupes, l’un superficiel, l’autre profond : le premier, semé le long des branches coliatérales de l'artère et de la veine axillaire, le second au sommet du creux de l’aisselle, derrière le petit pectoral contigu aux gros vaisseaux. Le groupe superficiel se divise en deux séries : l’une antérieure, l’autre postérieure. Les ganglions de la série postérieure longent le bord antérieur du grand dorsal en: suivant le trajet des vaisseaux et nerfs scapulaires inférieurs; ceux de la série antérieure sont cachés sous le bord inférieur du grand pectoral et courent le long des veines thoraciques longues. (C’est le paquet décrit par Eug. Bœckel.) C’est, d’ailleurs, le groupe le plus important, c’est celui qui se trouve le plus près de la mamelle, puisque les ganglions les plus antérieurs de ce groupe sont en contact réel avec elle ou plutôt son prolongement axillaire, et que tous ses lymphatiques afférants viennent: uniquemment de la glande mammaire. C’est aussi le premier pris.
(1) Kirmisson, Bull. Soc. Anat., 1882, 4 S., t. VIL.
Eater
Nous voyons donc que deux groupes de vaisseaux : les scapulaires inférieurs et les mammaires externes ou thoraciques longs sont appelés à jouer un rôle important dans le curage de l’aisselle. Jusqu'à présent, ce rôle a été laissé dans l'ombre, et, si l’on songe que ces vaisseaux sont appelés à être liés et sectionnés pendant l'opération, on ne saurait trop chercher à relever exactement leur nombre, leur place et leurs rapports avec les organes VOISINS.
Ur
FiG. 1. — Demi-schématique montrant les artères scapulaire inférieure et mammaire externe.
C'est ce que nous avons recherché. Notre étude porte sur'huit directions dont voici lé résultat.
D'abord, si on examine l’aisselle en plaçant ie bras dans l’abduction, de façon à ce qu'il forme un angle droit avec le tronc, on voit (fig. 1) le long du bord