SUR LA CAUSE DU VOMISSEMENT
BiDD]tB OU IIFimEHCU rllTIl « MÉ11IC1».
Dans le dernier siècle, deux médecins , qui jouissaient d'nne grande célébrité, se trouvaient partagés d'opinion sur la cause mécanique du vomissement.
P.Chirac, de Montpellier, fondé sur des expériences qu'il avait faites r
se croyait autorisé à penser et à avancer que le vomissement s'opère au moyen des contractions du diaphragme et de la pression exercée sur 1 estomac par les muscles du ventre.
Dans cette hypothèse, l'estomac se trouvait être passif.
Quelque temps après, Haller, appuyé sur d'autres expériences qui luî étaient propres, voyait ce phénomène d'un autre œil, et le concevait d'unetout autre manière ; il s'arrêta à celte opinion contraire à celle de Chirac, que le vomissement est dû aux contractions de l'estomac. Voilà ces deux grands maîtres en opposition , et leurs disciples aux prises. Après de longs débats , auxquels le temps et la satiété mirent lin , la question resta au point où on l'avait prise, pour tomber dans l'oubli. 11 appartenait à notre siècle, où la médecine est exclusivement ana-
lomiquc et tout expérimentale, et il convenait plus particulièrement à un homme qui fait sa grande occupation des expériences sur les animaux vivons , de reproduire la question du.
vomissement et de tenter d'en donner une solution décisive. C'est aussi ce qui a été fait avec la plus honorable distinction par M. le docteur Magendie. Des expériences capitales , dont l'idée neuve appartient à ce célèbre médecin , et qu'il a exécutées avec une courageuse habileté , l'ont mis à même de comparer les opinions de Chirac et d'Haller, de rejeter celle de ce dernier, et d'adopter et de confirmer celledumédecinde Montpellier. Ainsi que Chirac, M. Magendie regarde comme évident et, de plus, comme un fait positif, que l'estomac est passif dans le vomissement , et que cet effort est dû aux contractions du %lia-
ttliragmo cl à 1» pression des muscles abdominaux. Tel est le résultat dun travail dout M. Mageudie rend compte daus un Mémoire qui a été lu a 11nslitut et livré à l'impression en i8i3.
M. Mageudie a-t-il complètement résolu la question du vomissement débattue avant lui? S'il nous est permis de parler, nous dirons que nous n'en sommes pas entièrement couvam.
eus ; et l'accueil aussi prudent que flatteur du corps savant auquel il a soumis son travail, nous permettra d'élever des doutes sur les inductions qu'il tire de ses expériences. Nous allons proposer quelques-uns de ces doutes.
Nous commencerons par une reflexion que nous avons souvent faite au sujet des expériences pratiquées sur les animaux vivans. Nous demandero»s si la torture à laquelle on les
applique , peut leur arracher d'autre aveu que celui de la rage impuissante , du désespoir , et de la douleur portée à son comble. Ces sortes d'expériences endurcissent nécessairement le cœur ; mais ne faussent-elles pas le jugement ? ne gâtent-elles pas l'esprit * ? Les tourmens auxquels les animauxjsont en proie , ne les jettentils pas dans des convulsions qui n'ont lieu que quand on les provoque par des moyens aussi barbares , et qui , par conséquent, sont sans analogie avec les accidens morbiûques aux-
* Dans l'introduction de mon Estai sur le gaz azote atmosphorique , considéré dans ses rapports avec l'existence animale, lu à l'Institut en t8i4 , j'ai mis en note cette réflexion , avec l'intention esprimee de m'en occuper parla suite. Les dix années qui se sont écoulées depuis n'ont rien changé A mes idées sur ce point; elles n'ont fait que les confirmer de plus en plus.
tmcls on veut Ie9 comparer? Est-il bien certain, par exemple, que les phénomènes que M. Magendîc a observés, en expérimentant à sa manière, puissent être comparés à ce qui se passe dans le vomissement naturel; et que les inductions qu'il tire de ses expériences méritent le degré de confiance qu'on leur accorde ? c'est ce dont il est permis de douter.
Des médecins ont avancé que les ouvertures de cadavres n'apprennent rien. Nous n'adoptons pas ce sentiment qui est exagéré : elles peuvent avoir leur utilité; mais peul-èlre scrait-îl vrai de dire que les observations cadavériques , dans maintes occasions, ressemblent aux observations météorologiques qui disent bien le temps de de la veille et se taisent sur le temps du lendemain. Quelquefois aussi, quon nous le pardonne, elles rappel-
lent au souvenir les propos que Molière met dans la bouche de Toinelte, déguisée en médecin, au moment où elle quitte le malade imaginaire \ A l'égard des expériences sur les animaux vivans, il y a plus encore à dira delà manière dont ou s'y prend. Si le cadavre est une habitation déserte, les animaux tenaillés, mutilés, représentent une cité livrée au-dehors à la fureur des ennemis , et au-dedans en
Adieu , je suis fAohé devons quitter sitôt, mais il faut que je me trouve à une grande consultation qui doit se faire pour un homme qui mourut hier.
Pour un homme qui mourut hier ?
Toncnr.
Oui, pour aviser et voir à ce qu'il aurait fallu lui faire pour le guérir.
{Act. m.Scèn. xiv.)
proie à toutes les calamités. Ce serait mal choisir , sans doute, que de prendre un pareil moment pour juger des lois, dos mœurs et de l'industrie de ses habitans. Lorsque les physiologistes se livrent à des expériences cruelles, qu'ils supplicient les animaux pour faire leurs observations, ne choisissent- il s pas aussi mal leur temps ? Voilà ce qui justifie ce que j'ai avancé plus haut, eu disant que ces sortes d'expériences mettent le jugement en défaut. Dans ledésordre épouvantable qui règne alors , où tous les traits de l'animalité sont défigurés , s'il est possible d'en reconnaître quelques-uns . peut-on, sans défiance, conclure d'un pareil étal de choses, dont la mort est la suite inévitable, aux efforts violons, mais naturels, aux moyens desquels le corps, livré à ses propres forces, parvient le plus sou-
le gène , l'opprime et menace sa \ie ?
Les doutes qui s'élèvent contre les expériences de M. Magendie ont encore une autre source. Celle-ci veut èlre indiquée. Nous voulons parler ' d'un défaut d'attention , grave par ses conséquences, dans lequel tombent presque toujours ceux qui font des expériences ; dont Chirac et Haller n'ont point étéexempts, etqueM. Magendie, de son côté, n'a point évité. Il paraît qu'on est tellement capté par ce que le détail des expériences offre de saillant, qu'on perd de vue l'ensemble de son sujet , ou que , préoccupé des petites clioses , on ne pense plus aux grandes. Chirac et Haller me paraissent avoir erré en ce point capital, qu'ils ont attribué le vomissement à
de telle ou telle
n écessai renient 8'
résulter du concours et de l'action d'autres parties dont ils n'ont pas tenu compte. Pourquoi , par exemple, faire dépendre, comme Haller et Duverney, le vomissement des seules contractions de l'estomac , ou, comme Chirac et M. Magcndie, supposer l'estomac entièrement passif, et rapporter le vomissement, d'une manière exclusive, aux contractions du diaphragme et à la pression des muscles abdominaux ? Pourquoi ne résulterait-il pas de l'action simultanée de toutes ces parties ? La masse des intestins et le mouvement anti - péristallique n'y entreraient-ils pour rieu? Développons notre idée. Par quel mécanisme ou par le inécnuisme de quelles parties les excrémens sont-ils rendus par la bouche dans le -volvulus iléus. Les coutractions du diaphragme et la pression des muscles du
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ventre ne paraissent guère devoir et pouvoir y contribuer. N'est-il pas des cas où la niasse des intestins, comme Bordeu l'a soupçonné , se soulève, Se porte brusquement vers le diaphragme, fait une irruption soudaine, et comprime l'estomac du bas en liaut?
La pression latérale et la pression supérieure ne seraient-elles que des auxiliaires de cette pression intestinale ? Enfin, pourquoi l'estomac, dans le vomissement, ne serait-il pas pressé, comprimé dans tous les sens?
En admettant l'estomac passif dans ■ le vomissement, comme le prétend M. Magendie d'après ses expériences , il s'élève de grandes difficultés. A quoi sert alors la tunique musculaire de l'estomac, remarquable par son irri-* tabiïité; et 'dans cette tunique quel est l'usage des trois plans de fibres, les unes longitudinales, les autres per-
pcndiculaircs , les U'oi siémcs obliques?
Ces trois plans de fibres musculaires s'observeiH de même dans le tube intestinal, auquel on reconnaît unmouvementpéristaltique*. L estomac ûiaut
* Un mouvement semblable, quoiqu'il tic:
porte pas le même nom , appartient à lVsophage , dont l'organisation est différente de celle des intestins ; car 'on sait que les al lui eus ne descendent pas dans l'estomac par leur propre poids, mais par un mouvement dépression qui s'exécute progressivement de haut en bas dans toute la longueur du canal œsophagien.
C'est par un mouvement contraire, que l'on pourrait •nommer anii-ilùglalilif, et qui a de l'analogie avec le mouvement anli-péristalfiqite, que la nourriture est dégorgée par les oiseaus qui nourrissent leurs petits. Elle ne peut revenir de l'estomac dans leur bec que par une action opposée ù celle d'avaler.
Le même mouvement antl-déglutiiif a lie»
dans la rumination , lorsque les alimens , entassés d'abord et macères dans le rumen, on la panse, sont ramenés de l'estomac dans la bouche des animaux , pour y être broyés par la mastication,
supposé passif dans le vomissement , les fibres musculaires de ce viscère se trouvent être sans usage. L'anatomie est contre cette supposition.
Plaçons ici une réflexion qui paraît avoir échappé à Chirac et à M. Magendie. Si le canal alimentaire jouit d'une action non contestée dans toute son étendue c'est-à-dire depuis le pharynx jusqu'à l'anus ; si l'action des intestins s'étend depuis le pylore jusqu'à l'anus, et celle de l'œsophage depuis le cardia jusqu'aupharynx, comment ces médecins n'ont-ils pas réfléchi qu'en admettant riner lie complète de l'estomac dansle vomissement, c'était supposer, chose impossible, une solution de continuité dans l'action totale du canal alimentaire; que c'était priver de son action et de la première de ses facultés la partie du canal alimentaire qui en a le plus be-
soin, et qui doit en jouir nu plus haut degré , à raison de sou importance cl de l'importance de la fonction à laquelle elle est destinée ! La thèse de l'inertie de l'estomac eat donc imaginaire.
Quel'estomac ait une force de contraction moindre que celle des intestins et de l'œsophage , c'est ce dont on peut convenir lorsqu'on considère les capacités respectives de ces diverses parties et la puissance de leurs tuniques musculaires; mais que celle de l'estomac soit nulle, c'est, pour le dire une autre fois , ce qui ne peut être admis. L'action de l'estomac a besoin d'aide; seul, il ne se contracterait peut-Èlrc pas d'une manière assez violente et assez brusque pour opérer le vomissement. Mais aidé, ou peut concevoir qu'il y coopère puissamment en revenant sur lui-même,
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en se contractant à la manière de la vessie urinaire cl môme de la matrice, si la comparaison était permise.
Je connais quelqu'un qui, pendant dix-huit mois , a été sujet à un vomissement quotidien et périodique.
D'après ce qu'il m'a raconté à ce sujet , le vomissement avait lieu régulièrement deux heures après son dîner, pendant une promenade qu'il était dans l'habitude de faire. Un sentiment de malaise et une pesanteur d'estomac qu'il éprouvait tout à coup , l'avertissaient de suspendre sa marche; et bientôt les alimens étaient rejetés par un simple soulèvement d'estomac sans aucun effort qui annonçât une- contraction interne vittlenie, et nécessitât, de la part des muscles du ventre, une action extraordinaire. Les alimens rejetés , U continuait sa marche.
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Si je pouvais mu citer , je me donnerais pour exemple d'une anomalie bien singulière , qui n'est pas étrangère à la question du vomissement.
Etant dans ma vingt- huitième année et dans la convalescence longue cl douloureuse d'une maladie chronique dont j'avais ressenti les premières atteintes en Italie , je m'aperçus, aussitôt que je pus prendre des alimeus solides et varier ma nourriture , que mon estomac avait une aversion décidée pour la viande de mouton. En cllet , toutes les fois que j'en mangeais , peu de temps après le repas , je le rendais parcelles par parcelles, au moyen d'une espèce de rumination.
Cette rumination, qui ne paraissait pas troubler la digestion, parce qu'elle n'était accompagnée d'aucune nausée, d'aucun rapporldésagréablc, et quelle laissait l'haleine douce, durait tant
qu'il y avait dans l'estomac un atome de mouton mêlé aux autres alimens.
Après plusieurs tentatives faites pour m'assurer s'il y avait imagination de ma part ou antipathie de la part de mon estomac , je m'abstins de manger du mouton , et la rumination n'eut plus lieu.
C'est le propre des maladies chroniques de rendre les personnes qui en sont atteintes très-attentives à ce qu'elles ressentent : quand elles ne sont pas occupées à s'affliger , elles le sont à se ta ter. Je n'étais point du nombre de celles qui s'affligent , mais de celles qui se tâtent , et je puis dire que je me tâtais sans pusillanimité ; aussi rien de ce qui se passait dans mou être ne m'échappait. Il arrive souvent que des petits morceaux de charbon', qui adhèrent à la croûte du pain, échappent à la dent et sont
avales sans qu'on y prenne gardt!.
Lorsque cela m'arrivait, le charbon revenait de même que le mouton, et je le trouvais se promenant sur ma langue. J'étais alors loin d'avoir l'instruction et l'expérience que j'ai acquises ; mais ce fait, tout petit qu'il était, me paraissait très- remarquable.
Je le cite aujourd'hui , ainsi que le précédent , pour demander quel rapport il peut y avoir entre les contractions du diaphragme , la pression des muscles abdominaux, et le renvoi d'un atome de mouton ou de charbon contenu dans l'estomac, et si ces faits, donnés par l'observation , n'indiquent pas une action particulière de l'estomac , totalement indépendante de celle des autres organes auxquels M. Magendie attribue spécialement et exclusivement l'action de vomir.
La section des muscles abdonti-
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naux sur la longueur et par le tra^ vers, est -elle un moyen bien sûr pour acquérir la certitude que 1 estomac ne se contracte pas dans le vomissement ordinaire ? Que conclure de l'augmentation du volume de l'estomac et de l'effort qu'il fait, en conséquence , pour s'échapper par l'ouverture pratiquée aux tégumens? Piicn de ce qu'infère M, Magcndïc. L'aug-r mentalion de l'estomac est due à l'air introduit dans le viscère. Mais, de ce qu'il est capable de dilatation et d'extension lorsqu'il est en liberté , et qu'il a perdu son ressort , s'en suitil qu'il ne puisse se conlracter lorsqu'il est enfermé et qu'il jouit de toute sa eontractibilité? La dilatation n'emporle-t-elle pas avec elle l'idée de la rétraction ? Quant à l'eiTort que fait l'estomac pour s'échapper, n'est-il pas une suite nécessaire de son aug-
mcnlation ? Il sort d'une capacité dans laquelle.il ne peut plus Être contenu.
Tout cela, je le répète, ne prouve pas que l'estomac soit incapable de contraction.
Supposons qu'au moment où. une chienne souffre pour mettre bas, on fasse à l'hypogastre la section, que M. Magendie a pratiquée à l'épigastre, Si la chienne ne peut mettre bas sa portée , admettra-Mm pour cela que la matrice est passive dans l'enfantement, et que l'accouchement est dû à la pression qu'exercent sur la matrice des muscles de l'hypogastri:.
Les accoucheurs ne seront point de cet avis. Dira-rt-on également que , dans les constipations rebelles , l'expulsion des excrémens endurcis est due à la seule pression des muscles du bas-ventre? Sans doute ils agissent, mais ils n'agissent pas seuls.
Letat violent dans lequel se trouvent ceux qui sont constipés prouve le contraire , et fait voir que toute la machine y est employée. Nous pensons, donc que le vomissement, comme tous les, actes qui nécessitent de grands efforts de la part des corps vivans, ne dépend pas de l'action de telle partie , mais du concours de toutes , les uues pour une faible part, les autres pour une part plus forte , toutes dans une proportion relative à la force de chacune. Adoptant les vues du père de la médecine , nous pourrions dire , d'après l'étude de nos propres sensations dans diverses circonstances de la vie , que toutes les parties du corps vivant n'ont pas seulement le sentiment de leurs besoins particuliers , maïs encore qito chacune d'elles a une sorte de conscience du besoin de toutes les autres ;
tellement que, si un organe princi-.
pal est occupé à remplir ses fonctions, les autres organes vont à son secours, soit inédiatement , soit immédiatement , soit directement , soit indirectement-, ceux-ci, en entrant dans une sorte d'orgasme pour l'aider , ccux-Ja , en tombant dans le relâchement et l'inaction , afin de ne pas offrir une résistance inutile ou contraire à la fonction qui s'exécute , et pour ne pas distraire des forces, telles, que la cbaleur vitale , le sentiment et l'action organique, qui doivent être réunies et concentrées momentanément dans l'organe qui est en travail. Dans le moment de la digestion , par exemple , où les forces vitales employées à la coction, à la trituration ou à la dissolution des alimens , sont concentrées. da»* l'estomac, tous ks autres organes principaux parais-
senl évidemment dans un état de ta pos on de moindre action : la tète est embarrassée, la circulation lauguit, la respiration est moins libre , les membres supportent avec peine et J aligne le poids du corps $ ou se sent lourd ; il semble que la vie se ralentit dans lesorganesdésœuvrcs, afin qu'elle soit plus active dans celui qui travaille *.
Comparons maintenant l'expectoration au vomissement. Dans l'un et l'autre cas , il y a expulsion violente
* L'inaction de certaines parties , lorsque (Tairtres sont en fonction , ne peut être plus manifeste que dans l'exercice des organes destinés â la locomotion. Pour étendre la jambe ou fléchir le bras , il faut nécessairement que les fléchisseurs de la jambe et les extenseurs du bras cèdent ; et ils ne peuvent ce'der qu'en tombant dans un relâchement total, dans l'inaction complète. Si les extenseurs et les fléchisseurs d'un membre se trouvaient dans un, e'tat de contraction , d'érection égale, le mem-
de matières ou d'humeurs, et le dia-> pliragmc joue également un rôle important, quoiqu'il* verse. Dans le vomissement, le diaphragme se porte brusquement sur l'estomac : dans la toux, il frappe ilérativement les poumons. Supposons maintenant la section des nerfs phréniques. S'il ne peut y avoir de vomissement d'après les expériences de M. Magendie, il ne peut, plus y avoir de toux et par conséquent d'expectoration. Sera-t-oncn droit de conclure que dans l'expectoration le
bre ne pourrait ni se fléchir , niée redresser ; il resterait dans l'état où il se trouvait d'abord j tels sont les membres des catalep-
Coït une autre loi de l'économie animale tjue deui fonctions qui exigent un certain effort , ne peuvent se faire d'un m£me coup ou dans iin même temps ; entre le besoin.de pisser et celui de viderlé rectum , c'est le plus pressé qui commence ; dans la règle , on ne peut satisfaire l'un etl'aulve à la fois.
poumon est entièrement passif, et que l'expulsion des crachats est due uniquement aux secousses du diaphragme ? Nous ne le croyons paa. Nous pensons que le diaphragme, le thorax, et les poumons, concourent , chacun pour sa part, à l'expectoration, et que le diaphragme , les muscles abdominaux , l'estomac , et même les intestins, concourent au vomissement.
Que la part d'action de certaines parties , telles que le diaphragme, soit la plus forte, c'est peut-être la seule induction vraie qu'on puisse tirer des expériences de M. Magendie.
Quant à l'expérience de la vessie de cochon substituée à l'estomac qu'on , nous ne pouvons concevoir le merveilleux : nous n'y nti'on aussi bizarre Il n'est pas besoin d'expériences particulières pour sa-
voir qu'unis vessie remplie d'eau doit se vider par son col maintenu béanl quand on la presse. Voilà cependant à quoi se réduit cette fameuse expérience. Qu'une vessie soit pressée par la main ou par un moyen mécanique quelconque, ou qu'elle le soit par le diaphragme séparé de l'estomac et les lambeaux des muscles et de la peau du ventre recousus , il faut nécessairement que l'eau qu'elle contient sorte par l'effet de la compression. Il n'y a rien d'extraordinaire en cela ; une seule chose nous étonne seulement, c'est cette préoccupation de l'esprit, qui permet de comparer la trépidation convulsive des parties lacérées, mutilées, aux efforts momentanés de ces mêmes parties, conservant leur intégrité, et faisant partie du tout animal.
C'est l'oubli total de cette première loi des corps vivaus : ConJIuxus
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bftu*, conspiratîo una , consenticiàia olniiia. Hip.
Nous passons à d'autres considéra* lions. Ceux qui se livrent à l'étude de la nature , conviendront que , dans les expériences délicates , le moindre fait inaperçu , le plus petit phénomène qui échappe à l'attention peut jeter l'observateur dans une fausse route et l'égarer dans ses raisoïinemens. Que penser ici des conséquences que 1 on a pu tirer de l'expérience de la vessie', dans laquelle on n'a tenu aucun compte de la douleur et du changement qu'elle apporte dans le mode d'action des parties plus ou Ihoins lésées et, par contre-coup, dans l'état de celles qui sont restées intactes? On voit lui animal érentré"", un estomac enlevé , des vaisseau* liés , l'extrémité de l'œsophage coupé et appliqué sur une canule de gomme élastique ci ibl-
tcmcnt serré par des tours de fils , les muscles de l'abdomen coupés d'abord, puis rapprochés, et maintenus par un point de suture. Que de souffrances accumulées dans un être vivant! D'un autre côté, on aperçoit de graves personnages, de froids témoins, quij parce qu'ils ne souffrent pas, oublient qu'ils martyrisent un Être sensible.
C'est... que dire? l'expression nous manque ! c'est du cartésianisme en action.
Par ces taisons et par toutes celles que nous avons déduites, lesquelles s'appuient dans leur ensemble sur celle considération tirée de l'oubli de la première loi delà vie animale, celle du consensus unus, nous croyons pouvoir dire que l'opinion de Chirac et celle d'Haller sont également insoutenables, qu'elles sont également fausses ; et que les expériences de M. Ma-
gendie entachées des Thèmes vices ne décident rien , absolument rien , * sur" la question du vomissement, malgré l'assentiment d'une commission composée d'hommes devant lesquels nous nous ipelinona d'ailleurs ;il n'est pas permis de comparer des aveux obte-
* Comme celle décision peut paraître trop tranchante, admettons, contre tout ce que nous avons avancé , que M. Mage ml ic aitassigné la véritable cause du vomissement, qu'if ait sur ce point découvert te secret de la nature , et proposons la question suivante :
Peut-on regarder la cause du vomissement qui a lieu dans la grossesse , dans la migraine , dans certaines affections du cerveau , dans la colique hépatique , dans la néphrétique , dans la passion illiaque, etc. , comme identique ? cela n'est pas vraisemblable, ou plutôt cela ïépugne. Or , si la cause du vomissement varie comme toutes les affections , à quoi peut servir la connaissance du cas particulier et contre nature que M. Magendiea découvert ?' ta réponse à cette observation nous parai* difficile.
IO
nus par la torture des expériences, quelque savante qu'on la suppose, avec ce qui se passe dans l'homme et les animaux livrés aux seules chances des maladies cl des accidensque leur nature comporte. C'est chercher la vérité non pas dans la vérité même, mais dans des apparences vaines et mensongères , non in veritate, sed in vanitaie.
Nous ajouterons, par compensation, que, si la curiosité humaine n'est pas satisfaite , la véritable science , celle à laquelle on peut atteindre et qui est la seule utile, n'y perd rien. Que le»
médecins puissent faire vomir dans les circonstances qui l'exigent ; qu'ils aient découvert des medicamens propres à cet objet; que leur nombre et leur plus ou moins d'énergie laissent le choix en cas de besoin, voilà qui est bon. Mais, qu'on sache, ou non, com-
ment on vomit , c'est ce qui parait fort indifférent et ce que nous tenons pour impossible.
Divina mens edocuit hommes sua opéra imitari, cognoscentes quœfaciunt, et ignorantes quœ imitantur.
Hip.