‹ Du degré d'utilité de l'anatomie comparée dans l'étude de l'anatomie humaineChapitre 9 sur 11 · SECTION IV · texte numérisé non relu

SECTION IV

Anatomie descriptive et chirurgicale.

L’anatomie comparée, pas plus que l’anatomie des animaux, ne peut aider l’étude de ces deux branches

de l'anatomie humaine. En effet , l’élude de l’articulation d’un ruminant, d’un pachyderme, n’aiderait d’aucune manière la connaissance du même oryane dans l’espèce humaine ; et si l’anatomiste veut étudier la composition anatomique de la main de l’homme, quelle utilité tirera-t-il pour cette étude de l'étude du même organe chez le cheval ? Au point de vue de l’anatomie descriptive et chirurgicale . à quoi serait bon de savoir que l’artère humérale du phoque et du paresseux se distribue en un réseau vasculaire au lieu de former un tronc isolé comme chez 1 homme? Celte connaissance, en effet , n’aiderait nullement à connaître les rapports et les variétés de l’artère humérale dans l’espèce humaine , notion indispensable au point de vue de la pathologie chirurgicale. Pour citer un dernier exemple, nous rappellerons que si, au point de vue physiologique, il est intéressant de connaître les modifications du système veineux chez les mammifères plongeurs , desavoir, par exemple , que chez le phoque il existe, au-dessous du diaphragme et près du foie, un muscle constricteur entourant la veine cave inférieure, et empêchant, par ses contractions, le reflux du sang vers le cœur pendant que l’animal est plongé tout entier dans le liquide au milieu duquel il passe une grande partie de sa vie, contractions qui vont jusqu’à déterminer des dilatations et même des sinus du système vei neux; s’il est curieux, disons-nous, de constater des dispositions aussi remarquables chez les animaux, quel avantage , nous le demandons, l'anatomiste pourra-t-il retirer de ces particularités pour la connaissance du même système veineux dans l’espèce humaine?

Page 1