‹ Du Délire chez les HépatopathiquesChapitre 15 sur 18 · LES · texte numérisé non relu

LES

actuellement très bien portants. Depuis son mariage elle n'a jamais été malade. Depuis huit ans elle souffrait de troubles gastriques légers et depuis cette époque elle ne buvait que de l'eau, Elle était, ditson mari, très intelligente et très instruite, mais elle avait parfois des inégalités et des bizarreries d'humeur.

Au mois d'octobre 1905 son caractère se modifia, mais si légèrement que sur le moment son mari n'y prit pas garde. Elle fit dès cette époque des scènes de jalousie. À partir du 15 décembre elle eut de longues nuits sans sommeil, pendant lesquelles elle se plaignait de l'estomac. Pendant la dernière quinzaine de décembre elle eut des troubles gastro-intestinaux, mais légers, auxquels on n'attacha pas d'importance.

Mais le 1er janvier 1906 on demande un médecin qui prescrit une purge. P... refuse de la prendre craignant d'être empoisonnée. Elle est triste, affaissée et ‘toute la journée répète à son mari : « Mon pauvre Georges, que tu me fais de mal. » Le mardi 2 et le mercredi 3, P... semble un peu mieux. Le jeudi matin elle se lève à 5 heures, gesticule, pousse des eris, appelle au secours disant qu'on va l'assassiner. Cette crise d’excitation dure une heure et la malade s'endort.

À, 9 heures elle se réveille et présente une nouvelle crise d'excitation, si intense cette fois que son mari la fait conduire au poste.

Elle est admise à Sainte-Anne avec un certificat de M. Dupré qui la dit atteinte de débilité mentale avec bouffées délirantes de persécution, avec hallucinations auditives, gustatives des interprétations multiples et absurdes.

Elle est le lendemain transférée à la Salpêtrière où elle arrive

avec un cerlificat de M. Magnan qui constate quelle est atteinte

de dégénérescence mentale, avec hallucinations, idées de persécution. s

Le jour de son arrivée à la Salpêtrière, P... est dans un état d'agitation extrême. Sa physionomie exprime la frayeur, Elle dit qu'on l’électrise, qu’on veut la faire mourir. Elle refuse toute nourriture.

Dans les jours qui suivent, elle devient tout à fait confuse. Elle reste tout le jour debout, en chemise, effrayée et inquiète. Elle profère sur un ton monotone des phrases imprécises, Les idées se succèdent sans suite. On peut comprendre qu'elle a été mariée par un prêtre qui n'était pas catholique, qu’elle ne veut point aller dans des maisons de femmes, qu'on lui a dressé des embüches, et qu’elle est tombée dans un piège.

Elle a des hallucinations du goût et de l’odorat. On lui fait passer de mauvaises odeurs sous le nez ; on lui fait manger de la pourriture. Elle a des illusions de la vue, croit reconnaitre les personnes présentes.

Tout ce délire est incohérent, décousu, imprécis. Les idées de persécution qui émergent à tout instant sont illogiques et mal coordonnées.

C’est le tableau d'une confusion mentale avec hallucinations, idées vagues de persécution, craintes d'empoisonnement, avec élat anxieux et parrophobie.

Jusqu'au 15 janvier il ne se produit pas de changement notable dans l’état psychique de la malade Elle est pourtant un peu moins agitée qu’à l'entrée,

Pendant toute cette période l’état général est assez satisfaisant. P... est grande, robuste et grasse. Bien que l'examen

physique soit difficile parce que la malade se laisse dificilement

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