‹ Du délire des sensationsChapitre 37 sur 70 · ILLUSIONS DE LA VUE RELATIVES A LA COULEUR · texte numérisé non relu

ILLUSIONS DE LA VUE RELATIVES A LA COULEUR

Une personne , en proie à une des plus terribles névroses, apercevait, dans les accès de cette maladie, outre des spectres hideux, tous les objets réels colorés en vert bleuâtre (1). Potovillat rapporte que neuf individus, empoisonnés par les racines d'une plante narcotique, voyaient tous les corps environnants d'une couleur rouge écarlate (-2). Tout récemment, une dame affectée d'un cancer au rectum , à laquelle j'avais prescrit un lavement avec une décoction de quatre grammes de feuilles sèches d'un végétal doué d'une action stupéfiante, et qui s'était servie de feuilles fraîches, fut prise d'un délire qui dura l'intervalle de deux heures , et pendant lequel tous les objets dont sa chambre était remplie lui semblaient colorés en rouge foncé.

Bidault de Villiers rapporte l'observation d'un homme de cinquante-cinq ans, auquel, à la suite d'une intoxication, le feu parut, pendant quelque temps , de couleur azurée (3).

(1) Journal de Médecine^ 1760, mois de novembre.

(2) Philosophical iransact.j tome xl, p. 446.

(3) Journal de médecine^ de chirurg, et de pharmac. , novembï 1817, fin du tome xl.

L'hostie' blanche que le prêtre élève à la consécration semblait quelquefois à sainte Catherine de Sienne avoir la couleur du feu, de la chair oa celle du sang (1).

ÏLMJSI0N9 DE Lit VUE RELATIVES A LA DISTANCE,

Une femme de soixante ans, auprès de laquelle je fus appelé pour un cas d'hémiplégie, me raconta que, dans les prodromes de son attaque, tous les objets environnants lui semblaient tour à touf augmenter ou diminuer d'éloignement, comme si ses yeux eussent été appliqués à l'un ouà raiître des deux bouts d'une lorgnette de spectacle.

M"^^ Yendall, âgée de quarante ans, fut prise, à la suite d'un premier accouchement, de convulsions et d'un état d'insensibilité qui dura trois semaines environ. Au bout de ce temps, elle recouvra graduellement ses facultés; mais sans jouir de l'intégrité de tous ses sens. Quoiqu'elle n'ait point eu de strabisme, quoique ses pupilles se contractent simultanément, quoique ses yeux paraissent sains sous tous les rapports, quoiqu'elle distingue, avéC chaque œil, à des intervalles différents, les caractères les plus fins, elle ne f eut pas juger de la distance des corps qui l'environnent, et ce n'est que parle toucher qu'elle peut diriger sa main vers l'objet qu'elle veut saisir. Dès que sa main a été une fois bien dirigée, elle peut la retirer et la porter vers le même objet, aussi souvent que bon lui semble, tant qu'elle et l'objet restent dans la même position respective (2),

(1) Owç^r. cit.^ p. 201.

f2) Nich. Litdeton, Médical and phjskal journal^ Ly Samiel Fothergill, mni 1818» -^YoL xxxix, n'' 23|.

ANALYSE ET THÉORIE DE l'iLLUSION SENSORIALE. ^ 3S ILLUSIONS DE LA VUE RELATIVES AU MOUVEMENT.

Les observations d'individus aux yeux desquels les objets en repos semblent se mouvoir circulairement, en un mot, les cas de vertige sont trop connus pour qu'il soit nécessaire d'en citer des exemples.

On sait, en optique, que, si le verre objectif qui est placé dans l'ouverture d'une chambre obscure vient à être abaissé, l'image se peignant sur le mur opposé n'occupe plus le même lieu. Or, selon Sauvages, quand le cristallin vient à pencher tant soit peu vers la droite ou vers la gauche, par l'effet d'un spasme des fibres de la couronne ciliaire, ce déplacement peut donner naissance à l'erreur en question (1).

Quoi qu'il en soit de cette explication, dans nombre de cas, le phénomène dérive des lois de la psychologie maladive et non pas de celles de l'optique.

Le fondateur de Tordre de Vallombreuse, Saint Gualbert, étant entré dans l'éghse de Saint Miniat, peu de temps après avoir fait grâce à un de ses ennemis, le crucifix, devant lequel il s'était agenouillé; baissa la tête et s'inclina comme pour approuver son acte de clémence (2).

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