‹ Du démon de SocrateChapitre 35 sur 74 · LE DÉMON PREND UN CORPS · texte numérisé non relu

LE DÉMON PREND UN CORPS

au songe de la prison (1), où Socrate avait vu s'avancer vers lui (eôoxst.... 7rpo(7£)v0ou(7a), une belle femme , vêtue de blancj qui lui annonça sa mort prochaine.

Après ces nombreux témoignages, que je pourrais multiplier encore, témoignages pris, soit de la bouche même de Socrate, soit de celle de ses amis, de ses disciples, ou d'auteurs peu éloignés du temps où il vivait, je passe sous silence une foule de détails du même genre qui ne sont, au reste, la plupart du temps, que la répétition, l'abréviation, ou une version différente des premiers ; détails qu'Antipater avait réunis en grand nombre (2), et qu'on trouvera dans Diogène- Laërce (3), Aulu-Gelle (4), Élien (5), Maxime de Tyr (6), Lactance (7),Tertullien (8),0rigène (9),Eusèbe(10),etc. C'est toujours ce même fait général, que Socrate avait un démon, entendait une voix, qui Tempêchait d^'agir quand il ne fallait pas le faire, qui lui annonçait l'avenir pour lui et pour ses amis, qui lui permit même

(1) Platon, Criion, p. 402. — Gotfr. Olearius, De Socratis Dœmonio, p. 153.

(2) CicÉRON, De divinatione, lib. I, s. 54.

(3) Lib. If, s. 32.

(4) Noctes attic.j lib. II, cap. 1.

(5) Historiœ variœ, \ih. Vill, cap. i. De Socratis Genio.

(6) Dissertationes 14 et 15 : Quid sit Socratis Deus ?

(7) Divinarum institutîonum, lib. II, cap. 15.

(8) Âpologeticus liber adversus gentes, p. 75; dans Opéra omnia, in-folio, Parisiis, 1608.

(9) Contra Celsum, hb. VI, n. 8.

(10) Prœparatio evangelica, lib. XIII, cap. 8, n. 13.

quelquefois de faire des prophéties sur les affaires pu-= bliquesj notamment sur l'expédition de Sicile, et sur celle d'Ionie, dont il annonça le mauvais succès (1). Indépendamment de cette croyance théosophique à lui tout à fait personnelle, Socrate, il m'importe de le remarquer de nouveau, partageait les croyances superstitieuses générales (2). Il admettait les dieux d'Athènes ; il voulait qu'on leur rendît les hommages prescrits par le culte du pays (3) ; qu'on leur offrît des sacrifices, qu'on consultât leurs oracles, qu'on obéît à leurs commandements (4). Xénophon, ayant reçu des lettres de son ami Proxénus, par lesquelles il était invité à passer en Asie, au service du jeune Cyrus, les communiqua à Socrate, et lui en demanda son sentiment; sur quoi il ne reçut aucune réponse de lui, sinon qu'il fallait consulter l'oracle de Delphes. Et Xénophon étant de retour, Socrate le blâma d'avoir demandé ce qu'il fallait faire pour se rendre les dieux favorables dans ce voyage, plutôt que d'avoir cherché à savoir s'il fallait l'entreprendre, ou non (5).

(1) Platon, Théagès, p. 21. — Plutarque, Du Démon de Socrate, ch. 49,- Vied'Alcibiade, ch. 31.

(2) Lactance, Divin, instit., lib. 111;, cap. 20.

(3) Xénophon, Memorab., lib. 1, p. 708, 722 ; lib. IV, p. 803.

(4) Platon^ Apologie, p. 60, 61, 77; Phédon,^. 251; Euthyphron, p. 9 ; Deuxième Alcibiade, p. 76. — Xénophon, Memorab., lib. I, p. 708, 709, 727 ; hb. II, p. 749 ; lib. IV, p. 802, 813. — CicÉRON, De divinatione, lib. I, n. 3.

(5) Xénophon, De expeditione Cyri, lib. ïll, p. 294. — CicÉRON, De divinatione, lib. 1, n. 54.

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