LE DÉMON DEVANT LES HÉLIASTE
Hais c'est surtout dans Y Apologie, discours prononcé par Socrate lui-même devant ses juges^ et en présence d'Athènes tout entière^ et que Platon n'a guère fait que recueillir^ c'est surtout dans TApolôgie que Socrate^ en parlant de son Dieu^ de son Démon, de sa voix divine, développe, de la manière la plus formelle et avec une sorte de plaisir, les hallucinations de l'ouïe les plus manifestes et les plus invétérées qu'ait jamais pu observer un médecin.
Le Dieu, 6 dc(Sç, de Delphes, dit-il après avoir développé sa Théorie de la génération des démons (i), le pousse à faire ce qu'il fait (2) ; et il lui obéira plutôt qu'aux Athéniens (3), car c'est là ce que le Dieu, 6 86<$ç, lui ordonne (4). Si donc il se défend, c'est pour l'amour des Athéniens, de peur qu'en le condamnant, ils n'o£fensent le Dieu (tou Oeoo), dans le présent qu'il leur a fait (5).
d Le Dieu, 6 ôeoç, semble m'avoir choisi, ajoute-t-il, <x pour vous exciter et vous aiguillonner, pour gour-
même sur des étrangers. La puissance de mon démons disait-il^ s'étend jusque sur les rapports qu'ion veut contracté'' avec moi. Ses hallucinations externes de Touïe et de la vue et son hallucination interne d^une puissance d'action médiate, tout cela se tenait d'un seul tout.
( Note de la deuxième édition. )
(1) Platon, Apologie^ trad. de M. Cousin, p. 86 et suiv.
(2) /6td., page 91.
(3) Jbid., page 93,
(4) Ibid., page 94.
(5) Ibid., page 95.
« mander chacun de vous, partout et toujours, sans a vous laisser aucun relâche (4).
a Qile ce soit la divinité^ tou 6£ou, elle-même qui a m'ait dûnné à cette ville, c'est ce que vous pouvez c( aisément reconnattre à cette marque quMl y a quel- « que chose de plus qu'humain à avoir négligé, pena dant tant d'années , mes propres affaires pour a m'attacher aux vôtres, en vous prenant chacun en « particulier, comme un père ou un frère aîné poura rait faire, et en vous exhortant sans cesse à vous a appliquer à la vertu (i).
« Mais peut-être paraîtra-t-il inconséquent que je me a sois mêlé de donner à chacun de vous des avis en a particulier, et que je n'aie jamais eu le courage de c( me trouver dans les assemblées du peuple pour a donner mes conseils à la république. Ce qui m'en a a empêché y ô Athéniens, c'est je ne sais quelle voix dia vine et démoniaque (3), dànt vous m'avez si souvent a entendu parler, et dont Mélitus, pour plaisanter, a a fait un chef d'accusation contre moi. Ce phénomène « extraordinaire s'est manifesté à moi depuis mon ena fance ; c'est une voix (4), qui ne se fait entendre que « pour me détourner de ce que fai résolu ; car jamais
({) Platon, Apologie^ traduct. de M. Cousin, page 96.
(2) /6id., page 96.
(3) on (AGI ôeTov tI xal ^aif/oviov yr^it(f.\ ^covii. (Page 73 du
texte grec.)
(4) ÈfÀol 9ï Tooro loTiv èx «ai^o; àpÇap.6vov, cpwviô ti; 'yif ojasvk].
(Page 73 du texte grec.)