‹ Du Dépeçage CriminelChapitre 31 sur 66 · TRES · texte numérisé non relu

TRES

de la fin du gros intestin remplie de méconium, comme cela a lieu au terme de la grossesse ; 41° le foie volumineux, gris, friable, ayant l'aspect de la viande cuite, ainsi que les deux reins qui y adhèrent.

19% La rate avec quelques débris de peau, tranchée au couteau, friable, s’effrite au moindre contact ef ayant dû comme les fragments qui précèdent séjourner dans l’eau bouillante ; 13° ’omoplate gauche avec les chairs qui la recouvrent, moins la peau qui a été enlevée ; 44° le membre supérieur droit (omoplate, portions de côtes, clavicule, bras et avant-bras entièrement dépouillés de la peau, main droite en partie carbonisée, notamment au niveau des dernières phalanges ; 15° l’avant-bras et la main du côté gauche, les chairs sont dénudées, grillées jusqu’aux os; les doigts sont noirs et calcinés; 16° la cuisse droite, dépouillée, dont les muscles sont mous, grisâtres et ont l’apparence de la viande cuite ; 17° un péroné calciné ; 18° l'extrémité supérieure du tibia droit également calciné.

L'autopsie des débris mutilés du cadavre trouvé dans les fosses d’aisances nous permet de déduire de notre expertise les conclusions suivantes :

1° Les morceaux de chair soumis à notre examen appartiennent au cadavre d’un enfant nouveau-né, du sexe masculin, né à terme.

2° Cet enfant a vécu et largement respiré.

3° La cause de sa mort n’a pu être déterminée en raison de l’état de mutilation du cadavre et de l’altération qu'on a fait subir aux organes.

4° Nous pensons que le corps du nouveau-né, vivant ou mort, a été plongé dans l’eau bouillante, qu’il a été dépouillé de sa peau avec un soin attentif; qu’il a été découpé en une vingtaine de morceaux à l’aide d’un solide instrument de cuisine, couperet où hachereau ; que plusieurs des débris, notamment les parties les plus reconnaissables, telles que la tête, les organes sexuels, lesextrémités des membres, ont été ensuite grillés sur une flamme et en partie calcinés, et qu’à la suite de ces manœuvres criminelles, entreprises assurément pour dissimuler la nature des

AE (es

débris du cadavre et les rendre assimilables à des restes de viande cuite provenant de la cuisine, les diverses portions du petit cadavre ont été successivement précipitées dans les fosses d’aisances.

5° Si l’on considère que ces opérations successives ont exigé un temps assez considérable, et qu'elles supposent de la part de l'accusée qui s’y serait livrée un calme, un sang-froid, une présence d'esprit, un surcroît de précautions véritablement extraordinaires, il y a lieu de se demander si le crime dont il s’agit n'aurait pas été commis avec la participation d’un complice.

D' Danner.

La fille X.. fut condamnée à trois ans de prison.

Souvent, avons-nous dit, le crime est commis par des cuisinières et, en effet, dans les constatations médico-légales on retrouve, pour ainsi dire, les traces de la main professionnelle. Elles dépècent comme elles feraient pour un lapin, ou comme elles l'ont vu faire pour les moutons ou les porcs à la boucherie. « Vous vous rappellerez du reste, dit Brouardel, que lorsqu une cuisinière apprète un lapin, elle laisse toujours, adhérentes à l’omoplate, la tête et la partie supérieure de l’humérus. »

Chacun connaît l’affaire de Tarare 1884. Le professeur Lacassagne, pendant l'examen médico-légal, fut frappé de la facon dont le membre droit du fœtus avait été enlevé. La désarticulation avait été pratiquée par le procédé dont on se sert pour abattre une aile de volaille. « Nous avons donné, dit le professeur Lacassagne, à cette facon de faire le nom de procédé de cuisinière. » On ne tarda pas à découvrir

A. DE SaiNT-VINCENT. 5

Page 1