‹ Du Dépeçage CriminelChapitre 43 sur 66 · ENT · texte numérisé non relu

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au-dessus de cette. plaie, le cuir chevelu est érodé sur une étendue de { centimètre. :

A son pourtour, surtout à droite, on voit une zone ecchymotique occupant la face interne, mesurant dans le sens antéropostérieur 3 centimètres et dans le sens transversal 25 millimetres.

Cette plaie contuse présente tous les caractères d’une plaie faite pendant la vie: hémorragie, ecchymose, etc.

* b) La tête est restée attachée à la colonne vertébrale.

Les dimensions sont les suivantes :

Diamètre bi-pariétal : 14 centimètres 6.

Diamètre antéro-postérieur : 17 centimètres.

Hauteur de l'oreille: 51 millimètres,

Longueur du nez: 43 millimètres.

Sur la joue gauche, un peu au-dessus de langle interne du maxillaire, existent cinq petites érosions de la peau, avec une petite incrustation bleuâtre, dont la nature est difficile à déterminer, mais qui pourraient le cas échéant constituer un signe particulier d’identité.

Au niveau de la plaie du cuir chevelu, on ne trouve aucune fracture ou simple fêlure de la voûte crânienne.

Le front est bien modelé, ni très haut, ni très large. Les sourcils sont châtains ; les arcades sourcilières sont bien formées, l'intervalle qui les sépare est de 2 centimetres.

Les yeux sont gris, plutôt clairs, assez grands.

Les cils sont assez longs, bien fournis, châtain.

Le nez est petit, légèrement busqué.

Léger duvet à la lèvre supérieure.

Bouche moyenne. La lèvre inférieure est un peu plus forte que la lèvre supérieure.

Les oreilles sont percées, plutôt petites et un peu larges.

La dentition est assez bonne. En haut, au maxillaire supérieur, à gauche, il manque la première grosse molaire. A droite, cette même première grosse molaire manque également.

Les deux dents de sagesse, aux extrémités, ne sont pas sorties.

Au maxillaire inférieur, à gauche, il manque deux grosses molaires. À droite, la première grosse molaire est cariée et à moitié cassée.

Il y a lieu de remarquer que parmi Îles dents présentes et en bon état, l’incisive latérale droite supérieure est reportée en arrière, tandis que la canine voisine est légèrement portée en avant, et qu’un léger intervalle sépare la canine inférieure gauche de la prémolaire voisine.

ce) Le cou. — Le larynx, la trachée, l’œsophage et le corps thyroïde manquent.

A droite, on constate une longue section partant de la symphyse du menton, se dirigeant en arrière et en bas vers l’articulation sterno-elaviculaire droite. De cet angle part une autre incision qui, remontant légèrement, se dirige en arrière et un peu en haut, jusque derrière le muscle sterno-cléido-mastotdien puis de là, descend en arrière en suivant une ligne verticale située à 11 cent. 2 de la ligne médiane des apophyses épineuses et enfin, s'arrête à la partie supérieure de la fosse sus-épineuse.

Du côté gauche, à partir de la symphyse du menton, on trouve la lèvre gauche de l'incision précédemment décrite à droite.

Ces deux lèvres s'adaptent parfaitement et constituent une incision partant de la symphyse et traversant les régions sus et sous-hyoïdiennes d’avant en arrière sur une longueur de 64 millimètres.

De la partie inférieure de cette section, part une autre incision oblique se dirigeant en arrière et à gauche, passant à 8 centimètres-au dessous du lobule de l’oreille et allant rejoindre au niveau de la nuque une section verticale médiane, descendant le long du rachis et qui sera décrite plus tard.

Cette incision des téguments est beaucoup plus irrégulière à gauche qu’à droite; elle présente une grande encoche vers son milieu et de petites encoches plus en arrière.

Dans la région latérale droite du cou, on remarque deux plaies : la premiere est située à 6 centimètres au-dessus du lobule de l'oreille à 3 centimètres en arrière de l’angle du maxillaire sur le trajet du muscle sterno-cléido-mastoïdien :

C'est une petite plaie en boutonnière, à direction transversale, mesurant 11 millimètres, entourée d’une zone ecchymotique de 33 millimètres de hauteur sur 45 millimètres de largeur et dont les bords sont un peu contus.

À la partie postérieure de cette zone ecchymotique, sur un même plan horizontal, à 2 centimètres en arrière de cette premiére plaie, existe une seconde plaie, également en boutonnière légèrement oblique de haut en bas et d’arrière en avant et mesurant 7 millimètres.

Ces deux plaies ont tous les caractères de blessures faites pendant la vie.

Je pratique la dissection de la région occupée par elles.

Je constate alors que la première plaie a pénétré profondément et qu’elle a dû être faite par un instrument mixte, piquant ettranchant, de moyenne dimension. Le trajet suivi par l’instrument est légèrement oblique, de bas en haut et de dehors en dedans. La pointe a traversé en son milieu le musele sternomastoïdien, à environ 75 millimetres de son insertion mastoidienne; de là, elle a passé entre la jugulaire interne, qui a été en partie sectionnée, et la carotide primitive, dont la tunique externe a été éraflée à 4 centimètre de sa bifurcation, mais dont la paroi n’a pas été ouverte. Enfin, l’arme est allée entamer la partie latérale droite de la cinquième vertèbre cervicale, dont le périoste est éraflé sur une étendue de 13 millimetres. Toute cette région est infiltrée par un épanchement sanguin qui semble avoir été très abondant.

La plaie de la jugulaire interne a été évidemment la blessure grave de cette région ; elle mesure 7 millimètres.

L'examen de la deuxième plaie indique que l'instrument à pénétré derrière le bord postérieur du muscle sterno-mastoïdien, à 6 cent, 1/2 de son insertion mastoïdienne. A l’aide d’une sonde, on constate que la direction de la plaie est oblique de haut en bas et de dehors en dedans ; sa profondeur est de 5 centimètres à 5 cent. 1/2.

Dans le tissu cellulaire de la région prévertébrale, un épanchement sanguin abondant s’est produit.

La masse des muscles prévertébraux a été traversée et l’instrument s’est arrêté contre la colonne cervicale, au niveau des insertions moyennes du muscle scalène postérieur, derrière les deux tubercules postérieurs des cinquième et sixième vertèbres cervicales.

Le périoste vertébral, à ce niveau, présente une légère éraflure.

Dans cette deuxième blessure, aucun organe important ne semble avoir élé atteint.

Dans les deux blessures, les éraflures du périoste des vertèbres indiquent que le coup de couteau ou de poignard a été porté avec une réelle violence.

d) Moitié droite du thorax et membre supérieur Zroit.

Il y a lieu de décrire trois sections :

1° La section médiane antérieure a une longueur de 39 centimètres; l’incision des téguments est netle et ne présente qu’une échappée, à l’éperon dirigé en bas et située à 12 centimètres de l’extrémité supérieure.

Le sternum est sectionné en son milieu par une coupe longitudinale partant de l’appendice xiphoïde, pour remonter en baut jusqu’à 12 centimètres et de là se diriger vers la droite, en formant une saillie convexe en haut, rugueuse et aboutissant à l'articulation sterno-claviculaire. Cette coupe droite du sternum correspond à la coupe signalée sur la première pièce. Le sternum a été ainsi divisé, comme on l’a vu précédemment, en deux fragments latéraux dont l’un est resté adhérent à la moitié gauche et l'autre à la moitié droite du thorax.

Ce deuxième fragment, dont la description se place ici, semble fracturé ou fissuré en plusieurs points. La poignée est séparée du corps et n’est restée adhérente que par les parties molles. Sa section est sinueuse.

A 2 centimètres de l’extrémité de l’appendice xiphoïde, on voit une entaille de l'os, profonde de 3 à 4 millimètres, à direction oblique en haut et à droite. À 4 centimètres audessus, on trouve une deuxième entaille avec languette osseuse à éperon dirigé en bas; à ce niveau, le fragment sternal est

fracturé ; à 2 centimètres au-dessus, légère encoche peu profonde, dont l’éperon osseux est, comme le précédent, dirigé en bas.

Les différents accidents : fractures, fêlures, entailles à éperon constatés sur ce fragment droit de la coupe sternale sembleraient révéler plutôt l’action d’un couperet, d’une hache ou d’un fort couteau, contrairement à ce qui est indiqué par la coupe du fragment gauche, mais sur cette dernière coupe, ’action de la scie est, comme je l’ai affirmé plus haut, marquée trop nettement pour qu’il puisse subsister un doute. Les irrégularités et les accidents de la coupe droite peuvent d’ailleurs facilement s'expliquer dans l’hypothèse de la scie. Il suffit en effet de supposer que le dépeceur, pendant qu’il sectionnait le sternum, appuyait plus ou moins fortement sur un des côtés de la section. Dans ce cas, le fragment sur lequel il appuyait devait se rompre de temps en temps, à mesure qu’il était détaché par le trait de scie.

Le sens des entaiiles de la coupe droite démontre comme l’a déjà démontré la coupe gauche que la section du sternum a été faite de bas en haut, en remontant de l’appendice xiphoïde vers la poignée sternale.

2° Section inférieure :

On peut évaluer sa longueur demi-circulaire prise sur les téguments à environ 45 ou 46 centimètres. ;

Le caractère dominant de cette section, c’est l’irrégularité. Elle présente de nombreuses encoches, profondes, ayant déterminé de nombreux éperons cutanés.

Elle part de l'extrémité inférieure de la section longitudinale dorsale, qui sera décrite plus loin, et se dirige obliquement do haut en baset de dedans en dehors sur une longueur de 14 centimètres; puis, changeant brusquement de direction, elle forme une profonde encoche de 51 millimètres, remontant de bas en haut et de dehors en dedans. Au fond de cette encoche, on remarque un éperon cutané dont la pointe est dirigée en

bas.

L'iucision, après cette encoche, reprend sa direction transver-

sale primitive, avec quelques irrégularités, sur une longueur de 45 millimètres ; puis elle continue en présentant sur un parcours de 72 millimètres deux échappées assez profondes à éperon dirigé en bas et en dedans.

Enfin elle contourne la région antéro-latérale de l’abdomen sur une longueur de 20 centimètres et vient rejoindre l’extrémité inférieure de la section antérieure; sur ce dernier parcours, elle ne présente qu’une échappée à éperon dirigé en haut et en dedans.

Pour compléter celte description, il faut signaler, deux entailles profondes ébauchées, parallèles à la section inférieure que je viens de décrire.

La première de ces entailles est située en avant et part exactement de l’extrémité inférieure de la section antérieure; elie est transversalement oblique en dehors et en haut, elle mesure 18 centimètres de long.

La deuxième est siluée en arrière, elle commence à #4 centimetres au-dessus de l’extrémité inférieure de la section postérieure ; elle est transversale, longue de 14 cent. 1/2 et assez profonde.

Toute cette description de la grande section inférieure de l’hémithorax droit, avec ses irrégularités, ses échappées et les entailles secondaires, établit que le dépeceur a dû faire usage d’un couteau à lame longue et large et qu’il s’Y est repris plusieurs fois, ne possédant probablement pas des notions anatomiques assez précises et allant buter avec son arme contre les plans osseux profonds. La grande encoche qui vient d’être signalée indique nettement que le couteau est venu buter contre l'os iliaque droit et l’a ensuite contourné.

Il faut noter qu’une grande partie des muscles psoas droits existent encore ; ils sont sectionnés, mais ils ont conservé leurs insertions supérieures.

Quant aux sections osseuses, voici comment elles ont été pratiquées :

A droite, il y a une désarticulation sacro-iliaque absolument nette. Le sacrum et le bord supéro-postérieur de l'os iliaque

gauche ont été sectionnés à l’aide d’une scie. Cette section est nette, très régulière et sans aucune échappée osseuse. Le sacrum est coupé suivant une ligne fortement oblique de droite à gauche, commençant à droite au niveau de la deuxième vertèbre sacrée, remontant de bas en haut et atteignant le bord supéropostérieur de l’os iliaque gauche.

Le dépecage à ce niveau a dû commencer par la désarticulation sacro-iliaque droite et continuer par le sacrum et l’os iliaque gauche.

3° Section postérieure. — Sa longueur est de 52 centimètres. Elle a été faite sur la ligne médiane de la région dorsale, plutôt un peu à gauche ; elle aboutit non pas aux apophyses épineuses des vertèbres, mais au côté gauche du corps vertébral. Elle est régulièrement verticale et ne présente qu’une encoche en haut à 6 centimètres de la section supérieure ; l’éperon cutané de cette encoche est dirigé en bas.

Elle rencontre en bas, à 4 centimètres de la section inférieure l’incision horizontale précédemment décrite. Comme je l’ai déja indiqué, la section osseuse a porté sur la tête des côtes gauches. La 12° côte est intacte et n’a pas été sectionnée. La 1" côte est brisée, la 3° présente quelques irrégularités ; pour les autres, la section est nette. La colonne vertébrale qui a été, comme on le voit, prise avec la moitié droite du thorax, ne présente aucune autre particularité que celles déjà signalées dans la région du cou.

A la surface du fragment anatomique ci-dessus décrit, rien à signaler.

Les constatations faites sur la paroi thoracique, le sein et le membre supérieur : bras, avant-bras et main, sont exactement les mêmes que celles déja indiquées pour la moitié gauche du thorax et le membre supérieur gauche.

Profondément, les incisions (crevés) n’ont révélé aucune ecchymose, aucune hémorragie.

D'ailleurs, au moment où ces recherches ont pu être faites, les tissus étaient déjà en pleine putréfaction.

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