‹ Du désir aux destinéesChapitre 10 sur 91 · L'INASSOUVI · texte numérisé non relu

L'INASSOUVI

Couple si tu portas un amour sans mesure Aux périssables flancs de ton humanité, Tu rougis d'en devoir profaner la beauté Au geste trivial et vil de la luxure.

Qu'as-tu fait de leur vœu d'extase et de fierté, Rite servile où la vie infâme s'assure, Lourd de honte présente et de douleur future, Traître esclave oublieux du messsage emporté ?

Tu n'es qu'un pis-aller, baiser. La chair tâtonne;

Au Désir infini l'avare Dieu ne donne

Qu'armes sans vertu, mots muets, vaines chaleurs !

Et les amants, prenant pour leur suprême couche Ton seuil morne. Absolu, s'y mêlent bouche à bouche, Dans leurs cheveux épars et le sang de leurs pleurs.

Page 1