SOIR PANIQUE
lo, lo ! Pan, je suis ivre. Au galop ! Que par l'aire, Par les champs, les guérets, par la plaine et le roc, Satyres, satyreaux, jusques au premier coq. De vos sabots d'onyx tinte la corne claire.
Dans le frêne enfonçant l'ivoire de son croc. Un grand léopard blanc emporte un thyrse et flaire Les talons empourprés par la grappe solaire, lo. Pan ! Salut, vieux roi du pressoir et du soc.
Dételle les lions de la grande Gybèle,
Emporte-la parmi le pampre où se rebelle
Le flot des noirs cheveux opprimés par les tours,
Et toi^ pieuse nuit qu'en ton ombre enflammée Chaude de vos sueurs, ô divines amours, Se mêle toute chair frémissante et pâmée !