PONCIF
Sous le joug des terreurs où l'homme succombait Dans l'âme ténébreuse et la chair hérissée De ceux qui m'ont légué la vie et la pensée J'ai tremblé deux mille ans à l'ombre d'un gibet.
Aujourd'hui détestant la cause dans l'effet Je suis libre et je hais l'épouvante passée, Mais leur fourbe morale à leur théodicée Survit, et l'odieux de laideur se parfait.
Ah ! revenir aux jours de force et de lumière Ou l'Hellas enivré de sa grâce première Dressait dans le ciel bleu le Parthénon vermeil,
Saluer dans le Beau la mesure du Juste,
Etre un rire de dieu fait rythme, chair robuste.
Et danser le Pœan tout nu dans le soleil I
ENTREE D'ALGIBIADE
Phèdre se tut. La nuit grecque épanchait les flots De sa ténèbre bleue. Exquise sur leurs têtes Fut l'ombre. Nés des fleurs et des coupes de fêtes, Dansaient, mélodieux, les mythes frais éclos.
Tout à coup des chansons, des flûtes, des grelots . .
Est-ce Dionysos aux belles bandelettes?
Sous le lierre épousé de pâles violettes.
C'est, plus ivre qu'à Crète et plus beau qu'à Délos,
Un autre dieu. Salut, Alcibiade ! Place ! Qu'il entre. Une tunique. Antonoé, délace Sa sandale, et le lit de myrte soit jonché ! . . .
Tel à ton pur banquet, sagesse glorieuse, Ma flûte mène encor le libre et beau Péché Dont rêva jusqu'au jour ta veille harmonieuse !