‹ Du désir aux destinéesChapitre 66 sur 91 · CIMETIERE AU LIDO · texte numérisé non relu

CIMETIERE AU LIDO

Le cimetière dort à l'abri de la digue, Les morts de l'année ont une lampe au chevet : Sous les sables marins le Silence achevait Le secret de la Vie à leur Effort prodigue.

Mais, par le sol obscur, aux bras qu'elle savait, La Mer que tourmenta leur fidèle fatigue A rampé — le cercueil qui fut barque navigue, L'acre baiser du sel l'étreint et le revêt.

Et la Veuve a défait le geste vil qui noue

Les durs doigts que la barre a crispé sur ses bonds,

Rouvert l'œil pour scruter les chemins de la proue,

Planté l'humble flamme, astre, à ses cieux vagabonds ;

Voici l'espace et l'acte et la belle démence.

Des chansons et du pain — va, brute, recommence !

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