CIMETIERE AU LIDO
Le cimetière dort à l'abri de la digue, Les morts de l'année ont une lampe au chevet : Sous les sables marins le Silence achevait Le secret de la Vie à leur Effort prodigue.
Mais, par le sol obscur, aux bras qu'elle savait, La Mer que tourmenta leur fidèle fatigue A rampé — le cercueil qui fut barque navigue, L'acre baiser du sel l'étreint et le revêt.
Et la Veuve a défait le geste vil qui noue
Les durs doigts que la barre a crispé sur ses bonds,
Rouvert l'œil pour scruter les chemins de la proue,
Planté l'humble flamme, astre, à ses cieux vagabonds ;
Voici l'espace et l'acte et la belle démence.
Des chansons et du pain — va, brute, recommence !