‹ Du désir aux destinéesChapitre 68 sur 91 · SUSPENS · texte numérisé non relu

SUSPENS

Le ciel est pur, la mer est douce. Sur la rive Nulle écume, au zénith nul flocon — tout est bleu : L'homme, les bras en croix, gît dormant au milieu Des joncs marins ; la veille immobile et pensive

Du mascaron de l'anse où l'eau touche l'olive. Songe vers l'horizon du temps qu'il était dieu, Sans que le double azur flatte son vague vœu D'une voile ou d'une aile. On rêve. Rien n'arrive.

Heure et Flot l'un de l'autre extasiés oublient L'une le vieux souci, l'autre le vieux sanglot, Les choses de l'Espace et du Temps se délient,

Un infini de paix comme une fleur éclot. L'ivresse du silence endort l'âme assouvie... Haine, amour, gloire où donc ?... Arrête, douce vie.

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