CHANSON DU SILLAGE
Par mon chemin d'écume et d'azur les pensées Retournent au pays, au foyer, à l'aïeul. Mon murmure est pareil au vent dans le tilleul Sous lequel attendront les vieilles fiancées.
Mes navettes d'argent tissent le pur linceul
Qu'étend la lune sur les vagues harassées ;
Je sais le goëland et les larmes versées
En secret, quand le soir laisse l'homme plus seul.
Et l'aile blanche bat dans le déclin du jour
Au rythme du mouchoir des adieux sans retour ;
Inutile sillon des plaines sans limites.
Qui malgré tant de pleurs et de regrets humains
N'a jamais balancé l'épi des lendemains...
— Mais voici des bleuets avec des marguerites.