‹ Du désir aux destinéesChapitre 74 sur 91 · CHANSON DU SILLAGE · texte numérisé non relu

CHANSON DU SILLAGE

Par mon chemin d'écume et d'azur les pensées Retournent au pays, au foyer, à l'aïeul. Mon murmure est pareil au vent dans le tilleul Sous lequel attendront les vieilles fiancées.

Mes navettes d'argent tissent le pur linceul

Qu'étend la lune sur les vagues harassées ;

Je sais le goëland et les larmes versées

En secret, quand le soir laisse l'homme plus seul.

Et l'aile blanche bat dans le déclin du jour

Au rythme du mouchoir des adieux sans retour ;

Inutile sillon des plaines sans limites.

Qui malgré tant de pleurs et de regrets humains

N'a jamais balancé l'épi des lendemains...

— Mais voici des bleuets avec des marguerites.

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