‹ Du Développement Des MembresChapitre 25 sur 39 · BASSIN · texte numérisé non relu

BASSIN

physe coracoïde ISchiont es

Mais à la suite de longues et patientes recherches sur l’ostéologie, et surtout sur la myologie comparée, M. le professeur A. Sararier (de Montpellier) est arrivé à des résultats un peu différents de ceux de GEGENBAUR. Dans ce beau travail (1), que nous voudrions pouvoir analyser tout entier, mais que le temps restreint dont nous disposons nous oblige à effleurer seulement, Saparier commence par

(4) A. SABATIER. Comparaison des ceintures antérieure et postérieure dans la sérides Vertébrés (Montpellier, 1880).

sé OR

poser en principe que : les os étant faits pour les muscles plus encore que les muscles pour les os, il serait rationnel d'établir les homologies osseuses sur l'étude des parties musculaires plus encore que de faire dépendre uniquement les homologies musculaires de l'étude des os. De là il tire ces conséquences très importantes : 1° d’une manière générale, et, sauf des exceptions dues à des modifications qu’il est facile d'expliquer, des os auxquels s'unissent les mêmes muscles seront homologues ; 2° là où certains muscles bien déterminés seront présents, l’élément osseux auquel ils se rendront le sera également; 3° et là où des muscles feront défaut, l'élément osseux, auquel ils s’insèrent dans d’autres cas, doit faire aussi défaut.

S’appuyantsur son principe fondamental etles corollaires qu’il en a tirés, SABATIER estarrivé à trouver dans l’épaule de l'Homme non seulement le coracoïde, mais aussi leprocoracoïde. C’est ce dernier même qui serait de beaucoup le plus développé des deux, car il ne serait autre que l’apophyse coracoïde. Cette apophyse serait donc l’homotypique du pubis : quant au coracoïde, il correspondrait au point osseux complémentaire qui se développe au sommet de la cavité glénoïde, et ce point glénoïdien serait l’homotypique de l’ischion. Le tableau suivant résume les déterminations du savant professeur de Montpellier :

Scapulum (corps). IUT, eee \ Procoracoïde (apo- / ÉPAULE. physe coracoïde) PUDISFME ere 3€ BASSIN, Coracoïde (point glénotdien)..... Ischion..... os

Pour Samarie, le deltoïde étant seulement représenté au bassin par le tenseur du fascia lata, qui répond à la portion du premier naissant de la base de l’épine du scapulum ou éminence scapulaire, au niveau du bord spinal

Poirier. 6

Sr Qt de cet os, l’ilium manque d’une véritable épine comparable à l’épine du scapulum. |

En admettant les homotypies telles que les a établies SABATIER, nous devons envisager autrement qu’on ne le fait d'habitude les sept points d’ossification normaux du scapulum, Nous admettrons donc trois points primitifs : L°le premierpourle scapulum, le point primitif proprement dit; 2° le second pour le prococacoïde, le point principal de l’apophyse coracoïde; 3° le troisième pour le coracoïde, lepointglénoïdien. Quant aux points complémentaires, voici comment ils sont répartis. Le coracoïde n’en a point; le procoracoïde en a un, le point placé à la partie supérieure de la base de l’apophyse caracoïde, et le scapulum en a trois : ceux du bord marginal, de l’angle inférieur, et de l'extrémité claviculaire de l’acromion. Si, comme nous le pensons, ce dernier doit être rattaché à la ceinture claviculaire, le scapulum n’aura plus que deux points -complémentaires. Dans ce cas, le scapulum aurait en tout trois points, le procoracoïde deux et le coracoïde un seul.

Nous avons vu que chaque pièce du bassin avait constamment quatre points d’ossification, à l'exception de l’ischion qui n’en possédait parfois que trois. La diminution du nombre des points d’ossification de la ceinture scapulaire est en rapport avec la diminution du volume de ces pièces, et celle-ci dépend elle-même de ce que le nombre des muscles qui s’insèrent sur les pièces coraco-scapulaire est de beaucoup inférieur à celui des muscles qui prennent leur insertion sur l'os coxal. En effet, tandis que le scapulum et sesdépendances donnentinsertionàseize muscles, trente-six muscles prennent insertion sur l’os coxal, Nous pouvons dire, non point comme le fait SABATIER, que les os sont faits pour les muscles, mais que les os sont faits par les muscles.

L'an

ut ; ea

Jusqu'ici, dans cette question des homotypies, il n’a pas encore été question de la clavicule. C’est qu’en effet, à moins qu'elle ne soit représentée par l’arcade ilio-pubienne (HuxLey), cette pièce osseuse n’a pas son homotypique au bassin, où jamais, dans la série des Vertébrés, nous n'avons vu apparaître des pièces comparables aux os dermiques de la ceinture claviculaire. GEGENBAUR nous a déjà montré comment le ménisque de l’articulation sternoclaviculaire est un débri de l’interclavicule que nous avons rencontrée chez les Batraciens anoures. Or, pour Gürre, cette pièce interclaviculaire résulterait de la soudure de deux pièces latérales, sans doute les deux sous-

- clavicules des Sturioniens, sur la ligne médiane. Notre

ménisque dériverait donc de la sous-clavicule.

D'un autre côté, nous avons vu que l’extrémité claviculaire de l’acromion se développait par un point osseux particulier; or, il arrive parfois que la pièce osseuse qui est formée par ce point, au lieu de se souder à l’épine scapulaire, en reste indépendante et constitue un osselet

intermédiaire à l’épine et à la clavicule, s’articulant avec

ces deux os par'arthrodie. Ne pourrait-on rapprocher cet os de le sus-clavicule des Sturioniens et des Téléostéens ou Poissons osseux ? Ce rapprochement nous paraît du moins aussi rationnel que celui proposé par ALBERT GAUDRY, qui compare l’épine scapulaire tout entière à la sus-clavicule.

Pour nous résumer, nous dirons que notre ceinture claviculaire nous paraît offrir les représentants manifestes des trois pièces osseuses de la ceinture des Sturioniens :

4 sus-clavicule (l'extrémité claviculaire de l’acromion) ;

2 clavicule (la clavicule proprement dite);

3° interclavicule (le ménisque de l'articulation sternoclaviculaire).

Poire

Homotypie du bras et de la cuisse, de l'avant-bras et de la jambe, de la main et du pied.

Nous avons vu comment jusqu’à la neuvième semaine de la vie fœtale, les membres thoraciques et abdominaux étaient orientés de la même façon, ayant leur face de flexion (palmaire, plantaire) tournée vers l’axe du corps, c’est-à-dire vers l’axe vertébro-sternal, le radius et le pouce, le tibia et le gros orteil placés du côté de la tête, le cubitus et l’auriculaire, le péroné et le cinquième orteil dirigés vers l’extrémité caudale. Nous avons exposé comment chaque membre, subissant au niveau de son articulation avec la ceinture correspondante, un mouvement de ROTATION inverse de 90, la face de flexion du membre thoracique devenait antérieure et celle du membre abdominal postérieure. A la suite de cette rotation, le radius et le pouce, le tibia et le gros orteil deviennent internes, le cubitus et l’auriculaire, le péroné et le cinquième orteil externes. Enfin, nous avons dit comment Huxzey, ALBRECHT, KÔLLIKER, ALEXIS JULIEN, A. SABATIER, pour établir l’homotypie des membres, les ont simplement ramenés à leur position primordiale.

Mais il nous faut maintenant insister un peu plus longuement sur cette homotypie et entrer dans des détails plus circonstanciés que ceux que nous avons donnés jusqu'ici. Pour cela, nous aurons principalement recours aux mémoires des deux anatomistes français, ALEXIS JULIEN et À. SABATIER, qui ont traité cette question avec le plus de soin. Ces deux auteurs sont arrivés à des conclusions à peu près identiques, mais par des voies un peu différentes. Tandis que le premier s’est surtout basé sur l’embryogénie et l'anatomie comparées, le deuxième a principale-

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