‹ Du diagnostic des maladies du système nerveux par l'ophthalmoscopieChapitre 61 sur 84 · OPHTHALMOSCOPIE DANS LE DÉLIRE ESSENTIEL · texte numérisé non relu

OPHTHALMOSCOPIE DANS LE DÉLIRE ESSENTIEL

sans délire; — lèvres fuligineuses, sèches, Tenfant boit souvent mais ne demande jamais; — toux grasse, respiration haute et fréquente, bonne résonnance du thorax, râles sibilants et ronflants des deux côtés de la poitrine; — la peau est chaude, partout le siège d'une hyperesthésie prononcée, on ne peut pas toucher l'enfant sans lui faire pousser des cris, c'est un phénomène commun à la fièvre typhoïde et à la méningite de l'enfance. Pouls 152.

Bouillon avec semoule; eau rougie.

27 mîii. — Môme état. — Même prescription.

31 mai. — Trois garderobes, ventre souple, un peu moins douloureux sans gargouillement, ni taches, l'assoupissement et le délire sont moindres, il y a toujours un peu de toux, peau chaude. Pouls 120.

(Le 28 mai, au moment du coma le plus prononcé, l'examen ophthalmoscopique, par M. Galezowski, n'a fait découvrir aucune modification de la papille ni de la rétine.)

Potages^ vm, bain, cataplasmes sur le ventre.

l^'juin. — Trois garderobes, moins d'assoupissement et moins de délire, il se fait un peu d'œdème au visage. Pouls 108.

2 juin. — Deux garderobes. 100 pulsations. Adynamie moins marquée.

3 juin. — Deux garderobes, moins d'agitalion. 100 pulsations.

4 juin. — Deux garderobes liquides. Ventre un peu

âOO DIAGNOSTIC P£S MALADIES DC STSTÉHK NEIVEUX.

lendu, non douloureux, fort gai^ouillement. L'enHuil est moins abattue. Elle a plus de somnolence. Toui grasse, peu fréquente, râles sibilants dans les deui poumons. Pouls 112.

5 juin. — La sensibilité est toujours assez vive aux membres inférieurs. L'amélioration contiuue. Pouls, 88.

11 juin. — Deux garderobes. Pouls 76.

Sorlie guérie le 25 juin.

- Èryùpèle du pbaryoi et de la tata.

Ophihalmoscopie,

Paul (Eugénie-Louise), âgée de treize ans, entrée à l'hôpital Sainle-Eugéaie le 26 avril 1862. Cette enfant, dont le père est atteint d'érysipèle, a en ce moment trois de ses frères ayant eu un mal à la gorge, suivi d'érysipèle du visage débutant par le nez.

Celle-ci est malade depuis le 21 avril. Comme son père et ses frères, elle a été prise d'angine et de douleur des ganglions sous-maxillaires, et après douze heures environ, le nez est devenu rouge, douloureux, gonflé, et delà l'érysipéle s'est étendu au reste de la face.

très-ï

OFHTUÀLMOSCOPIË DANS LE DÉLIRE ESSENTIEL. /(Ol

a disparu depuis bier^ ainsi que les difficultés de phonation.

Le visage est érysipélateux ; la joue droite, Toreille et le côté de la tête sont rouges, tuméfiés, douloureux; les paupières sont œdématiées ; — du côté gauche, la rougeur n'occupe que la joue et n'atteint pas Toreille; le menton n'est pas occupé, — le cuir chevelu est douloureux du côté droit jusqu'au sommet de la tète, mais point à gauche.

Langue rouge, sèche, lèvres fuligineuses, soif fréquente, pas de nausées ni de vomissements, pas de diarrhée; — pouls, 108.

Gargarisme d'eau d*orge et de miel rosat ; — 5 centigrammes d'émétique. — Lait.

V mai. — La face n'est presque plus gonflée, la malade peut ouvrir les yeux, ce qui permet Texamen ophthalmoscopique.— On trouve le fond de l'œil notablement congestionné, ofi'rant une innombrable quantité de veines plus apparentes que de coutume {hyperangie rélinienne)^ sans dilatation ni sufliision séreuse de la papille (voy. dans l'Atlas la fig. 20). L'érysipèle occupe la totalité du cuir chevelu, mais il n^a aucune tendance à gagner le tronc.

Ëtat adynamique des plus prononcés, langue sèche fuligineuse, un peu de subdelirium.

2 mai. — Une grande détente s'est produite, la malade a toute sa connaissance, elle ne ressent plus de douleurs à la pression du cuir chevelu, l'érysipèle à la

AOS* DIAONOSTIC DES MALADIES DU SYSTÈME NEEVEUX.

faœ n^OGCupe plus que le menton. 1^ langue se nettoie, la fièvre est tombée.

k mai. *^ L'amélioration continue, le menton reste rouge et gonflé, les paupières droites se sont de doqveau tuméfiées, la langue est naturelle, plus de fièvre; Tenfant mange un potage.

18 mai. — L'enfant sort complètement guérie. — Son père et deux de ses frères, atteints comme elle d'érysipèle à la face, sont guéris, mais un autre petit à garçon de deux ans, jusque-là indemne, a été atteint •on tour de la môme maladie et a succombé le 15 mai.

Oit. ÇCX. — Fièvre typhoïde avec violant délire. — GuériBOO, ei, dans la convalescence, idiotie momentanée. — Ophthalmoscopie.

Aurélie Lins, âgée de dix ans, entrée le 2 septembre 1863 au n* 50 de la salle Sainte-Catherine, est malade depuis huit jours par une fièvre typhoïde grave compliquée de délire.

Au fond deTœil, congestion des veines, qui sont extrêmement dilatées en même temps que la rétine est très rouge, mais la papille est nette et ses bords distincts ne sont nullement embrouillés par la congestion.

Le 27 septembre, Tenfunt est guérie, mais elle reste hébétée» ne sachant ni son nom, ni son adresse. Elle mange et digère bien. Un mois après, le S7 octobre. tUe avait recouvré son intelligence; -— à Tophlbalmo- •cope la congestion de la rétine a disparu, la papille est natte, mais ses vaisseaux sont étroits et à la partie

OPHTHALMOSCOPIË DANS LE DÉLIRE ESSENTIEL. i03

inférieure (image renversée), il y a une dilatjjition énorme de deux vaisseaux dont le sang ne rentre pas sur la papille, comme si une infiltration empêchait le retour,

néflexions. — Ici, pendant la maladie et le délire aigu il n'y avait aucune autre lésion qu'une forte bypérémie de la choroïde ei des veines de la rétine, mais sous I influence de cette hypérémie prolongée il s'est fait une légère altération du cerveau qui s'est traduite du côté de l'intelligence par de l'idiotie, et dans Tœil par une infiltration séreuse partielle de la papille du nerf optique.

Om. CCXL — Délire 9iga violent produit p'ir la belladone. — Dilatation des vaUaeaux de la rélioe sans œdème ni congestion de la papille.

Une enfant de quatre ans, couverte d'une éruption de rougeole au quatrième jour, prenait depuis la veille une potion renfermant par erreur vingt cinq centigrammes d extrait de belladone. -^ Son médecin avait écrit sans le savoir: Extrait de belladone 0/25, au lieu de: 0,05. — Un délire furieux éclata pendant la nuit avec des hallucinations étranges et une gaieté folle, dans laquelle Tenfant babillait sans cesse en repoussant sa mère qu'elle ne reconnaissait plus. — Le mé* decin, fort instruit d'ailleurs, mais qui ne connaissait pas le délire des solanées vireuaes, fut aussi effrayé

liOll DIAGNOSTIC DES MALADIES Dt SYSTÈME NERVEUX.

que la famille et vint me chercher à Thôpital des Enfants pour voir cette malade avec lui. — Ayant cru reconnaître un délire de belladone, je me fis adroitement présenter l'ordonnance qui avait été écrite par mon confrère, et ayant constaté le fait dont je viens de parler, nous nous retirâmes pour prescrire une potion opiacée qui devait contre-balancer Tefifet de la belladone. — Personne ne se douta de ce qui avait eu lieu, et nous pûmes rassurer la famille sur un accident qui n'a pas eu de suites fâcheuses.

Ophlhalmoscopie. — Je profltai de cette occasion pour examiner par l'intermédiaire de l'œil le cerveau d'un enfant en délire, sous l'influence d'une dose excessive de belladone. Je constatai que la papille était très-nette, sans nulle congestion et sans infiltration séreuse périphérique. — Le fond de l'œil n'était pas très-rouge et il n'y avait qu'une dilatation assez considérable des veines de la rétine. — Nulle part je ne trouvai de flexuosités, de varices ni de thrombose ou d'hémorrhagie.

On. CCXII. — ConvulsioDS dans une agonie après l'opératioa da croup. — OphUialrooscopia — Dilatation des veines sans infiltraiion séreuse,

Marie Ferréal, âgée de deux ans et demi, entra à Tbô. pital des Enfants malades, salle Sainte-Catherine, n* 8. le i»S septembre 1863, et fut opérée immédiatement.— Au bout de «X heures, bien qu'elle eût rejeté une lai^

Page 1