OPHTHALM. CHEZ LES CHIENS ET CHEZ LIS LAPINS. /Î
Réfleœions. -^ Dans ce cas, une véritable encéphalite fut la conséquence de Tinjection d'acide sulfurique sur le cerveau à travers une couronne de trépan. ^^L*œil, examiné avant et après reipérience, offrit des diffé* rences très- considérables. — Les veines devinrent très-apparentes ; elles étaient flexueuses, et il se développa un grand nombre de veinules qu'on distinguait à peine avant le début de Tencéphalite.
Obs. CCXXIX. — Fracture du crâne à droite chez on lapin. — Hydrophthalmie. — Hémorrhagie méningée. — Défonnation de la papille à droite. — Flexoosité des vaisseaux à gauche.
Un jeune kpin reçut un coup de marteau qui lui fll une fracture dans la vo4te du crâne, à droite, avec lé«gère bémorrhagie méningée s'étendant à la base du cerveau, des deux côtés de l'encéphale. — Rien dans l'encéphale.
Il y eut, au moment du coup, une résolution complète des deux côtés avec renversement tétanique de la tète en arrière, -*r quelques conlractui*es, une demi-insensibilité à gauche, et de temps à autre des convulsions avec des sauts de carpe.
L^ deux yeux conservaient le même volume; cepen^ dant, au bout de dix-huit heures, l'œil droit devint un peu plus dur et un peu plus saillant. Il y avait de rhydrophthalmie. Â l'ophthalmoscope, dans le môme œil, parut une déformation de la pupille qui^ sur le bord inférieur (image renversée), offrit une dépression
semblable au bile d'un haricot, mais il n y eut rien d'appréciable dans les vaisseaux. — A gauche, pas de déformation de la papille, mais flexuosité des veines d'un côté de la papille, sans dilatation ni congestion très-prononcée.
L'animal mourut au bout de vingt heures, dans un accès de convulsions.
Obs. GGXXX. — Commotion du cerveau chez un lapin. Opbtbalmoscopie. — Rien au fond de V<mi.
Le 26 octobre 1862, après avoir constaté l'état du fond de Tœil, je donnai quelques coups de marteau sur le côté droit de la tête d*un lapin adulte, qui produisirent une hémorrhagie sous-cutanée abondante, sans fracture du crâne. L'animal cria fort et fut un instant paralysé de la sensibilité du côté gauche, puis, il y eut paralysie de la sensibilité des quatre membres avec conservation du sentiment sur le dos et sur la tète. Un instant étourdi, il reprit peu à peu sa connaissance et put marcher quoique difficilement.
L'état des yeux ne changea pas sensiblement, et les vaisseaux de la papille, un peu plus apparents peut-être, restèrent k peu près dans le même état qu'avant l'expérience. — Un instant je pus croire à une double bydrophthalmie, mais le phénomène fut trop peu sensible pour être indiqué et il n'y eut pas de glaucome.
OPHTUALM. CHBZ LES CUIKNS Et CHEZ LES LAPINS. 669 Obs. CCX5CXL — Blessure da cerveau sur un lapin.
Le 7 octobre 1865, un lapin eut Thémisphère droit du cerveau laboure dans la partie postérieure par un poinçon, ce qui lui donna de Topisthotonos et un mouvement de rotation à gauche sur son axe.
Un quart d'heure après, les vaisseaux de la papill étaient considérablement gonflés, flexueux.
L'expérience ne put être suivie plus loin, car au bout d'une heure Tanimal succombait.
Obs. CCXXXU. — Fracture du crâne. — Hémorrfaagie méningée.-^ Dilatation et flezuosité des veines rétiniennes.— Hydropbthalmie. — Glaucome. '
Le 12 octobre 1852, un gros lapin dont la papille ovale était comme d'habitude (à l'image renversée) à ses deux extrémités antérieure et postérieure terminée par deux vaisseaux peu colorés, reçut sur le côté droit du crâne des coups de marteau qui firent un léger enfoncement du crâne sans déchirure du cerveau, avec hémorrhagie méningée descendant jusqu'au devant de la protubérance et s'étendant un peu dansle côté gauche. Cette blessure mit l'animal sans connaissance, le rendit insensible et le jeta dans une résolution complète.
A l'instant même, dans l'œil droit, les vaisseaux doublent de volume, se remplissent de sang noir très-foncé en couleur et acquièrent des flexuosités immédiates.
670 DIAGlfOSTlG DBS MALADIES DU SYSTAmB fmVBDl.
L'œil se gonfle, est tendu sous le doi^ et offre de rhydrophthalmie.
Dans l'œil gauche il n'y a ni dilatation, ni flexuosité des vaisseaux de la papille, et Ton constate un peu d'exophtbalmie beaucoup moins forte qu'à droite.
Bientôt les pupilles se contractent considérablement et la choroïde se décolore par degré, en même temps que les vaisseaux se rapetissent.
Au bout de dix minutes, l'animal rend involontairement ses urines, les battements du cœur cessent et Pœil amolli se recouvre d*une toile glaireuse. La mort vient d'avoir lieu.
L'œil droit, pesé sept heures après, offre 7 milligrammes de plus que l'œil gauche, ou 2*^,60 contre 2«%53.
On constate une teinte gtaueamateuie très-prononcée là où il n'y a pas de tapis, et l'on ne voit plus de vaisseaux sur la rétine.
Réfleanom. — Ce qu'il y a de curieux dans cette expérience» qui d'ailleurs confirme ce qu'on sait sur le rapport des lésions de l'encéphale avec les altérations du fond de l'œil, c'est la production du glaucome et de Vhydrophthalmie. Ici, j'ai noté la différence du poids des yeuXt afin de savoir si la tension de l'œil, appr^ ciée pendant la vie avec les doigts, ^tait bien réelle. En effet, on trouvera 7 milligrammes en poids de différence avec le poids de l'œil opposé. Comme ce fait
OPHTUAUf. CHEZ LES CHlKNIi ET CHBZ LES LAPINS, kll
est habituel dans Thydrophlbalinie, il y a dans cette expérience la preuve que l'augmentation de volume de Tœil chez les sujets atteints d'une maladie aiguë du cerveau est le résultat a* une bydropisie des bumeurs de Toeil par cause mécanique, plutôt que d'une simple exopbtbalmie.
Obs. CCXXXIII. -^ Encéphalite traumatique.— Congestion péripapillaire. — Dilatation des vaisseaux. — Ophthalmoscopie.
Un lapin reçut à diverses reprises plusieurs coups de poinçon dans Tbémisphère droit du cerveau, sans être paralysé et sans cesser de manger. H avait Tair bébété,marcbait peu et conservait toute sa sensibilité.
A droite, dès le deuxième jour, la papille était brouillée, les bords assez injectés roses et le centre peu saillant, sans glaucome, couvert d'un vaisseau fin qui n'existait pas avant l'opération* Les vaisseaux qui s'échappent latéralement de chaque extrémité de la papille sont un peu plus dilatés, et, du côté de l'occiput, très-dilatés.
 gauche, l'état de l'œil est à peu près le même.
Cette disposition durait depuis huit jours, et je réitérai l'opération dans l'hémisphère droit, ce qui rendit l'animal tout à fait hébété, mais sans paralysie. Les yeux restèrent dans le même état, sans tension ni glaucome, avec l'injection périphérique de la papille. Au bout de huit heures le lapin se mit à sauter le long dês murs, «t il succomba peu après.
&7â DIAGNOSTIC DES MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX.
Tout rbéinispbère droit était ramolli, rougeâtre au centre, et sur le sommet il y avait une faible adbérence entre Taracbnoïde viscérale et celle de la dure-mère. Dans la fosse temporale se trouvait une faible bémorrbagie méningée aracbnoïdienne.
Réflexions. — Chez le lapin, les lésions de Tœil produites par les blessures du cerveau sont beaucoup moins prononcées que cbez le cbien. — Cependant on a pu voir ici se produire une dilatation assez forte des vaisseaux avec congestion très-prononcée autour de la papille.
Om. CCXXXIV. — SectioD du grand sympathique au cou sur Irois lapins. — Eiamen ophtbalmoscopique.
Le 11 juin 186/i, Cl. Bernard eut Tobligeance de faire sur trois lapins la section du grand sympatbique à la partie inférieure du cou, et peu après se produisirent les phénomènes de calorification dans le côté correspondant de la tête, ainsi que les phénomènes oculo-pupillaires.
J'examinai les yeux à Tophlbalmoscope pendant plusieurs jours, et je pus constater que les vaisseaux de la papille du côté opéré étaient un peu plus gros que ceux du côté opposé. Il n'y eut ni exopbtbalmie, ni autres phénomènes pathologiques au fond de Pœil.
Réflexions. ^ Voulant savoir si les phénomènes
OPHTHÀLIf. CHEZ LES CHIENS ET CHEZ LES LAPINS. /i7â
oculo-pupillaires décrits par Cl. Bernard à la suite de la section du grand sympathique au cou se montraient à l'intérieur de Tœil, je priai cet illustre physiologiste de vouloir bien m'aider dans cette recherche. Il fit Topération, et j*en suivis jour par jour les résultats au moyen de Tophthalmoscope. — Dans le fond de l'œil comme dans Toreille et dans le côté correspondant de la face,
il y avait une vascularité plus grande. Cela explique comment, chez l'homme atteint de myélite chronique ou d'ataxie locomotrice, la lésion de la moelle en rapport avec le grand sympathique au cou produit d'abord dans les yeux une hypérémie qui, avec le temps, amène l'atrophie de la papille et Tamaurose.
Om. CCXXXV. — Section de la cinquième paire.
OphUialmoacopie.
Le 15 juin 186&, Cl. Bernard fit à ma prière, sur un lapin dont je devais examiner l'œil, la section de la cinquième paire gauche dans le crâne. L'animal eut aussitôt la cornée insensible, ne pouvait cligner, et tout le côté correspondant de la face fut paralysé.
Deux heures après, je constatais une faible congestion des veines de la rétine à gauche, mais la cornée était comme une vitre mouillée laissant mal voir ce qui est en arrière.
Quatre heures après, la cornée était un peu plus trouble et Ton vovait mal le fond de l'œil. J'v mis de
ii7A DUGNOSTIG DBS MALADIES DU STSTÂIIE NEEVKUX.
la glycérine pour maintenir de rhumidité et empêcher l'opacité de se produire.
Le lendemain y la cornée était claire bien que Tœil fût insensible et ne pût cligner. 11 y avait dans les veines de la rétine une congestion beaucoup plus marquée que dans Tœil droit.
Le jour suivant» la cornée était à moitié blanche, opaque et Ton ne voyait presque plus la pupille. Au bout de dix jours, je sacrifiai l'animal, et en examinant las rétines au microscope, je ne trouvai pas de différence dans la forme, le nombre et le volume des vaisseaux du fond de ToBih
Réfleanons. — Il était important de savoir si la perte de la vision, constamment produite par la section de la cinquième paire, résultait seulement d*une lésion de la superficie du globe oculaire, ou si, au contraire, elle était occasionnée par une altération de s^ parties profondes, si elle dépendait d'une maladie de Toeil ou d'une altération du cerveau ou du nerf optique. L'ophthalmoscope seul pouvait permettre d'arriver à ce résultat. J'eus donc recours à cet instrument, et, conime on a pu le voir, sa réponse a été que dans la section de la cinquième paire la perte de l'œil est plutôt la conséquence de la sécheresse de la cornée résultant du défaut de clignement, que d'une lésion du nerf optique ou de la rétine.