PREMIÈRE PARTIE
Et n'y avez trouvé descorde. (Mist. du S. d'Orl., p. 244.; Tous les sains et la lêtanie
Huy maugrez en puissent avoir. (Eust. Desch. p. 179.) Letany prayer, Jetanies. (Palsgr. p. 238.) Voila Tavau-propos qui me sovera devant vous du redicule. (Lett. du P. Rapin.)
C'est ainsi qu'en français
medicin est devenu médecin
et primier premier
et nigromantien nécromantien
et moriginer , morigéner
et chyminée cheminée
et irésie hérésie, etc.
Ex. : Les mêdicins disent, quand on esterne, c'est bon signe, mais malvaise cause. (Palsgr, p. 644.)
Por ce dame vos loe a escuser Que cil ne soient atains de Yirèsie.
(Quesnes de Béthune dans Ch. hist. p. 38.)
Remarque I. — Dans les terminaisons en ine, igné, Xi sonne toujours ci. Ex. : j'examine, poitrine, vigne, etc. pron. ; \feugzameine, poîreine, veigne.
En ceste croix est le seigne
De la chambre aus deniers la Roinne. (J. Piouyer, p. 31 .)
Cette coupe est toute pleine ;
J'en vay laver mes poulinons ;
C'est le chaud et la saleine ,
Ce n'est pas nous qui buvons. (Oliv. Bass. p. 94. j
Prendray-je ceste médecine!
Ouy, ouy, ne prenons point la peine, etc.
(Jean le Houx, p. 157.) Et si tu n'as du fonds, pour le moins que par mines Et non par bien aymer, ta maistresse lu meines.
(Est. Pasq., les Jeux Poétiq. Liberté.)
Voir aussi le sonnet de Nie. Ellain, commençant par : Or, viens un peu, je te prie, Lucine, et l'Euvangile des femmes, verset 2.
Cf. avec le vieux latin , conservé sans doute dans le langage populaire : preimus, poplei, et avec les noms primitivement en en, cinis, plus tard en, inis, comme crânien, fulnien, etc.
Remarque II. — Dans les terminaisons en iture, Ye qui remplace Yi, ou sonne légèrement, ou même est complètement muet ; Ex. : Confiture, nourriture, friture, etc., prononcez: conféteure, (ou counfèteure) , norreteure, (ou no urr é t eurej, fréteur e, ou avec la suppression complète du son e : counfteure, norr'teure, feurteure (pour ferteure , lequel est pour freteure, avec transposition de IV J
Gaainz, labors et norreture. (Chr. des d. de Norm. v. 26692.) Ja mes n'y aura advantage , Tant ait esté de hault parage , Qui ne devienne pourreture.
(Rom. d'Alexandre, cité par Fauchet, p. 45, Orig. des Dign.) Que (car) tu venras en pourreture ; Pense c'as (qu'aux) vers es norreture.
(Le Despisement du Corps. Roquef. à Lai.)
Règle II. Vi est remplacé par u dans les participes des verbes bouillir, sentir, repentir, faillir (dans le sens de manquer de,) et quelquefois cueillir, suivre, et leurs composés. Cette prononciation n'est autre chose qu'un débris des anciennes formes que ces verbes ont revêtues au moyen-âge. Ainsi pour suivre, je rencontre les infinitifs suijvre, suyvir, d'où les participes suivi et suivu. (l)
(1) Suyvir.
La fureur que suivir déjà je commenoois. (Nie. Ellain, p. 46.) Les vierges de sa cour la suyvir ont de près.
(Ph. Desp. Ps. XLIV.) Si on avait seu'ment pu lée suivir.
(Pothier, garçon du bassin de natation à Sainte-Colombe, près La Flèche, 27 juillet 1868.)