‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 204 sur 247 · Ps. XLi, 6 ; XLii · texte numérisé non relu

Ps. XLi, 6 ; XLii

frir : c'est d'être parfois dans l'impossibilité de célébrer les saints Mystères, et de se voir privé du Pain céleste qui rejouit le cœur de l'homme. » Durant les longues indrmilés qui accablèrent la vieillesse de M. Olier, comme on voyait qu'il aggravait ses souffrances par les efforts qu'il faisait pour monter à l'autel, on essaya de lui persuader qu'il avait tort de s'imposer une si grande fatigue. Rien ne put l'ébranler. « Otez-moi tout, dit-il à ceux qui le gardaient, mais, je vous en supplie, laissezmoi cette consolation ! » On sait que M. de Bérulle voulut offrir le saint Sacrifice jusqu'à son dernier jour. Il mourut à l'autel, comme saint André Avellin, au moment où il allait prononcer les paroles de la consécration. Un de ses disciples qu^on voulait empêcher d'y monter dans sa dernière maladie, en lui représentant qu'il s'exposait à y mourir de même, répondit : « Je serais trop heureux que Dieu me fît la même grâce qu'à mon vénéré Père ^. »

Durant les persécutions, c'est à l'autel, dans la célé-

1. Oa sait que- saint Jean de la Croix fut longtemps en butte à l'hostilité d'une partie de son Ordre, parce qu'il avait entrepris, avec sainte Thérèse, d'y introduire la réforme. Les Carmes de l'Observance mitigée de Tolode étant parvenus à se saisir de sa personne le reléguèrent dans une étroite prison. Un jour, le prieur du couvent s'étant fait ouvrir la porte de son cachot, se présenta au saint et lui demanda à quoi il pensait dans sa solitude. « Je pensais, reprit celui-ci, que c'est demain l'Assomption de Notre-Dame et que je serais bien heureux s'il m'était permis de dire la Messe en son honneur. — Jamais, répartit le Prieur. N'y pensez pas tant que je serai en charge, w Peu après la Mère de Dieu apparut à son serviteur et lui dit : « Prends patience, mon fils, tes souffrances finiront bientôt. Tu sortiras d'ici et tu auras la consolation d'offrir le saint sacrifice. » Quelques jours après la prédiction s'accomplit, saint Jean de la Croix sortit de son cachot d'une manière non moins merveilleuse que saint Pierre de la prison d'Hérode. ( Vie par le P. Jérôme de S. Joseph, m, 2.)

bration des saints Mystères, que les prêtres fidèles ont toujours cherché leur consolation et leur force. L'un d'entre eux, poursuivi pendant la Révolution française avec d'autant plus d'acharnement qu'on lui savait plus de zèle, se vit forcé de sortir de son diocèse et de fuir à l'étranger. Il parvint à passer la frontière, mais dans le dénùment des premiers apôtres, iiihil ferens in via, neque virgam, neque panem, tieqiie pecuniam ^ . Ses paroissiens disaient qu'il n'avait rien emporté dans son exil que les trois vertus théologales. Trop humble pour se rendre à lui-même un pareil témoignage, il se félicitait seulement d'avoir avec lui Notre-Seigneur et le pouvoir de l'offrir à l'autel. Christum a me tollere nenio potest, répétait-il avec bonheur, après un ancien solitaire. Les prêtres généreux qu'on avait pu saisir et qu'on tenait dans les cachots n'avaient pas cette consolation ; et ils souffraient plus de cette privation que de tous les outrages et de tous les tourments. Lorsqu'on put, après la Terreur, faire parvenir aux déportes de Saintes et de Rochefort les vases sacrés et les ornements nécessaires au Sacrifice, ils parurent oublier leurs souffrances et renaître à la vie ".

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